Livres - Thomas Sankara Website - Officiel https://www.thomassankara.net/category/francais/analyses/livres/ La patrie ou la mort, Nous vaincrons! Tue, 05 Aug 2025 09:16:38 +0000 fr-FR hourly 1 145130549 Merneptah Noufou Zougmoré présente “L’insurrection inachevée, Burkina 2014” https://www.thomassankara.net/merneptah-noufou-zougmore-presente-linsurrection-inachevee-burkina-2014/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=merneptah-noufou-zougmore-presente-linsurrection-inachevee-burkina-2014 https://www.thomassankara.net/merneptah-noufou-zougmore-presente-linsurrection-inachevee-burkina-2014/#respond Fri, 07 Jul 2023 18:21:44 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=247913 Bruno Jaffré revient sur le grand vent politique qui a traversé le pays. Bruno Jaffré n’est pas un inconnu des lecteurs d’essais Burkinabè. Il est également très introduit dans les cercles qui se réclament de l’idéal du président Thomas Sankara. A son compteur, il y a 4 ouvrages : Burkina Faso les années Sankara de […]

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Bruno Jaffré revient sur le grand vent politique qui a traversé le pays.
Bruno Jaffré n’est pas un inconnu des lecteurs d’essais Burkinabè. Il est également très introduit dans les cercles qui se réclament de l’idéal du président Thomas Sankara. A son compteur, il y a 4 ouvrages : Burkina Faso les années Sankara de la Révolution à la rectification ; Biographie de Thomas Sankara, biographie revue et augmentée ; La Liberté contre le Destin qui est un recueil des discours du leader de la Révolution Burkinabè et le dernier en date : L’insurrection inachevée : Burkina Faso 2014.
Ce grand connaisseur du paysage politique Burkinabè est un Français. Il a découvert le pays pendant la période révolutionnaire à travers des amis qui appartenaient au Parti Africain de l’Indépendance (PAI) et sa vitrine qui était la Ligue patriotique pour le développement (LIPAD), et par le truchement du sociologue André Nyamba, aujourd’hui décédé.
Dans son dernière œuvre, il revient amplement sur le tumulte qui a occasionné la fuite du président Blaise Compaoré. C’est un livre de 312 pages, à la couverture, il y a l’image des insurgés d’Octobre 2014 dans un cercle aux couleurs du drapeau du Burkina Faso. Le lecteur qui n’a pas des informations fournies sur l’histoire politique des indépendances au coup d’État du général Gilbert Diendéré est édifié par ce livré intitulé : L’Insurrection inachevée : Burkina Faso 2014.
Plusieurs pages sont également consacrées à la Révolution. Il n’omet pas de parler des organisations qui ont été hostiles à la Révolution démocratique et populaire (RDP). Ces organisations qui agissent toujours sur le terrain sont le relai d’un parti clandestin dénommé Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque (PCRV).
Toujours dans le déroulé des événements politique avant le second soulèvement populaire au Burkina Faso, l’auteur éclaire sur la lutte du Collectif contre l’impunité occasionné par l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et les bouleversements qui s’en sont suivi. Les débuts des grandes manifestations du Chef de file de l’opposition et les différentes tractations provoquée par les rencontres entre l’opposition et la majorité sont passées en revue. La particularité de ce document ce sont aussi les portraits des personnages qui, d’une manière ou d’une autre, ont joué un rôle prépondérant dans les événements de l’insurrection et du putsch du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) commandité par son patron Gilbert Diendéré.
Bruno Jaffré reproduit le communiqué qui indiquait que Blaise Compaoré à jeter l’éponge avant des prendre ses jambes à son cou : « Au regard de la situation sociopolitique fortement dégradée, et caractérisée par la persistance des troubles à l’ordre public, de pillages des biens publics et privés, de menace de divisions de notre armée nationale et dans le souci de préserver les acquis démocratiques ainsi que la paix sociale dans notre pays, j’ai décidé de mettre en œuvre l’article 43 de la Constitution. Je déclare la vacances du pouvoir en vue de permettre la mise en place immédiate d’une transition devant aboutir à des élections libres et transparentes dans un délai maximal de quatre- vingt -dix jours ». Après ce communiqué apportée à la connaissance de l’opinion dans les médias, un autre message s’est signalé de l’ex-chef d’État –Major général des Armées Honoré Naberé Traoré : « Les forces armées nationales, prenant acte de la démission du président du Faso, chef de l’État, en date du 31 octobre 2014, conformément aux dispositions constitutionnelles, constatant la vacance de pouvoir ainsi créé, considérant l’urgence de sauvegarde de la vie de la nation et à la suite du communiqué délivré le 30 octobre 2014, décide que j’assumerai pour compter de ce jour les responsabilité de chef de l’État. »
Les deux messages sont mis parallèle pour mieux situer l’opinion sur l’imbroglio dans lequel le pays était engouffré. Après ces deux communiqués les choses vont s’enchainer et l’auteur du livre revient sur les actions menées par les différents acteurs jusqu’à l’apparition d’un nouveau larron qui était connu de peu des gens, le lieutenant -colonel Yacouba Isaac Zida.
Par un jeu trouble, il parvient à se hisser à la tête de l’État à la vue et au su de celui à qui devait échoir le pouvoir, à savoir l’ex-chef-d’Etat-Major général des Armées Burkinabè Honoré Traoré.
La Résistance organisée contre le putsch du RSP, les tentatives de médiation des différentes parties et la violence qui en a découlé sont décryptées dans l’ouvrage. Beaucoup d’autres détails sont à découvrir dans le livre qui est d’une lecture facile. Les images pour ceux qui ont participé à l’insurrection et aux barricades du putsch de septembre 2015 rappellent aux bons souvenirs ceux qui ont pris part aux deux luttes et pour celui ou ceux qui le découvre, ces images achèvent de persuader de la détermination des Burkinabè à ces deux étapes de la vie du pays. Cet ouvrage renferme les informations et analyses les plus croustillantes sur les faits politiques contemporaines au pays des hommes intègres.
Merneptah Noufou Zougmoré
Publié le 23 juin 2023 sur la page facebook de l’auteur de l’article

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Secret défense, le livre noir, un livre de Pascal Jouary https://www.thomassankara.net/secret-defense-livre-noir-livre-de-pascal-jouary/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=secret-defense-livre-noir-livre-de-pascal-jouary https://www.thomassankara.net/secret-defense-livre-noir-livre-de-pascal-jouary/#respond Thu, 16 Mar 2023 12:29:57 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=247174 Edition : Max Milo, Paris, novembre 2021, 292 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2315010020 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2315010028 Nos commentaires Si vous êtes un fidèle usager de ce présent site, vous n’êtes pas sans savoir que nous abritons la campagne Justice pour Sankara justice pour l’Afrique et que nous publions ses communiqués et rendons […]

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Edition : Max Milo, Paris, novembre 2021, 292 pages

ISBN-10 ‏ : ‎ 2315010020

ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2315010028


Nos commentaires

Si vous êtes un fidèle usager de ce présent site, vous n’êtes pas sans savoir que nous abritons la campagne Justice pour Sankara justice pour l’Afrique et que nous publions ses communiqués et rendons compte de ses activités. Nous avons hébergé plusieurs pétitions de cette campagne et en proposons encore une à la signature. Et il  ne vous aura pas échappé que le juge burkinabé François Yaméogo en charge de l’enquête a demandé à la France, la levée du secret défense, que le président Macron a promis de le faire, mais il apparait de plus en plus qu’il n’a pas tenu sa promesse.

Pour le citoyen ordinaire, le secret défense est justifié par la raison d’État. Pas question de livrer des secrets militaires ou autres, le nucléaire en fait partie, qui pourrait mettre en danger notre sécurité, celle de l’État et la notre, si tant est qu’elles seraient forcément liées.

Ce livre présente le fonctionnement du secret défense et une quarantaine d’affaires, certaines sont bien connues et font régulièrement la une des journaux à chaque nouveau rebondissement, dont beaucoup de celles réunies dans le collectif secret défense dont nous parlons un peu plus loin. Malheureusement cette médiatisation ne semble pas suffire. L’État faisant, la plupart du temps, la sourde oreille. Si la presse s’y intéresse régulièrement, notamment les affaires les plus médiatisées, son pouvoir reste insuffisant parfois pour faire bouger les choses.

L’ouvrage contient de très nombreuses interviews, de membres d’associations, de spécialistes, journalistes qui ont enquêté sur certaines affaires, les faisant sortir de l’oubli. Mais il a aussi le mérite de donner la parole à de nombreuses victimes qui expliquent le calvaire qu’elles subissent, introduisant un peu d’humanité, rappelant sans cesse que la supposée raison d’État va de paire avec un profond mépris pour les victimes et leurs souffrances avec l’impossibilité pour elles de faire le deuil.

Si ce livre n’existait pas il faudrait l’écrire. Il dévoile ce qui constitue un scandale le sous-titre étant, une enquête sur les 40 affaires entravées par la raison d’État. On découvre en réalité que le secret défense est utilisé pour empêcher que n’émerge la vérité sur de nombreuses affaires ; accidents d’avion, des assassinats politiques, massacres, génocide, explosions, affaires commerciales, etc… sur lesquelles on cache la vérité essentiellement pour des raisons politiques. Comme le dit l’auteur dans son introduction « il faudrait être aveugle pour ne pas constater l’accumulation d’affaires malsaines où le secret défense paraît proche d’un écran de fumée malsain que d’un rempart vital à notre pays ! » . C’est ce que l’ouvrage s’emploie à démontrer.

Le secret défense n’avait guère attiré notre attention, reconnaissons le, jusqu’à ce que le juge Burkinabè François Yaméogo en charge de l’instruction sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, demande officiellement la levée du secret défense sur ce qui concerne cette affaire en même qu’il lance une commission rogatoire.

On peut même dire que cette affaire est à l’origine de la création du collectif secret défense, un enjeu démocratique dont les objectifs sont de rassembler les victimes en but au secret défense, alerter l’opinion sur ses dérives et Réformer le secret défense en le soumettant au contrôle d’une juridiction indépendante. En effet c’est à la suite de la demande du juge burkinabè que j’ai pris l’initiative d’organiser lors de la semaine anticoloniale de 2017 une réunion publique (vous tomberez sur le film cette conférence en cliquant sur ce lien), sur ce thème, après avoir pris entre temps contact avec plusieurs victimes ou personnes défendant les intérêts des victimes. J’y intervenais alors moi-même ce jour-là l’affaires Sankara et ses compagnons.

Je découvrais scandalisé ces 7 premières affaires, mais aussi des victimes ou représentants de victimes qui sans relâche luttaient pour la vérité depuis parfois plus de 2, 3 ou 4 décennies sur les affaires suivantes : l’assassinat du juge Borel à Djibouti en octobre 1995, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie en mai et juin 1945,  le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en novembre 1944, le génocides des Tutsis au Rwanda en 1994, l’assassinat des journalistes de RFI au Mali , Ghislaine Dupont et Claude Verlon en novembre 2013,  l’assassinat du marocain,  Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965 brillant dirigeant du tiers monde à Paris, l’assassinat par la torture du mathématicien communiste Maurice Audin en Algérie en juin 1957.

Pour beaucoup nous faisions connaissance les uns et les autres, heureux de s’être rencontrés. Et nous avons alors décidé de créer un collectif dont le nombre d’affaires est passé de 8, alors, à 17 aujourd’hui, la liste publiée sur le site du collectif n’ayant pas encore intégré l’assassinat de Dulcie September, la représentante de l’ANC à Paris, assassinée le 29 mars 1988 et l’assassinat de 3 militantes kurdes à Paris, Fidan Doğan, Sakine Cansız et Leyla Söylemez  le 10 janvier 2013.

Pascal Jouary a plusieurs fois participé aux réunions du collectif, rencontrant donc ses membres. Il en a interviewé plusieurs. Puis il s’est lancé dans une longue enquête, rencontré de nombreux élus, ce qui lui a permis de faire émerger d’autres affaires cachées dans les tiroirs de notre république.

Son enquête terminée, il a eu toutes les peines du monde à trouver un éditeur. Conscient de l’importance de ce sujet, il a contacté de nombreuses maisons d’édition importantes pour être publié. Elles lui apparaissaient souvent presque enthousiastes puis finissaient les unes après les autres par se désister pour différentes raisons.

Lorsqu’il a eu une écoute attentive, chez Max Milo, il était tellement soulagé qu’il ne s’est pas vraiment méfié, trop content d’avoir enfin un éditeur. Mal lui en a pris. Cet éditeur lui a collé un autre auteur qui a beaucoup réécrit le texte pour le rendre un peu plus sensationnel, ajoutant parfois des figures de style plutôt assez lourdes. Cela a donné des choses étonnantes comme le fait que l’affaire Audin, du nom du mathématicien communiste français mort sous la torture en Algérie, sous le chapitre intitulé “Anatomie de secrets tahitiens” !

Surtout, et c’est semble-t-il le seul chapitre où cela s’est produit, l’éditeur a cru bon de rajouter des notes renvoyant à des ouvrages négationnistes d’auteurs maison, dans le chapitre sur le génocide du Rwanda. Ce qui a entraîné une réaction publique de l’association SURVIE; Pascal Jouary n’a pas compris la manœuvre ou ne l’a pas vu ou ne l’a pas jugé suffisamment grave pour entrer en conflit avec son éditeur, tellement soulagé d’en avoir finalement trouvé.

Depuis les rapports avec l’éditeur sont exécrables, à telle point que Pascal Jouary a du solliciter une intervention d’une société des auteurs.

Ce livre a le mérite d’exister sur des scandales qui n’ont que trop durer, malgré quelques défauts. Il a pu bénéficier tout de même d’une bonne couverture à sa sortie et a permis de médiatiser le scandale du secret défense. Il constitue pour l’instant le seul livre de référence sur le sujet.

Nous publions ci-dessous le sommaire complet de l’ouvrage. On y trouvera un chapitre consacré à l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Un procès a eu lieu au Burkina qui a duré plusieurs moi. Blaise Compaoré a été condamné à perpétuité ainsi que quelques acteurs de cet assassinat. Le juge avait longtemps retardé l’ouverture du procès en attente des documents secrets défense. Un troisième lot de documents est arrivé après la clôture du dossier en vue d’organiser le procès. Mais le juge François Yaméogo avait pris soin d’opérer une disjonction entre le volet national de l’affaire et le volet international. Il semble bien selon mes informations que les documents secret défense n’ont pas été fournis comme c’est d’ailleurs le cas dans la plupart des affaires où son ouverture est sollicitée. En effet, on ne trouve aucun document issu du cabinet de Jacques Chirac qui était premier ministres, aucun document issu du cabinet de François Mitterrand qui en était le président et aucun document de la DGSE, la direction générale de la sécurité extérieure.

Bruno Jaffré


Sommaire de l’ouvrage

Introduction  7

Anatomie d’un secret : comment naissent les « affaires »                                       11

Entretien avec Benoît van Reeth                                                                            18

Anatomie d’un secret politique : l’affaire Robert Boulin                                             21

Entretien avec Fabienne Boulin Burgeat                                                                  23

Anatomie de secrets algériens : l’affaire Jean-Claude Saint-Aubin                             27

Entretien avec Bachir Ben Barka                                                                              28

Anatomie de secrets indépendantistes : l’affaire Henri Curiel                                     31

Entretien avec Sylvie Braibant                                                                                32

Anatomie de secrets tahitiens : les affaires Jean-Pascal Couraud et Maurice Audin     35

Anatomie de secrets ferroviaires : le cas des « rapports confidentiels »                     39

Anatomie de secrets maritimes : de La Jonque au Bugaled Breizh                             43

Anatomie de secrets aériens : l’affaire du vol Ajaccio-Nice                                         49

Entretien avec Max Clanet                                                                                       50

Anatomie de secrets explosifs : l’affaire de la Maison des têtes                                  59

Entretien avec Jeanne Cilia                                                                                      61

Anatomie de secrets antiterroristes : les attentats du 13 novembre 2015                 65

Entretien avec maître Olivier Morice                                                                          66

Anatomie de secrets de gendarmerie : l’affaire de l’Hypercacher                                 73

Anatomie de secrets policiers : l’assassinat du Père Jacques Hamel                            79

Anatomie de secrets perpétuels : l’affaire Mohamed Merah                                        83

Entretien avec Alain Juillet                                                                                        88

Anatomie de secrets mensongers : l’affaire de Tarnac                                                99

Entretien avec Rony Brauman                                                                                   102

Anatomie de secrets djihadistes : l’affaire Lafarge Cement Syria .                              109

Entretien avec Pierre-Yves Schneider                                                                       112

Anatomie de secrets militaires : l’affaire Gilles Polin                                                    117

Entretien avec maître Jean Boudot                                                                            119

Anatomie de secrets génocidaires : le massacre des Tutsis                                         123

Entretien avec l’association Survie                                                                            124

Anatomie de secrets judiciaires : l’affaire Bernard Borrel                                            129

Anatomie de secrets burkinabè : l’affaire Thomas Sankara                                         133

Entretien avec Bruno Jaffré                                                                                      137

Anatomie de secrets fictifs : l’affaire de Broglie                                                          141

Entretien avec Emmanuel Rousseau                                                                          144

Anatomie de secrets financiers : l’affaire Alain Duménil                                                151

Entretien avec Félix Tréguer                                                                                     154

Anatomie de secrets ministériels : l’affaire Bouygues                                                  161

Anatomie de secrets publics : l’affaire de Pierre-sur-Haute                                          165

Entretien avec Jacques Nain                                                                                      169

Anatomie de secrets technologiques : l’affaire Qosmos                                              173

Entretien avec Marie-Christine Dalloz                                                                        180

Anatomie de secrets de couple : l’affaire des essais nucléaires français                      183

Entretien avec Jean-Marie Collin                                                                               187

Anatomie de secrets industriels : le cas Stéphane Lhomme                                       199

Entretien avec André Larceneux                                                                                202

Anatomie de secrets d’armement : l’affaire Luchaire                                                   207

Entretien avec Olivier Becht                                                                                      209

Anatomie de secrets commerciaux : le cas Disclose et l’affaire des frégates de Taïwan  213

Entretien avec Éric Alauzet                                                                                          216

Anatomie de secrets politiques : l’attentat de Karachi et l’Angolagate                            221

Entretien avec Thibault Bazin                                                                                      225

Anatomie de secrets internes : les affaires Rigault, Wanké, Nut et Fiévet                       229

Entretien avec Philippe Michel-Kleisbauer                                                                    236

Anatomie de secrets variés : les affaires H1N1, AZF, PKK à Paris et Bouaké                  247

Entretien avec François Chauvancy                                                                             256

Conclusion                                                                                                                 275

Principaux sigles mentionnés                                                                                       277

Index des principales personnes évoquées                                                                   279

Liste des principaux ouvrages cités                                                                              289

 

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Thomas Sankara, la chevauchée inachevée d’un “fou”, le livre monument de Sita Tarbagdo https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-chevauchee-inachevee-dun-fou-livre-monument-de-sita-tarbagdo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-sankara-chevauchee-inachevee-dun-fou-livre-monument-de-sita-tarbagdo https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-chevauchee-inachevee-dun-fou-livre-monument-de-sita-tarbagdo/#respond Mon, 02 Jan 2023 15:52:41 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=247176 Édition : Les presses Africaines, Ouagadougou, octobre 2021, 808 pages ISBN : 978-2-38174-116-1 Nos commentaires Voilà comment l’auteur, Sita Tarbagdo, présente Thomas Sankara dans le texte ouvrant l’ouvrage, l’apostolat de l’auteur, selon lui, que vous trouverez intégralement reproduit en bas de cet article : « Thom  SANK était en lui-même un code éthique, une force […]

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Édition : Les presses Africaines, Ouagadougou, octobre 2021, 808 pages

ISBN : 978-2-38174-116-1


Nos commentaires

Voilà comment l’auteur, Sita Tarbagdo, présente Thomas Sankara dans le texte ouvrant l’ouvrage, l’apostolat de l’auteur, selon lui, que vous trouverez intégralement reproduit en bas de cet article : « Thom  SANK était en lui-même un code éthique, une force de caractère, une rectitude morale inégalable, un courage de gloire, une vie attachée très tôt à des vertus et des  à des valeurs  humaines. Du sens élevé du travail bien fait, de l’amour affiché pour son peuple, du sens élevé de l’humilité et de la franchise, du sens de l’honneur, de la responsabilité et du patriotisme. Thom SANK en avait fait son axe cardinal de vie. » Juste en guise de démonstration de ses qualités d’écriture mais aussi de sa connaissance aigüe qu’il a Thomas Sankara !

Mais ce n’est pas tant le volume, d’ailleurs l’auteur nous a convié avoir encore de nombreux éléments non exploités, mais surtout l’ampleur, la rigueur et la qualité du travail qu’il nous faut souligner ici. Le livre est gros et lourd parce que l’auteur a voulu rendre disponible de nombreux documents dont un certain nombre sont totalement inédits. Certains proviennent en effet de documents privés, et d’enregistrements audio que l’auteur, de discours, d’interviews ou de conférences de presse de Thomas Sankara, que l’auteur a dû retranscrire lui-même. Ces documents composent l’essentiel du livre. C’est un énorme travail.

Sita Tarbagdo a plusieurs côtoyé Thomas Sankara comme journaliste. Mais il nous en raconte bien trop peu sur lui-même, modestie oblige dans doute. Tout juste une page racontant ses déboires avec le secrétariat général des CDR (Comités de défense de la Révolution) qui l’avait fait enlevé par des hommes en kalachnikov.

Mais le grand intérêt du livre, c’est d’utiliser de nombreuses interviews souvent peu connues mais pourtant combien riches et diversifiées, alors que les gens sont surtout retenues les discours. Or dans une interview, Thomas Sankara répond à des questions qu’on lui pose, et ne choisit pas les thèmes à aborder, ce qui n’est pas le cas dans un discours. Et dans ces multiples interviews, Thomas Sankara livre des réflexions tout à fait pertinente sur par exemple des questions théoriques, mais aussi sur ce que certains ont appelé les dérives des CDR. Je pense aux interviews dans le mensuel Afrique Asie, l’Autre Journal, des conférences de presse, l’interview qu’il m’a donné en juillet 1983, quasiment oublié. Elles sont toutes sur ce présent site. Mais il y en a d’autres comme je l’ai dit plus haut, notamment lors des conférences de presse totalement inédites. Et la force du livre, c’est que lorsque l’auteur aborde un thème, il utilise des extraits de plusieurs interviews ce qui est une méthode jusqu’ici très peu utilisée, alors qu’elle accroit considérablement l’analyse. Il en est ainsi du traitement de la grève des instituteurs, par exemple longuement traité.

L’auteur évite souvent de prendre parti, même si son admiration est perceptible envers Thomas Sankara, l’existence de ce livre étant suffisante pour en faire foi. Mais n’a-t-il pas raison d’éviter les polémiques ? Il y a bien des évènements controversés sur lesquels nous ne sommes informés que par des témoins de l’époque qui sont partie prenante.

Vous trouverez un peu plus bas sur cette page la table des matières. Vous pourrez juger de l’importance et du grand nombre de thèmes traités. On remarque qu’il ne traire guère des réalisations de la Révolution. Reconnaissons que ce bilan reste à faire, de façon scientifique, car jusqu’ici il ne peut qu’être fait qu’à partir de quelques discours, ou quelques travaux parcellaires, des témoignages.

En fait c’est donc un livre très politique dont il s’agit. En quelques sorte un hommage à Thomas Sankara à travers ses paroles et ses écrits. Le livre est essentiellement composé d’extraits d’interviews et de discours dans leur intégralité. Nous en avons discuté avec l’auteur. Je lui ai demandé en particulier, “Mais pourquoi avez-vous publié les discours qui sont déjà publiés sur thomassankara.net en indiquant simplement le lien internet“. Mais cette méthode n’est pertinente que lorsqu’on est sur internet. Et en réfléchissant depuis, j’ai fini par me dire que l’auteur avait finalement raison. Compte tenu prix du livre, les acheteurs risquent de ne pas être nombreux.

Pourtant, il y a bien une chose à faire… au Burkina. L’internet y est développé mais reconnaissons que l’accès n’est pas toujours facile. Les jeunes se contentant souvent d’accéder à Facebook ou a Whatsapp par leur téléphone. Ce qui n’est pas le support idéal pour lire les longs textes de Thomas Sankara.

CE LIVRE PEUT ET DOIT TROUVER SON PUBLIC.

IL SUFFIRAIT QUE CHAQUE BIBLIOTHÈQUE, QUE SE SOIT DANS LES LYCÉES, LES UNIVERSITÉS ET LES COLLÈGES, LES CENTRES DE RECHERCHE, LES JOURNAUX, LES INSTITUTIONS QU’ELLES SOIENT, LES PARTIS POLITIQUES, LE MÉMORIAL SANKARA, LES ARCHIVES NATIONALES, LES CENTRES CULTURELLES, ETC…

ACHÈTE UN EXEMPLAIRE ET EN LAISSE L’ACCÈS OUVERT AU PUBLIC SUR PLACE!

Le Burkina renferme en son sein, des personnes travailleuses, intelligentes, patriotes et dénuées souvent de tout vénalité. Quel bel acte d’éducation pour la jeunesse que de les mettre en valeur !

Malgré le prix élevé, il existe de nombreuses personnes au Burkina qui peuvent se payer ce livre. Quant à l’étranger, compte tenu du poids, c’est plus compliqué de le diffuser, mais cela ne dépend que de la volonté des uns et des autres. Le livre est déjà épuisé, mais seules une trentaine d’exemplaires ont été publiées, compte tenu du prix élevé de l’édition et ils sont déjà vendus.

Vous trouverez dans l’article de présentation de l’auteur son contact si vous voulez le contacter et voir avec lui comment acheter le livre. Et si vous êtes éditeur il a d’autres livres voir ci-dessous à publier.

Bruno Jaffré


Présentation de l’auteur

Sita TARBAGDO est un journaliste, précédemment Chargé de programme au Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le SIDA et les IST (SP/CNLS-IST) au Burkina Faso. Il est né à OUAKUY dans la province de TUY, de Feu Salifou TARBAGDO et Feue Haoua ZOUNGRANA.

Site Tarbagdo lors de la présentation d’un de ses livres en 2022

Diplômé en Sciences et Techniques de l’Audiovisuel, il a longtemps servi comme reporter aux Éditions SIDWAYA (26 ans durant) avant d’être appelé au SP/CNLS-IST en avril 2009 pour gérer la Communication et les Relations Publiques de cette institution. Et ce, jusqu’au 31 décembre 2016, date à laquelle il est admis à la retraite.

Il a été du 20 mars 2009 au 14 août 2014, membre du Collège des conseillers du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) pour un mandat renouvelé de trois ans chacun. Il a été également le Secrétaire général de l’Observatoire National de la Presse (ONAP) du Burkina Faso, organe d’autorégulation, et a été le Président du Réseau Panafricain des Journalistes (RPJ), Section du Burkina Faso ; et dont le siège est à Brazzaville au Congo.

Comme mérite, Sita TARBAGDO est (depuis le 8 novembre 2004) Chevalier de l’Ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication avec agrafe Radio, Télévision et Presse écrite ; et (depuis le 9 décembre 2013) Chevalier de l’Ordre national. En outre, il est Officier de l’Ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication avec agrafe Radio, Télévision et Presse écrite (depuis août 2014).

Sita TARBAGDO est auteur de plusieurs écrits, productions et reportages (voir ci-dessous). Il est le lauréat de plusieurs concours littéraires, et est l’auteur de plusieurs œuvres inédites dont des poèmes et des romans.

Contacts : tarbago_sita@yahoo.fr ; whatsapp : +226 77 56 70 87

Livres publiés

Citations et pensées, éditions presse africain,  2021, 52 pages, ISBN 978-2-38174-125-3

Halidou Ouédraogo : parcours et témoignages d’un défenseur des droits humains, aux éditions presse universitaire européenne, 270 pages, novembre 2021, ISBN : 978-620-3-42854-4

Livres à paraitre,

Assassinat de Thomas Sankara, le procès de l’audace

Procès du putsch manqué : les faits sont têtus

Oumarou Kanazoé : le tisserand devenu milliardaire.Oumarou Kanazoé : le tisserand devenu milliardaire


TABLE DES MATIERES

Sigles et Abréviations………………………………………………………………………………….05

Avertissement……………………………………………………………………………………………..09

Mes remerciements……………………………………………………………………………………..11

L’apostolat de l’auteur…………………………………………………………………………………13

Première partie : L’audace du capitaine SANKARA………………………………………15

Chp 1 : Souvenir d’enfance d’un futur président…………………………………………..17

Chp 2 : Les premiers pas du Capitaine dans le politique……………………………….23

Responsabiliser le peuple voltaïque de manière audacieuse………………………………….27

SANKARA à la rescousse du CSP…………………………………………………………………..30

Instaurer un nouveau style de travail……………………………………………………………….35

Ce qui est attendu du Gouvernement SANKARA………………………………………………45

Quels messages de la Haute-Volta à l’étranger ?………………………………………………46

La Révolution de Cuba a inspiré la Révolution du Burkina Faso………………………….55

Le Capitaine SANKARA médaillé de l’Ordre de José Marti…………………………………56

Chp 3 : SANKARA refuse de se taire !

SANKARA, le Golfe de Syrte et les frères palestiniens……………………………………….61

Chp 4 : Jeunesse de Haute-Volta, SANKARA te parle !

Haro sur les ennemis du peuple voltaïque………………………………………………………..70

La fracture entre le Commandant et le Capitaine……………………………………………….76

Les enseignements du 17 mai 83, selon « Saint Thomas »…………………………………80

Chp 5 : Reculer pour mieux sauter ?

« La prison n’est pas toujours propice à la méditation »……………………………………..82

Deuxième partie : A grands pas commando sur Ouagadougou…………………….85

Chp 6 : Sur le chemin de la Révolution…………………………………………………………87

La marche commando sur Ouagadougou…………………………………………………………90

Chp 7 : Le Capitaine SANKARA aux commandes du navire…………………………..95

Capitaine, vous avez dit Révolution…………………………………………………………………97

Capitaine, vous avez dit « la patrie ou la mort, nous vaincrons »…………………………99

Capitaine, vous avez dit « Camarades »…………………………………………………………100

Les commerçants soutiennent le CNR, mais à condition que…………………………….104

« La revanche du peuple contre la réaction », selon le modèle CNR………………….106

Des messages d’encouragement, malgré les tentatives d’isolement…………………..110

Chp 8 : La référence théorique de la Révolution d’août

La Révolution d’août est l’aboutissement de la lutte du peuple voltaïque…………….114

L’héritage de 23 années de néo-colonisation  …………………………………………………115

Le caractère et la portée de la révolution d’août…………………………………………….. 120

De La souveraineté du peuple dans l’exercice du pouvoir révolutionnaire…………..121

Pour une juste compréhension de la nature, du rôle et du fonctionnement des CDR..      121

De la moralité révolutionnaire au sein des CDR…………………………………………….. 123

Pour une révolutionnarisation de tous les secteurs de la société voltaïque………….124

Chp 9 : Peuple du Burkina Faso, la Révolution te parle

« Ces hommes, ces régimes et ces pouvoirs qui engraissent les opposants »…….142

« Il reste plus à faire qu’il n’en a été fait »……………………………………………………… 145

Le CNR commémore l’an III du DOP à Koudougou………………………………………….148

Chp 10 : SANKARA et son projet de société……………………………………………… 153

Non, au Parti unique bourgeois !………………………………………………………………….. 156

« Un combat ne se réussit que si l’on est convaincu de sa justesse ! »………………159

Chp 11 : Les fonctionnaires en ont eu pour « leur compte »

Des dirigeants syndicaux donnent de la voix………………………………………………….163

« Un plan quinquennal n’est pas un catalogue de voeux pieux »……………………….174

Chp 12 : Le Capitaine SANKARA et la Gauche voltaïque

Le SNEAHV aussi, dans le collimateur du CNR………………………………………………183

Chp 13 : LE POUVOIR AU PEUPLE VIA LES CDR………………………………………..189

Des rapports pas du tout cordiaux…………………………………………………………………205

Les CDR et l’édification d’une économie nationale indépendante……………………..214

Troisième partie : la révolution n’est pas un produit en vente……………………..233

Chp 14 : Une révolution burkinabè incomprise ?………………………………………..235

Relations ivoiro-burkinabè, ce n’était pas le parfait amour…………………………………237

Avec le Niger et le Sénégal, rien à signaler !…………………………………………………. 242

L’Angola et le Mozambique aux bancs des accusés…………………………………………242

L’heure n’est pas à la comptabilité des griefs avec le Mali………………………………..243

Des relations au beau fixe avec l’Algérie et le Congo……………………………………….246

Notre révolution n’est pas faite pour l’exportation…………………………………………….249

Chp 15 : La « chevauchée fantastique » du Capitaine se poursuit……………….253

Les ennemis de la révolution aux aguets………………………………………………………..254

Le président RAWLINGS, un ami du Burkina Faso révolutionnaire…………………….258

Des histoires cocasses……………………………………………………………………………….. 271

Chp 16 : la révolution burkinabè, hôte de diverses personnalités………………..273

Le Président SANKARA à son hôte du Nicaragua……………………………………………273

Le Président Mitterrand au contact du Burkina révolutionnaire…………………………..276

La révolution n’a pas pris le pouvoir pour régler des comptes à la France…………..293

Au-delà des rapports entre États, Des rapports entre peuples…………………………..295

Chp 17 : SANKARA dans les instances internationales………………………………305

Non à la partition du Tchad………………………………………………………………………….308

Notre Maison blanche se trouve à Harlem……………………………………………………..309

SANKARA claque la poste au Sommet de la CEAO à Lomé……………………………..324

A l’unisson, proclamons notre décision de ne pas payer la dette……………………….326

Le Président SANKARA au 1er Sommet de la Francophonie…………………………….331

Conférence des chefs d’Etat de la CEAO, de l’ANAD et du Litptako-Gourma………334

L’affaire des 6 milliards du FOSIDEC……………………………………………………………. 336

La restructuration de la CEAO…………………………………………………………………….. 337

Un succès éclatant à l’actif du Président Thomas SANKARA……………………………343

Le Mouvement des non-alignés se meurt… Au secours !………………………………….344

SANKARA, le porte-voix du Front sandiniste de libération du Nicaragua…………….348

L’UNICEF n’a pas toujours joué son rôle………………………………………………………. 350

SANKARA à la 5ème Conférence islamique au sommet…………………………………..354

Pour un Front uni d’Addis-Abeba contre la dette…« En avant »………………………..359

Les trois discours les plus significatifs du Capitaine……………………………………….. 362

Présentation de lettres de créance dans le Burkina réel……………………………………370

Le Président du Faso en Union soviétique………………………………………………………374

Hommage de SANKARA au combattant SAMORA Machel……………………………….377

Le Président SANKARA en visite d’amitié et de travail en Éthiopie…………………….381

Quatrième partie : inculquer la morale révolutionnaire………………………………..383

Chp 18 : A LA BARRE, MESSIEURS ET MESDAMES !…………………………………385

Flash-back sur la mise en mouvement des TPR………………………………………………387

Des suppressions dans le vocabulaire législatif du Faso…………………………………..399

Chp 19 : SANKARA à la barre de la CPPC…………………………………………………..401

La CPPC, un instrument de morale révolutionnaire………………………………………….408

Cinquième partie : les exigences de la révolution d’août 83………………………..413

Chp 20 : Le Capitaine qui voulait métamorphoser l’Armée nationale

« Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes, quelles que soient leurs compétences » ……………………………………………………….419

L’armée voltaïque sous le scripte du Capitaine SANKARA……………………………… 423

Militaires, « Allez au peuple, intégrez-vous au peuple ; et vivez avec le peuple »…426

A armée nouvelle, nouvelles missions………………………………………………………….. 430

Tous et toutes en tenue cotonnade burkinabè, sinon……………………………………… 435

Chp 21 : Le différend frontalier entre la Haute-Volta et le Mali porté à la Haye           439

La guerre patriotique « des pauvres »…………………………………………………………… 444

Le CNR appelle à la mobilisation de toutes les forces de la nation…………………….444

Le verdict de la Cour internationale de La Haye…………………………………………….. 457

Le triste bilan de « la guerre des pauvres »………………………………………………….. .459

La paix, rien que la paix entre le Burkina Faso et le Mali…………………………………. 461

Chap 22 : La Révolution d’août et les femmes…………………………………………… 463

Je vous donne la parole, mais ne faites pas comme les femmes !……………………. 471

La parenthèse utile !…………………………………………………………………………………… 474

Le Camarade SANKARA à la Camarade CDR de Paris………………………………….. 480

Quels rôle et place de la femme dans la société révolutionnaire ?……………………. 482

La lutte de classes et la question de la femme………………………………………………. 484

Notre révolution et l’émancipation de la femme……………………………………………….492

Femmes burkinabè, assumez et assurez votre part de futur…………………….         501

Chp 23 : LA REVOLUTION PRÔNE UNE ECOLE NOUVELLE……………………… 507

Les articulations de l’École nouvelle, version SANKARA…………………………………..508

L’appel historique de Gaoua, à l’aube de la rentrée………………………………………….510

Chp 24 : LA RÉVOLUTION ET L’ENVIRONNEMENT…………………………………… 525

Le reboisement, l’acte positif pour récréer la nature…………………………………………525

Chp 25 : LA BATAILLE AGRICOLE DE SANKARA……………………………………….547

Notre sécheresse, elle n’est pas invincible……………………………………………………..549

Chp 26 : SANKARA ET LE SPORT… DE MASSE…………………………………………526

C’est de la masse de sportifs que demain nous sortirons des élites……………………526

Chp 27 : SANKARA pour une presse au service du peuple…………………………565

Le contexte révolutionnaire et la censure……………………………………………………….570

Ma mésaventure avec le Secrétariat général national des CDR…………………………581

Chp 28 : SANKARA et la promotion culturelle nationale…………………….         583

SANKARA et le cinéma africain………………………………………………………………….. 594

Chp 29 : « Ma religion, c’est ma foi »………………………………………………………….601

Chp 30 : Les ONG traduisent l’échec des relations d’État à États………………..605

Sixième partie : Nous ne voulons pas un peuple triste et sans passion……….609

Chp 31 : Les 4-août se suivent mais ne se ressemblent pas………………………..611

An II de la Révolution…………………………………………………………………………………. 631

An III de la Révolution………………………………………………………………………………… 645

Chp 32 : Le président du Faso en direct avec le peuple……………………………….673

Septième partie : Libérer utilement son génie créateur……………………………….699

Chp 33 : Discours de vérité, discours de la discorde…………………………………. 701

Sortir de l’impasse, mais comment ?……………………………………………………………. 710

Hommage à Che Guevara………………………………………………………………………….. 712

SANKARA claque la porte à ses compagnons silencieux………………………………….714

La FIMATS de la division et de l’exacerbation de la tension………………………………716

Acculé…, SANKARA songe à la « Rectification » ?………………………………………….718

L’ultime discours qui devait désamorcer le malaise ?……………………………………… 721

Chp 34 : Le CNR mort, vive le Front populaire ?………………………………………….731

Que dit le mémorandum du Front populaire ?…………………………………………………740

Chp 35 : Les rêves brisés du capitaine SANKARA………………………………………743

Le FESIMO sur les eaux du Barrage N° 3 de Ouagadougou…………………………….749

Le rail jusqu’au manganèse de TAMBAO n’a pas eu lieu!…………………………………757

Chp 36 : SANKARA repose-t-il à Dagnoën ?…………………………………………….. 761

Le coup de pouce du Président Macron………………………………………………………….763

La première constitution des faits………………………………………………………………….765

Chp 37 : Loin d’un rêve, la réhabilitation de SANKARA ……………………………..767

Une querelle qui n’a pas lieu d’être………………………………………………………………..769

Chp 38 : SANKARA, une histoire à suivre…………………………………………………. 771

Les 14 personnes mises en accusation dans le « Dossier SANKARA »…………………. 773

Huitième partie : Le sang des héros fertilise la révolution…………………………. 781

Chp 39 : On m’appelait Thomas SANKARA……………………………………………….. 783


Ce texte, signé de l’auteur est publié dans l’introduction du livre

Apostolat de l’auteur

Riche, abondante et intarissable est la « littérature » sur le Président du Conseil national de la révolution (CNR), Président du Faso, le Capitaine Noël Isidore Thomas SANKARA, appelé affectueusement « Thom SANK ». Il a présidé aux destinées de la Haute-Volta, devenue Burkina Faso, du 4 août 1983 au 15 octobre 1987. La présente œuvre du journaliste burkinabè Sita TARBAGDO, en lien avec ce jeune Officier et la période révolutionnaire au Burkina Faso, vise, comme dirait le célèbre écrivain burkinabè Maître Titinga Frédéric PACERE, à « ajouter de la terre à la termitière ». Pas parce que la termitière ne vit pas, mais pour, dira-t-il, « ajouter de la terre à la terre ».

Si à un moment de l’histoire du Burkina Faso, la tendance a été de tout faire pour effacer le nom du Capitaine Thomas SANKARA de la mémoire collective de son pays, force est aujourd’hui de reconnaître et d’admettre que le Capitaine « Thom SANK » reste à jamais présent et vivace dans les esprits et les cœurs. L’héritage politique et révolutionnaire qu’il lègue à la postérité est considérable et ancré à jamais en Afrique et en particulier, dans la jeunesse africaine, sur l’ensemble du continent et au-delà. Mieux, le phénomène SANKARA ne fait qu’être amplifié à travers les âges.

En souvenir de cet homme que j’ai côtoyé dans le cadre de ma profession de jeune journaliste à la Direction générale de la presse écrite, devenue aujourd’hui les « Éditions Sidwaya », je garde l’image d’un jeune Capitaine plein d’énergie et de vivacité ! Quand « Thom SANK » apparaissait, on le sentait, on le vivait avec admiration et respect.

Le pas alerte, l’allure vive, la corpulence frêle d’un vrai commando de la savane ; le regard perçant, l’esprit actif et créatif, « Thom SANK » était en lui-même un code éthique, une force de caractère, une rectitude morale inégalable, un courage de gloire, une vie attachée très tôt à des vertus et à des valeurs humaines. Du sens élevé du travail bien fait, de l’amour affiché pour son peuple, du sens élevé de l’humilité et de la franchise, du sens de l’honneur, de la responsabilité et du patriotisme, « Thom SANK » en avait fait son axe cardinal de vie.

En arrivant au pouvoir, en cette nuit du 4 août 1983, sous l’impulsion de ses camarades commandos de Pô, le Capitaine SANKARA se sentait confié une mission divine : « condamné à travailler pour son peuple et à partager avec son peuple ». Sa force résidait dans son enracinement dans le peuple, dans son milieu social national. C’est ainsi que tout au long de sa vie, il fera sienne cette philosophie fondatrice de son existence : « se sentir utile à son peuple… à tous les peuples qui luttent pour leur liberté et leur dignité ».

C’est pourquoi, « Thom SANK » mettait toujours au cœur de son action : « l’homme, le peuple et le travail ». Héritier d’une éducation rigoureuse et exigeante d’un milieu social et familial pauvre,  « Thom SANK » avait la fougue de la réussite, la réussite de son peuple. Mais pas à n’importe quel prix idéologique ! Seulement sous la bannière de la Révolution. Et pas n’importe quelle révolution ! La Révolution démocratique et populaire (RDP).

Cette élévation révolutionnaire de « Thom SANK » repose sur le socle « peuple » avec son potentiel collectif, ses capacités entrepreneuriales, sa dynamique de confiance, et surtout sa légendaire force de travail pour des victoires certaines de développement et de bien-être.

Dans le rétroviseur de l’histoire, ma mémoire de jeune journaliste retient que « Thom SANK », face à son peuple et sur diverses tribunes nationales et internationales, fut un orateur brillant, bruyant, bouillant, convaincu et cherchant toujours à convaincre. C’était comme disaient les jeunes à l’époque, « le gentleman provocateur ». Amateur de belles phrases et d’expressions-chocs, souvent entrecoupées « d’envolées comico-lyrico-dramatiques », il savait manier les mots du dictionnaire comme s’il les avait lui-même inventés ou créés. En cela, rien d’étonnant ; car à son jeune âge et à ses temps libres, « Thom SANK » avait toujours le regard fourré dans le dictionnaire et les livres.

Tous ceux qui, comme moi, ont pu l’écouter à une tribune, ont sans doute, été impressionnés par son éloquence et l’aisance avec laquelle il s’exprimait. Son verbe fascinait, sa voix s’imposait, sa rhétorique captivait, sa présence assurait, son discours rassurait.

Bref, « Thom SANK » savait convaincre, non seulement par les mots et les phrases qu’il utilisait en toute liberté, dans un registre de culture générale, sans crainte des conséquences que ses mots et phrases pourraient engendrer ; mais il savait aussi et surtout convaincre par les actes.

Par les mots et avec la force de l’argumentation, l’orateur distillait sa vision sur des thèmes multiples et multiformes. Avec une certaine dose d’humour. Il avait une culture vaste et dans presque tous les domaines. Il savait choisir, dompter les mots pour dire exactement ce qu’il pensait. Jamais il ne titubait sur les mots.

Par les actes, « Thom SANK », doté d’un esprit libre et indépendant, s’efforçait de faire précéder ou suivre ses discours, de décisions importantes, fracassantes, surprenantes, volontaristes ou pédagogiques.

Pour l’histoire, revisitons les années SANKARA, sous la gouvernance du Conseil national de la révolution, et sous le prisme de ses discours et interviews les plus significatifs. Ces discours et interviews, nous les avons sous forme d’enregistrements dans nos archives journalistiques. Tout comme vous pouvez trouver certains sur le site http : //www.thomassankara.net/, et dans certains ouvrages et journaux. C’est un héritage collectif où chacun peut et doit aller puiser pour enrichir le débat sur la problématique de la Révolution burkinabè, à l’ère SANKARA !

Que commence alors la légende Thomas SANKARA !

Sita TARBAGDO

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Lecture croisée des événements du 17 mai 1983 https://www.thomassankara.net/lecture-croisee-evenements-17-mai-1983/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lecture-croisee-evenements-17-mai-1983 https://www.thomassankara.net/lecture-croisee-evenements-17-mai-1983/#respond Wed, 29 Jun 2022 12:37:14 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=246281 En photo le colonel Gabriel Somé Yorian Par Merneptah Noufou Zougmoré On a revisité l’histoire de la crise née entre deux camps qui ont partagé le pouvoir sous le Conseil de salut du peuple (CSP). Quatre ouvrages à savoir Burkina Faso : processus de la Révolution, Voyage de la Haute-Volta au Burkina Faso, Légende et Histoire […]

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En photo le colonel Gabriel Somé Yorian

Par Merneptah Noufou Zougmoré

On a revisité l’histoire de la crise née entre deux camps qui ont partagé le pouvoir sous le Conseil de salut du peuple (CSP). Quatre ouvrages à savoir Burkina Faso : processus de la Révolution, Voyage de la Haute-Volta au Burkina Faso, Légende et Histoire des Peuples du Burkina Faso et Ma Part de Vérité ont traité la question. Retour sur les péripéties de cette crise avec les interprétations des uns et des autres dans ce qu’ils ont consigné dans les livres pour la postérité.  

Une aile dite de Droite et une autre aile dite de Gauche de l’Armée voltaïque ont cheminé ensemble dans un projet de changement politique violent. Elles parviennent à leur dessein le 7 novembre 1982 mais le compagnonnage ne durera que quelques mois. Au sommet de l’État, il y avait une divergence fondamentale. Le camp des conservateurs représentés par Jean-Baptiste Ouédraogo, Gabriel Yoryan Somé et Jean Claude Kambouelé après la réussite du coup d’État travaillaient au retour d’une démocratie dite pluraliste et à celui des anciens politiciens balayés par le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) dans le paysage politique voltaïque.

Le groupe amené par Thomas Sankara avait pour ambition l’instauration d’un changement radical pour ne pas dire une Révolution dans la gestion de l’État. Une sorte de bicéphalisme est né avec à la tête de l’exécutif le président de la République dont le rôle est incarné par le médecin commandant Jean Baptiste Ouédraogo jusque-là inconnu du peuple de la Haute-Volta et le capitaine Thomas Sankara que les hauts faits de guerre pendant le conflit malo-voltaïque avait rendu populaire.

Quatre ouvrages dont les auteurs sont connus des lecteurs Burkinabè rendent compte de cette crise politique majeure qui a rythmé la vie du pays au début de la décennie de 1980. Il s’agit du Burkina Faso : processus de la Révolution de Babou Paulin Bamouni, du Voyage de la Haute-Volta au Burkina Faso d’Edouard Ouédraogo, de Légendes et Histoire des Peuples du Burkina Faso de Salfo-Albert Balima et du livre polémique Ma part de vérité de Jean Baptiste Ouédraogo. Les auteurs des deux premiers livres cités sont de la presse écrite burkinabè. Babou Paulin Bamouni qui n’est plus de ce monde a été rédacteur à l’Hebdomadaire Carrefour Africain et au quotidien d’État Sidwaya avant de se voir confier la responsabilité du Directeur général de la presse écrite du Burkina. Edouard Ouédraogo quant à lui est le fondateur du premier quotidien voltaïque vers le milieu des années 1970. Il est connu par son nom de plume Nakibeogo. Le regretté Albert-Salfo Balima a été un grand commis de l’État, fonctionnaire international. Il a par-ailleurs été Directeur de l’Ecole internationale de Bordeaux. Et le dernier sur la liste des auteurs, Jean Baptiste Ouédraogo est un des anciens présidents de la Haute-Volta et médecin-militaire de son état.

Babou Paulin Bamoni qui a été un acteur de la Révolution situe la ligne de fracture politique entre les deux fractions de l’Armée au début de la prise du pouvoir par le Conseil de salut du peuple (CSP). Mais pour lui la crise a atteint son paroxysme pendant les deux meetings. L’un a été tenu à Ouagadougou le 23 mars 1983 et le deuxième le 14 mai de la même année. Pour l’auteur de Burkina Faso : processus de la Révolution, l’instigateur principal du coup d’État du 17 mai 1983 était le chef d’État- major général de l’Armée, le colonel Yoryan Gabriel aidé à la tâche par la France. Jean Baptiste Ouédraogo alors chef de l’État n’était qu’un homme de paille. Il établit la chronologie des événements : « Après le meeting de Bobo-Dioulasso (14-15 mai 1983) auquel toutes les instances du CSP avaient assisté, les choses évoluèrent très vite au retour à Ouagadougou. Ce meeting avait nettement séparé le Chef de l’État de son Premier Ministre. Il fallait comme l’avait dit ce jour-là le Premier Ministre : « appeler un chat un chat ! » et le CSP de droite tira rapidement la leçon au détriment du CSP de la gauche. »

Toujours dans la continuité de la narration des faits, Bamouni situe l’arrivé de Guy Penne, Conseiller spécial aux Affaires Africaine de François Mitterrand le 16 mai dans la nuit à 23H50. La presse ce jour selon lui n’a pas été autorisée à l’aéroport comme cela se faisait d’habitude. « Sans rejoindre la résidence réservée aux personnalités politiques étrangères, Guy Penne alla passer la nuit au domicile de l’ambassadeur de France, c’était irrégulier. Il était arrivé avec des journalistes dits « spécialistes des problèmes africains » dans un avion spécial qui atterrit à la base aérienne et non sur la piste de l’aéroport civil. Et des journalistes avaient rapporté que lors d’un cocktail avec la presse, le 14 mai à Paris, il avait laissé entendre qu’il irait bientôt à Ouagadougou « dégommer le Premier ministre burkinabè ».

Dans Voyage de la Haute-Volta au Burkina Faso, Nakibéogo, le sobriquet d’Edouard Ouédraogo fait une autre lecture des éléments déclencheurs du 17 mai. L’auteur dans son ouvrage ne fait pas mystère de l’aversion qu’il a  contre la gauche même si selon ses dires ce camp politique, auquel il est opposé par les idées, a profité dans sa marche pour la conquête du pouvoir des colonnes de l’Observateur son journal. Dans son livre Heurt et malheur du journalisme, il ne manque pas de donner les informations sur son antagonisme contre cette gauche depuis les bancs de l’Université de Dakar, ou il a fait des études des Lettres.

La justification qu’il donne sur la chienlit qui a occasionné la crise au sein du CSP est que « … Tout avait été mis en œuvre pour qu’au terme de sa visite, Kadhafi sût qui était réellement l’homme fort de la Haute-Volta. » Dans la suite de son explication de la crise née au sommet de l’État le « Nakib » ajoute que « Cette stratégie d’érosion de la crédibilité de Jean Baptiste Ouédraogo connaitra son couronnement deux semaines plus tard. Ce fut le 14 mai 1983, place Tiefo Amoro de Bobo-Dioulasso. Le CSP, sous l’instigation de son aile radicale y tient son deuxième meeting dédié à la jeunesse. Ni la date, ni le thème, ni même le lieu n’avaient été choisis au hasard. » Il poursuit : « Pour la date par exemple, retenons que le meeting intervenait une semaine après l’officialisation du programme du CSP. A cette occasion, Jean Baptiste Ouédraogo, sur un ton et un fond rassurants avait tenté de recentrer l’orientation du régime. Par sa pondération, son message tranchait avec le discours idéologique de l’autre bord qui exaltait la lutte des classes et qui reprenait à son compte la terminologie stalinienne « d’ennemis du peuple ».

Pour le fondateur de l’Observateur, devenu à sa renaissance après l’incendie de son imprimerie dans les 90, L’Observateur Paalga, le discours sur le retour de la Haute-Volta à la vie constitutionnelle rassurait les couches modérées et les forces traditionnelles mais inquiétait en revanche les partisans d’un changement radical.  C’est   ainsi que : « … pour conjurer un tel danger et réaffirmer l’option du CSP pour un régime de type nouveau, que le meeting fut convoqué. La veille une rencontre avait eu lieu de toutes les associations de jeunesse du pays. Leur ministre de tutelle, le Lipado-PAI Ibrahima Koné, déploiera ses talents de grand organisateur en la circonstance. Car tout fut savamment mis au point. »

L’analyse d’Albert-Salfo Balima dans son ouvrage Légendes et Histoire des Peuples du Burkina Faso n’est pas différent d’Edouard Ouédraogo. Ils semblent être de la même chapelle politique. Edouard se décrit comme étant un libéral humaniste. Les deux auteurs se distinguent des partisans de ceux qu’ils désignent comme étant les adeptes de la table rase. Balima sous la Révolution a eu un contentieux avec le président Thomas Sankara qui l’a fait remplacer à la direction de l’École internationale de Bordeaux par un certain Youssouf Diawara. Son ouvrage assez complet sur l’Histoire politique du Burkina Faso a également été préfacé par Blaise Compaoré. D’aucuns n’hésitent pas à établir le lien entre ces faits et les analyses à charge qu’il fait du règne de Sankara depuis le CSP jusqu’aux événements d’octobre 1987. Pour Albert-Salfo Balima : « N’approuvant pas la conduite du chef de l’État, excédé, le colonel Somé, chef d’état-major depuis le 16 juillet 1982, voyant la situation dramatique qui se nouait, agacé par les insultes que ses adversaires lui prodiguaient, décida de réagir sans consulté le chef de l’Etat jugé pusillanime, hésitant et passif. Jean Baptiste Ouédraogo était-il un complice des enragé ? Non à coup sûr. Il était seulement conscient et trop conscient de sa faiblesse et de sa solitude. »

L’un des acteurs majeur de l’époque, l’ancien président Jean Baptiste Ouédraogo dont la sortie du premier tome des mémoires a occasionné une polémique dans l’opinion revient amplement sur les événements du 17 mai dans son ouvrage. Il soutient que : « Le capitaine Blaise Compaoré qui avait également été ciblé, a échappé au coup de filet parce qu’il n’était pas encore rentré de Bobo-Dioulasso après le meeting du 14 mai. Il parviendra, grâce à son flair de commando, à rejoindre son unité de Pô par des chemins détournés. » Il assure en outre que : « Pendant ce temps, trois officiers se retranchent avec trente- cinq (35) hommes au camp Guillaume Ouédraogo. Il s’agit du capitaine Henri Zongo et des lieutenants Boukary Kaboré et Gilbert Diendéré. Ils se rendront à 23 heures 30. Les officiers rejoindront leur domicile tandis que les hommes seront désarmés et passeront la nuit au Groupement blindé. »

Le 17 mai 1983 au petit matin, les blindés encerclent les domiciles du chef de l’État Jean Baptiste Ouédraogo et du Premier Ministre Thomas Sankara. Contrairement à Sankara le président Jean Baptiste Ouédraogo n’est pas inquiété. Le leader de l’aile gauche de l’Armée, à savoir Sankara, et le secrétaire permanent du CSP son allié Jean-Baptiste Boukary Lingani sont arrêtés. Ils seront l’un interné à Ouahigouya et l’autre à Dori. Pendant la période qui suit, des tractations sont menées en vue de trouver une solution à la crise. Mais auparavant des manifestations de des militants acquis à la cause de l’aile gauche de l’Armée avaient éclaté à Ouagadoudou. Dans Burkina Faso : processus de la Révolution, l’auteur indique que : « Les élèves des lycées et collèges de Ouagadougou donnèrent le ton le 20 mai par une marche imposante à travers les grandes artères de la capitale pour dénoncer le putsch et l’impérialisme, en exiger la libération du capitaine Thomas Sankara et du commandant Lingani. Les 21 et 22 ce furent les hommes et femmes qui descendirent dans les rues pour la même cause et les mêmes exigences. Les putschistes paraissaient désemparés devant la situation qui leur échappait. »

La conviction d’Edouard Ouédraogo quant à la chance qui s’offrait aux révolutionnaires dans Voyage de la Haute-Volta au Burkina Faso se veut plus précis : « Du 17 au 18 mai, Henri Zongo donnait déjà le ton en se retranchant avec quelques partisans au Régiment du commandement et de soutien du camp Guillaume Ouédraogo. Il n’en sortira qu’après moult tractations qui présageaient déjà l’esprit capitulard qui animait certains acteurs du 17 mai et dont on verra plus loin les conséquences. » Pour le premier responsable de l’Observateur Paalga : « Après le baroud d’honneur et la reddition qui s’en suivit, deux autres chances s’offraient aux révolutionnaires pour faire échec au coup de force qui venait de neutraliser leur héros éponyme. » Pour Nakibeogo, «La première, c’était le charisme de Thomas Sankara, l’enthousiasme messianique qu’il avait répandu dans le milieu scolaire et du lumpen-prolétariat des villes. Moins que l’idéologie marxiste qui s’avançait encore masquée, c’était le personnage qui les fascinait jusqu’à l’idolâtrie. La seconde chance était militaire, à savoir l’ « hégire » d’un certain Blaise Compaoré vers ce qui deviendra la Mecque de la Révolution, Pô. »

C’est Ma Part de Vérité, le tome1 des mémoires de Jean-Baptiste Ouédraogo qui revient longuement sur les tractations dans l’objectif de la résolution de la crise de mai 83. Les deux autres ouvrages Burkina Faso : processus de la Révolution et Légendes et Histoire des Peuples Du Burkina Faso n’en font pas tellement cas. Un résumé succinct se trouve dans le livre d’Edouard Ouédraogo, Voyage de la Haute-Volta au Burkina. Le président Jean-Baptiste Ouédraogo se convainc. Edouard Ouédraogo a privilégié le dialogue. « En mai-août 1983, Jean-Baptiste Ouédraogo privilégia, lui, la négociation, son souci étant alors que les militaires voltaïques ne versent pas le sang d’autres voltaïques. Cette attitude d’homme de Dieu plutôt que d’homme d’État, profitera ô combien, à ses adversaires. »

L’une des mesures d’apaisement a été le remplacement de Yoryan Gabriel Somé à l’état-major de l’Armée par Tamini Yaoua Marcel. Yoryan était indexé comme étant le nœud de la crise.  Le 28 juin 1983 à l’occasion d’une conférence de presse Jean Baptiste Ouédraogo déclarait : « Je suis satisfait de pouvoir vous dire que tout est rentré dans l’ordre. L’unanimité s’est dégagé pour faire table rase de la crise que le pays venait de vivre. Lors de ces retrouvailles. Il a été question de fixer les modalités pratiques au nombre desquelles les dispositifs de combat qui avaient été déployés de part et d’autre soient levés ainsi que les armes brandies, rengainées. » Le commentaire à propos du ton rassurant de Jean Baptiste Ouédraogo d’Edouard était ceci : « Bien. Mais si Ouagadougou avait rengainé. Pô ne rengainera jamais. Tant et si bien qu’à mesure que les jours passaient, l’atmosphère d’incertitude et de péril qui s’était saisie du pays depuis le 17 mai 83 s’épaississait à couper au couteau. » La suite a été l’avènement du 4 Août 1983 avec le triomphe du camp de la gauche dans l’Armée et leurs alliés civils.

Merneptah Noufou Zougmoré

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“Tranches de vie, des luttes syndicales à mon engagement politique” un livre de Philippe Ouedraogo https://www.thomassankara.net/tranches-de-vie-luttes-syndicales-a-engagement-politique-livre-de-philippe-ouedraogo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tranches-de-vie-luttes-syndicales-a-engagement-politique-livre-de-philippe-ouedraogo https://www.thomassankara.net/tranches-de-vie-luttes-syndicales-a-engagement-politique-livre-de-philippe-ouedraogo/#respond Mon, 16 May 2022 10:10:06 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=246483 ISBN : 979-10-97328-20-7 Les éditions Mercury Ouagadougou Mai 2021, 699 pages Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture) « TRANCHES DE VIE», débute par l’évocation des parents de l’auteur, disparus respectivement en 1993 pour le père et en 2010 pour la mère. Puis il raconte son enfance au Niger sous la colonisation, dans les différentes villes […]

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ISBN : 979-10-97328-20-7

Les éditions Mercury Ouagadougou

Mai 2021, 699 pages


Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

« TRANCHES DE VIE», débute par l’évocation des parents de l’auteur, disparus respectivement en 1993 pour le père et en 2010 pour la mère. Puis il raconte son enfance au Niger sous la colonisation, dans les différentes villes où l’administration coloniale affectera son père directeur d’école. Son adolescence se déroulera pour l’essentiel au lycée de Niamey où il accomplit toutes ses études secondaires, au milieu de ses condisciples parmi lesquels il comptera beaucoup d’amis. Il est en classe de première en 1960, lorsque dans l’effervescence générale, le Niger sera proclamé indépendant.

L’ouvrage relate ensuite comment l’auteur poursuit ses études supérieures en France, dans les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs, à l’issue desquelles il sera admis à l’École Polytechnique, avant d’achever sa formation à l’École nationale supérieure des mines de Paris.

«TRANCHES DE VIE» décrit alors comment ces années d’études en France ont été pour l’auteur l’occasion de confirmer son engage-ment politique en faveur de la liberté, de la dignité et de l’unité des peuples africains. Au cours de ses dernières années d’études, il sera militant puis membre du Comité exécutif de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) et militant du Parti africain de l’indépendance de Haute-Volta (PAI). Rentré au pays en 1968, il confirmera son engagement syndical et politique, devenant l’un des responsables du Syndicat des techniciens et ouvriers voltaïques (STOV), de la Ligue patriotique pour le développement (LIPAD) et du PAI.

L’ouvrage rappelle comment, à ces différents titres, l’auteur participa de très près aux luttes sociales et politiques qui conduiront en 1983 à la victoire de la Révolution d’août dirigée par Thomas Sankara. Il figurera dans le premier gouvernement du Conseil national de la révolution (CNR) comme Ministre de l’équipement et des communications. De sérieuses divergences amèneront son parti, dès 1984, à prendre ses distances avec le CNR. Il assistera alors impuissant au développement des contradictions qui aboutiront le 15 octobre 1987 à l’assassinat de Thomas Sankara et à la fin du CNR.


Présentation de Philippe Ouedraogo

Philippe Ouedraogo a vécu d’abord au Niger où il a étudié jusqu’au baccalauréat. Puis il put faire de brillantes études en France. D’abord en classe préparatoire à Besançon, puis au prestigieux lycée Louis Le Grand à Paris. Il fut reçu au concours d’entré à  l’École

De gauche à droite, Arba Diallo, Thomas Sankara, Philippe Ouedraogo
De gauche à droite, Arba Diallo, Thomas Sankara, Philippe Ouedraogo

polytechnique puis à l’école nationale des Mines de Paris pour faire son application, deux des meilleures écoles d’ingénieurs de France. Il commence alors à militer à la FEANF (Fédération des étudiants d’Afrique Noire en France) dans laquelle se sont formés de nombreux futurs dirigeants politiques de la gauche en Afrique.

Choisi comme secrétaire puis Vice Président aux relations extérieures il a voyagé dans de nombreux pays, Tchécoslovaquie, Union Soviétique, Mongolie, Chine dans le cadre de ses responsabilités à la FEANF.  Il intégra le PAI (parti africain de l’indépendance) et connut les prémices des différentes scissions qui vont traverser les rangs des Voltaïques se réclamant du marxisme. Il vécut les évènements de mai 1968 en France avant de rentrer en Haute-Volta en aout 1968 où il intégra la fonction publique à des postes de responsabilités débutant sa carrière comme directeur de la géologie et des mines.

Parallèlement à son travail, il milite au STOV (syndicat des techniciens et ouvriers voltaïques) dès son retour et en rejoint la direction. Il milite aussi activement au PAI dont il intègre le comité directeur en 1975, et à la LIPAD, une organisation anti-impérialiste créée à l’initiative du PAI en 1973 dont il deviendra le secrétaire général. Contrairement au PAI qui reste clandestin, la LIPAD est une organisation autorisée et légale qui organise des conférences et des journées anti-impérialistes. Ces deux organisations vont jouer un rôle important pour la diffusion des idées révolutionnaires et la préparation de la Révolution. A tel point qu’à la veille du 4 août 1983, elle est devenue l’organisation révolutionnaire la plus puissante et très bien impliquée dans les syndicats, et notamment la CSV (Confédération syndicale voltaïque), dirigée par Touré Soumane, très populaire à l’époque pour le grèves menées contre le CMRPN.

Au lendemain de la Révolution, il devient ministre de l’Équipement et des Télécommunications, poste qu’il a occupé pendant environ un an jusqu’à la rupture du PAI avec les dirigeants du CNR. De nombreux militants du PAI furent alors arrêtés comme Adama Touré, Arba Diallo et Touré Soumane. Philippe Ouedraogo fut nommé chef de chantier de la cité An II puis à partir de janvier 1985 affecté à l’Autorité intégré du Liptako-Gourma (ALG) comme ingénieur des mines.

Le PAI fut beaucoup attaqué durant la Révolution et s’est trouvé affaibli après l’assassinat de Thomas Sankara. Philippe Ouedraogo en prit la direction. Une période difficile humainement et politiquement puisque le parti se déchira. Touré Soumane organisa une scission et il fallut une procédure judiciaires de près de 10 ans pour que Philippe Ouedraogo et ses camarades puissent récupérer le nom du parti. Ils décidèrent de créer le PDS en 2011 en attendant de récupérer le sigle.

Quand il a retrouvé officiellement son sigle en 2011, le parti a donc voulu officialiser la fusion PAI-PDS. Mais deux autres partis voulaient aussi fusionner avec lui. Cela a donné le PDS/METBA en 2012. Mais en 2015, les deux partis qui avaient fusionné ont quitté le PDS/Metba, qui en 2018 a repris le nom de PDS que la majorité des congressistes préférait garder.

Le parti vécut ensuite plusieurs alliances avec d’autres partis de gauche puis se transforma en PDS (Parti pour la démocratie et le socialisme) puis PDS/METBA en s’alliant avec un autre parti.

Philippe Ouedraogo fut député de 2002 à 2007. Il est toujours resté très proche d’Arba Diallo, qui fut lui aussi députés du PDS, jusqu’ au décès de ce dernier intervenu le 1er octobre 2014. On pourra pour en savoir plus se reporter à l’interview de Philippe qui revient sur n itinéraire et l’histoire du PAI et du PDS à http://www.thomassankara.net/pai-parti-africain-de-lindependance-periode-revolutionnaire-revelations-de-lancien-ministre-philippe-ouedraogo/


Nos commentaires

La première fois que j’ai rencontré Philippe Ouedraogo, c’était dans la clandestinité durant la Révolution. A l’époque, les militants du PAI étaient pourchassés après la rupture intervenue avec la CNR en août 1984. Je l’ai rencontré très régulièrement jusqu’à aujourd’hui, notamment lorsque j’ai commencé à rédiger mes ouvrages sur Thomas Sankara et la Révolution. Nous discutions presque exclusivement de politique. Calme et mesuré, sauf peut-être lors de cette première rencontre qui a eu lieu dans des conditions difficiles, il développait toujours des analyses posées et bien structurées. Sans doute des qualités issues de ses études à l’école Polytechnique dont l’un des premiers objectifs est justement de former des cerveaux bien remplis, efficaces et bien structurés.

En lisant cet ouvrage j’y ai retrouvé ces qualités. Regrettant qu’il ne parle pas beaucoup de lui, de ce qu’il ressent, par pudeur sans doute. Cela donne un ouvrage rigoureux dans lequel il s’est efforcé de rassembler ses souvenirs dans leur ensemble. Ainsi s’étend-il très longuement sur son enfance au Niger, sans pour autant trop nous faire partager ce qu’il ressentait. Il est vrai qu’il a vécu une enfance plutôt bien protégée et entourée. Mais on a l’impression qu’il a voulu absolument citer tous les gens et mais qu’il a croisés, un peu comme un inventaire. En réalité nous a-t-il confié, il s’agissait pour lui de rendre hommage à tous les gens qu’il a croisés et à faire connaitre à la jeune génération les nombreux oncles et tantes qu’ils n’ont pas connu.

– J’ai voulu rappeler les conditions qui prévalaient à l’époque de mon enfance et comment le petit garçon que j’étais les percevait : cela à l’intention de beaucoup de gens (tous les moins de 60 ans certainement) qui ne peuvent peut-être les concevoir aujourd’hui ;

– J’ai voulu marquer ma reconnaissance à beaucoup de camarades et d’amis que j’ai côtoyés au lycée en les évoquant nommément, de manière que chacun d’eux se reconnaisse ;

C’est peut-être un reproche que l’on pourrait faire à l’éditeur M. Thierry Millogo, dont il faut ici pourtant saluer le travail. Engagé dans la valorisation du livre, jusqu’ici libraire il s’est lancé dans l’édition, en respectant les auteurs qui ne sont pas obligés, alors que c’est presque toujours le cas chez les autres éditeurs au Burkina, d’avancer de l’argent pour être édité. L’éditeur aurait peut-être pu conseiller à l’auteur un style plus littéraire pour une biographie.

En lisant cet ouvrage extrêmement riche, on ne peut s’empêcher de lier le style aux fonctions qu’a exercé Philippe Ouedraogo qui a probablement toute sa vie écrit soit des rapports professionnels en sa qualité d’ingénieur soit des rapports politiques. Philippe Ouedraogo raconte donc ici avec force détails une bonne partie de sa vie mais ne se livre finalement pas beaucoup. Il décrit sa vie et ses amis mais n’est guère prolixe sur ce qu’il ressent. On aurait aimé par exemple quelques réflexions sur la période coloniale. Et ses impressions enfantines même s’il a vécu dans un milieu protégé. Sans doute y a t-il une forme de pudeur, mais aussi de la modestie.

Il faut attendre la page 258, pour rompre avec cette première partie. Il raconte alors la grève mené par les élèves pour demander le renvoi d’un proviseur nouvellement nommé pour des comportements et des réflexions révoltantes : “il aurait dit à tel ou tel élève, que la France dépensait son argent à nous prendre en charge et à nous nourrir alors que nous n’en étions ni conscients ni reconnaissants“. Le livre devient à partir de là plus vivant. Cette grève et la répression qui s’ensuivit donne l’occasion de découvrir un peu mieux quelques réalités de l’époque. L’auteur se livre un peu plus et raconte son début “d’activiste social”.

Brillant élève, Philippe Ouedraogo nous racontera alors son séjour en France, à Besançon où il commence à militer à la FEANF, puis ses deux années passées au lycée Louis Le Grand à Paris au bout duquel il fut reçu à l’École Polytechnique, puis l’École des mines de Paris. Après l’intermède de la grève il reprend son style distant et raconte sa vie dans ces deux prestigieuses écoles, présentant ses amis, donnant la liste de ses professeurs.

On entre ensuite dans la partie, à mon sens, la plus intéressante de l’ouvrage, lorsqu’il rentre au Burkina Faso. Il délaisse quasiment toute sa carrière professionnelle se contentant d’évoquer les différentes tâches et responsabilités qui lui furent confiés. Il se consacre presque exclusivement à sa vie politique et son militantisme au sein du PAI, qu’on lui présente comme “le parti communiste de notre pays” lorsqu’il est approché pour l’intégrer. Il est coopté au comité directeur en 1975. Il se livre alors à un certain nombre de révélations sur ce parti, son fonctionnement dans la clandestinité, ses orientations, son activité, les problèmes internes qui n’ont pas manqué tout au long de son existence. Cela nous vaut aussi un portrait d’Amirou Thombiano, le premier dirigeant du PAI “dont tous les étudiants voltaïques en France évoquaient le nom avec beaucoup de respect“.

Sa nomination comme Haut-Commissaire du Plan en 1973 donne lieu à plusieurs pages où il semble se livrer. Non seulement on découvre l’intérêt qu’il a pour son travail, mais surtout il accepte cette mission, après avoir longtemps résisté puis posé certaines conditions comme celle d’être conseiller du ministre et de ne pas participer au conseil des ministres. Ses camarades s’y opposent. Ce qui donne lieu à une séance d’explications à l’issu de laquelle il leur donne finalement raison. Mais ils ne décident alors aucune sanction ce qui montre une certaine tolérance dans ce parti, qui n’était pas très répandue à l’époque. Ils mettent d’accord finalement pour qu’ils démissionnent à la première occasion, ce qu’il fera quelques mois plus tard.

Il ne consacre que quelques pages à la LIPAD (Ligue Patriotique pour le développement), créée à l’initiative du PAI qui sollicita sa légalisation et put dont développer ses activités publiques, notamment des conférences et l’organisation de journées anti-impérialistes dont il donne quelques exemples. Les militants du PAI clandestins, pouvaient donc apparaitre publiquement comme militant de la LIPAD. Et l’auteur écrit : “dans le quasi-désert intellectuel qui prévalait à cette époque pour la discussion des questions politiques économiques et sociales”, la LIPAD créée en 1973 afin de “diffuser les idées anti-impérialistes dans les milieux les plus larges à commencer par ceux des travailleurs et des organisations“.  La LIPAD avait créé un journal Le Patriote. “Nous avons publié” de 1977 à 1988, au total 23 numéros, la parution étant interrompue durant la période de la révolution (1987 – 1983″ écrit l’auteur.

Ces deux organisations ont bien sûr joué un rôle de tout premier plan dans la formation politique des futurs révolutionnaires, la diffusion des idées marxistes, notamment parmi les étudiants, les intellectuels et les syndicalistes. L’ULC (Union des luttes communistes) dirigés par Basile Guissou et Valère Somé, reconstitué peu avant la Révolution en ULCR (Union des Luttes communistes reconstruites) et le PCRV qui existent toujours et exercices une forte influence sur le mouvement syndicale et la société civile, sont issues de scissions du PAI.

La jeunesse du Burkina dont le rôle a toujours été important pendant la Révolution mais aussi au moment de l’insurrection de 2014, connait peu l’histoire du PAI et le la LIPAD. En s’opposant au CNR en 1984, pour des orientations et surtout une gestion peu démocratique de la direction, ce qui entraina la rupture, elle subit par la suite non seulement la répression de la Révolution mais aussi un dénigrement systématique de la part des CDR, dont on a exclu ses militants pourtant parmi les premiers à les créer.

Des pages à 437 à 538, l’auteur nous livre une analyse commentée de l’histoire de la du Burkina de 1978 à la Révolution, intéressante et rigoureuse, évoquant certes les luttes menées avec ses camarades, la répression qu’ils ont subie mais avec une certaine modestie, livrant encore des informations inédites. Par exemple Philippe Ouedraogo et Adama Touré rencontrent Thomas Sankara à sa sortie de prison et ce dernier apparait marqué par sa détention. Il semble déçu et envisage même de se mettre en retrait quelque temps. Mais ils finissent selon Philippe Ouedraogo par le convaincre de reprendre le combat.

La préparation du 4 août donne l’occasion de plusieurs nouvelles révélations. L’auteur relate quelques rencontres avec Thomas Sankara, et le rôle précis assignés au PAI dans la nuit du 4 août révélant qu’on leur avait demandé d’envoyer une douzaine de jeunes accueillir les commandes de Pour les guider dans la ville par exemple.

Le livre se termine par les chapitres 18 et 19 dans lequel Philippe Ouedraogo traite de la période révolutionnaire. Parallèlement aux réalisations de la Révolution auxquels le PAI a contribué avec ses 5 ministres, il relate les différents épisodes qui vont amener à la rupture avec le CNR puis son arrestation et celles de plusieurs de ses camarades : la manœuvres de l’ULCR, les dénigrements de certains CDR, les critiques posées par le PAI, essentiellement la prépondérance des militaires au du CNR et une certains improvisation dans le lancement des projets, etc… Mais il ne cache pas non plus les problèmes que leur a posé Touré Soumane, dirigeant syndical mais aussi membre du la direction du PAI et ses déclarations provocatrices contre le CNR, sans en référer au parti.

Philippe Ouedraogo termine l’ouvrage par la fin de la Révolution et l’assassinat de Thomas Sankara et ses compagnons, et relate une rencontre avec Blaise Compaoré. IL écrit : “Dénoncé, démythifié dénigré, vilipendé de toutes parts, depuis mai 1984, avec le concours massif des mass-médias officiels ou priés qui se comportaient en caisses de résonance du pouvoir et de milieux réactionnaires petit-bourgeois saurait-il garder son intégrité et sa cohésion? (p. 675)”. Il ne répondra pas à question terminant son livre sur une interrogation quant à l’avenir du parti. Ce fut une période difficile pour ce parti qui a pourtant jouer un rôle fondamental pour l’accession de la Révolution.

Sans toute était-ce douloureux de revenir sur cette période. Nous avons évoqué plus haut en introduction les conflits internes, avec Touré Soumane.

Mais ce parti, lorsqu’il a pu reprendre le sigle à sa compte a poursuivi son activité politique en tant que PDS (voir plus haut, puis PDS Metba après une fusion avec un autre parti. Avec Adama Touré, des divergences sont nées après la fin de la Révolution. Elles n’étaient pas vraiment d’ordre politique mais portaient sur la gestion du lycée de la jeunesse créé par Adama Touré qui avait été conçu au départ au sein du PAI pour en partie financer le parti.

Arba Diallo décédé peu de temps avant l’insurrection était devenu un des leaders les plus populaires de l’opposition au régime de Blaise Compaoré. Très apprécié comme maire de la ville de Dori dans le nord du pays, il était arrivé deuxième aux élections présidentielles de 2010, avec plus de 8% des voix. C’est dire combien le PAI a influencé la vie politique du Burkina.

Philippe Ouedraogo nous livre ici sa contribution à l’histoire de son pays. On retiendra surtout les révélations sur l’histoire du PAI, son fonctionnement et sa contribution à la Révolution sur lequel il revient longuement. I explique en particulier longuement les divergences amenant la crise qui a amené la rupture avec le CNR. Cet ouvrage vient compléter l’ouvrage d’Adama Touré, une vie de militant (voir à http://www.thomassankara.net/une-vie-de-militant-un-livre-de-adama-abdoulaye-toure). Touré Soumane n’a pas écrit d’ouvrages mais il a donné aussi sa version dans une longue interview sur la page facebook https://www.facebook.com/ArchivesDuBurkinaFaso/.

Bruno Jaffré

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Présentation du livre “Thomas Sankara A Revolutionary in Cold War Africa” de Brian J. Peterson https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-a-revolutionary-in-cold-war-africa-livre-de-brian-j-peterson/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-sankara-a-revolutionary-in-cold-war-africa-livre-de-brian-j-peterson https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-a-revolutionary-in-cold-war-africa-livre-de-brian-j-peterson/#respond Fri, 07 May 2021 17:06:36 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=245310 Publisher : Indiana University Press (March 2, 2021) Language : English Paperback : 350 pages ISBN-10 : 0253053765 ISBN-13 : 978-0253053763   Présentation de l’ouvrage (éditeur) Thomas Sankara: A Revolutionary in Cold War Africa propose la première biographie complète en anglais du dynamique leader révolutionnaire du Burkina Faso, Thomas Sankara. Arrivé au pouvoir en 1983, […]

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  • Publisher : Indiana University Press (March 2, 2021)
  • Language : English
  • Paperback : 350 pages
  • ISBN-10 : 0253053765
  • ISBN-13 : 978-0253053763
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    Présentation de l’ouvrage (éditeur)

    Thomas Sankara: A Revolutionary in Cold War Africa propose la première biographie complète en anglais du dynamique leader révolutionnaire du Burkina Faso, Thomas Sankara. Arrivé au pouvoir en 1983, Sankara s’est fixé comme objectif de lutter contre l’injustice sociale, la pauvreté et la corruption dans son pays, luttant pour les droits des femmes, les formes directes de démocratie, la souveraineté économique et la justice environnementale.

    S’appuyant sur des sources d’archives gouvernementales et plus d’une centaine d’entretiens avec les membres de la famille, les amis et les plus proches collègues révolutionnaires de Sankara, Brian J. Peterson détaille la carrière politique de Sankara et son accession au pouvoir, ainsi que son assassinat à 37 ans en 1987, dans un complot mené par son ami proche Blaise Compaoré.

    Thomas Sankara: A Revolutionary in Cold War Africa offre une évaluation critique unique de Sankara et explore pourquoi il a suscité un tel enthousiasme et un tel espoir au Burkina Faso et au-delà, pourquoi il était une figure si polarisante, comment ses rivaux lui ont pris le pouvoir et pourquoi des t-shirts arborant son image apparaissent encore dans les rues aujourd’hui.


    Brian Peterson

    Présentation de Brian J. Peterson

    Brian J. Peterson est professeur agrégé d’histoire et directeur du programme d’études africaines à l’Union College. Il est l’auteur de Islamization from below: The Making of Muslim Communities in Rural French Sudan, 1880–1960.


    Nos commentaires

    Les livres sur Thomas Sankara et la révolution burkinabè sont nombreux aujourd’hui, mais encore rares en anglais. Citons le livre collectif coordonnée par Amber Murrey A certain Amount of Madness The life, Politics and Legacies of Thomas Sankara, publié en 2018 et le petit opuscule synthétique d’Ernest Harsh, Thomas Sankara an african révolutionnary, publié en 2014. Le recueil de discours des éditions Pathfinder, très largement diffusé, Thomas Sankara speaks, dont la première édition, assez ancienne n’a pas vraiment été mise à jour, si ce n’est la présentation. Cette nouvelle publication est donc à saluer

    En français, de nombreux ouvrages continuent à être édités y compris au Burkina Faso, notamment des témoignages. La période précédente se caractérisait plutôt par un travail de reconstitution d’une expérience politique majeure dont le régime de Blaise Compaoré s’était efforcé de faire oublier ou de noircir. Les livres sortis avant l’insurrection de 2014 se situaient souvent dans la volonté affirmée de restituer une vérité qu’on avait voulu falsifier.

    Mais de nombreux discours retrouvés récemment ont été depuis rendus publics notamment et publiés dans le recueil la Liberté contre le destin publié en 2017. D’autres discours ou interviews sont encore depuis régulièrement exhumés, et continuent à être publiés sur le site thomassankara.net dans les rubriques consacrées aux discours et aux interviews de Thomas Sankara déjà bien fournies.

    L’apport essentiel des archives américaines

    Les archives étaient restées longtemps inaccessibles. Cette période est désormais terminée, avec l’ouverture de celles du Burkina, celles qui n’ont pas été détruites, de France, et des États-Unis. A ce jour, à notre connaissance, nous ne connaissons pas d’auteur ayant évoqué des archives d’autres pays.

    L’apport essentiel de l’ouvrage de Brian J. Peterson consiste en l’utilisation des archives de ce dernier pays, le sien. Il en a pu obtenir de nombreux documents.

    Par ailleurs il s’agit là du premier livre écrit par un historien, à notre connaissance, consacré à Thomas Sankara et à la Révolution burkinabè, un ouvrage solide largement documenté avec de nombreuses références. Il est grand temps en effet que les historiens s’approprient ce sujet d’autant plus que l’éventail des sources s’élargit.

    L’auteur Brian J. Peterson a réalisé une centaine d’entretiens pour préparer ce livre, des nombreux membres de la famille, des amis et quelques proches collaborateurs lorsqu’il était président. Car il est allé enquêter trois fois durant un mois au Burkina. Un travail considérable qu’il faut souligner. Trop d’auteurs se contentent d’écrire et de commenter Révolution, à partir d’autres écrits.

    Dans son introduction, il affiche son ambition d’aborder un point de vue critique et regrette avec juste raison que l’on évoque Thomas Sankara de façon désordonnée. Quelques citations, écrit-il, sont régulièrement reprises sans aucune contextualisation.

    Des apports sur la jeunesse de Thomas Sankara

    Les deux premiers chapitres révèlent les itinéraires de ses parents. Ils reprennent ensuite la plupart des anecdotes déjà connues sur l’enfance de Thomas Sankara. Mais il dépasse le simple récit en en tirant deux réflexions particulièrement pertinentes.

    D’une part son rapport plutôt œcuménique aux religions dont il a une connaissance diversifiée. Sa mère était catholique, mais son père né dans une famille musulmane a été converti à la religion catholique à l’âge adulte. Le jeune Thomas est ainsi largement initié à la religion musulmane de par le fait que le reste de la famille est musulman.

    D’autre part l’auteur souligne son rapport assez distant à son identité ethnique. Son père portait un nom Mossi avant de reprendre lorsque son fils était au lycée, le nom de Sankara de l’ethnie Silmi mossi. Une ethnie qui résulte d’une rencontre entre les peuhls et les mossis. Son père étant devenu infirmier gendarme, la famille voyage beaucoup à travers le pays au gré des différentes affectations. La famille fréquente donc celles d’autres fonctionnaires d’ethnies différentes.

    C’est de là que résulte sans doute le peu de cas qu’il accorde à l’appartenance religieuse ou ethnique.

    L’auteur ajoute quelques précisions peu connues sur des études secondaires du jeune Thomas, le choix de son orientation, son niveau scolaire et son séjour au PMK (prytanée militaire du Kadiogo).

    Il passe vite sur son séjour à Madagascar, largement traité dans une précédente biographie mais en notant l’essentiel. La participation de l’armée à une révolution dont il est témoin, et à l’encadrement des agriculteurs. Ainsi prolonge-t-il son séjour pour expérimenter l’implication des bérets verts de l’armée malgache comme brigade militaire de sensibilisation au développement dans les campagnes.

    L’apport des entretiens réalisés par l’auteur.

    Outres les archives américaines, les ouvrages déjà publiés, l’auteur utilise de nombreux témoignages qui complètent les sources disponibles jusqu’ici. On notera ceux de Jean Pascal Ouedraogo, Fidel Toé, et Paul Yaméogo amis d’enfance ou rencontré lors des études. Ceux de Serge Théophile Balima, et d’Alfred Sawadodo tous deux conseillers à la présidence. Ils apportent des réflexions intéressantes, assez critiques de la part du premier sur un certain nombre de décisions prises par Thomas Sankara, comme la suppression des loyers durant un an. Valère Somé, se définissant comme un idéologue, proche du Président durant la dernière période, est mis à contribution beaucoup sur la pensée politique du leader de la Révolution. Il ouvre le débat sur une éventuelle influence de Franz Fanon et Amilcar Cabral sur la pensée politique de Thomas Sankara. Thomas Sankara n’a lui-même jamais cité ces deux penseurs. Mais Thomas Sankara évoque plusieurs fois dans des discours le nécessaire suicide de la petite bourgeoisie. Or Valère Somé dans son blog publié un texte d’Amilcar Cabral intitulé « sur la petite bourgeoisie »  voir à https://valere-some.blog4ever.com/amilcar-cabral-sur-la-petite-bourgeoisie où il écrit : « pour remplir parfaitement le rôle qui lui revient dans la lutte de libération nationale, la petite bourgeoisie révolutionnaire doit être capable de se suicider comme classe, pour ressusciter comme travailleur révolutionnaire, entièrement identifiée avec les aspirations les plus profondes du peuple auquel elle appartient ».

    Citons enfin, Abdul Salam Kaboré qui fut aux côtés de Thomas Sankara assez tôt notamment lors de la création du ROC (nombreux sont ceux qui affirment que ce serait le sigle de Rassemblement des officiers communistes, alors qu’Abdul Salam réfute cette affirmation)  et d’Etienne Zongo aide de camp, souvent cité notamment dans le récit des évènements lors de la préparation du complot. Quant aux entretiens avec Touré Soumane, leader syndical et de Philippe Ouedraogo, tous deux membres du PAI (Parti africain de l’indépendance), ils complètent les critiques des collaborateurs de la présidence, par d’autres plus politiques, puisque ce parti, très important à l’époque, a collaboré un an avec le pouvoir avant d’entrer dans l’opposition et de subir la répression.

    On ne reviendra pas ici sur l’exposé des problèmes politiques, des conflits entre organisations, de la gestion du pouvoir. Ils étaient déjà plus ou moins connus. Signalons tout de même l’intérêt de l’ouvrage, d’apporter des précisions, des compléments, à l’aide de nombreuses références à tout ce qui a été déjà écrit sur le sujet. Ce n’est d’ailleurs pas le point fort des chancelleries occidentales de s’y attarder voir d’y comprendre quelque chose. Mais les archives vont par contre se révéler, bien fournies, au fur et à mesure que l’hostilité envers le Burkina se précise. L’auteur apportera de ce point de vue, plus avant dans le livre, de nombreux éléments et éclaircissements.

    L’intérêt des archives américaines

    Les archives américaines, citées tout le long de la fin du livre, révèlent des évènements ou des analyses que l’on ne retrouve pas dans les archives françaises. Mais aussi et surtout les opinions et parfois les actions des Américains comme des Français. Il s’agit essentiellement de « câbles », l’équivalent des télégrammes diplomatiques français. Les documents de la CIA sont rarement cités. Selon l’auteur, l’agence américaine faisait à l’époque profil bas après quelques scandales retentissant qui avaient défrayé la presse américaine. Et d’autre part, la CIA ne disposait que d’un bureau à Niamey. On peut cependant penser que certains de ses membres se trouvaient pourtant à Ouagadougou, au sein du personnel de l’ambassade.

    Le titre de l’ouvrage fait référence à l’époque de la guerre froide. Effectivement les ambassades françaises et américaines scrutent les rapprochements du Burkina avec l’URSS ou Cuba. La première va décevoir Thomas Sankara qui jugera son aide décevante. Tandis que les dirigeants du deuxième signèrent effectivement un ambitieux programme de coopération qu’ils ne purent guère honorer du fait des difficultés économiques et de l’important engagement militaires sur la ligne de front face l’Afrique du sud.

    On apprend ainsi que les déclarations marxisantes des dirigeants n’inquiètent guère les chancelleries occidentales du moment que le Burkina ne s’aligne pas plus que ça sur l’Union soviétique. Par contre, en cette période de conflit latent des pays occidentaux avec la Libye, le rapport entre Thomas Sankara et le colonel Kadhafi est scruté avec la plus grande attention. A ce propos l’auteur apporte de nombreux éléments démontrant le non alignement de Thomas Sankara sur la politique libyenne.

    L’ouvrage accorde une attention particulière aux négociations avec le FMI. Thomas Sankara semble plutôt y être de prime abord favorable. A l’époque, la France de François Mitterrand avait d’ailleurs décidé de ne plus s’engager dans une aide bilatérale tant que les pays ne signaient pas d’accord avec le FMI. Quoiqu’il en soit, l’opposition de Thomas Sankara à la signature d’un accord se fait de plus en plus vive, alors que l’ouvrage révèle que des désaccords sont survenus à l’époque au sein du CNR. Et que même certains de ses membres auraient engagé des démarches, de leur propre initiative pour que les négociations reprennent. Et l’on voit Thomas Sankara s’arc-bouter, une constante que ce soit vis-à-vis des Américains ou des Français dès qu’il se trouve devant une pression politique qui conditionne le déclenchement de l’aide à un changement de politique. Ce qu’ont décidé les américains qui étaient pressentis pour former des forestiers et qui retirèrent ce projet en l’absence d’accord avec le FMI.

    La guerre du Mali une véritable entreprise de déstabilisation

     Mais ce qui a le plus attiré notre attention, c’est ce qu’apportent les archives des États-Unis sur la guerre dite de Noël entre le Burkina et le Mali. En décembre 1985, ces deux pays s’affrontent militairement, pour une bande de terre revendiquée par les deux pays.

    Sankara avait reçu un accueil chaleureux de la jeunesse malienne en octobre 84. C’est lors de ce séjour qu’il emmena avec lui Moussa Diawara, administrateur de la CEAO, pour le juger pour détournement de fonds à Ouagadougou. Moussa N’Gom et Moussa Diakité, tous les deux aussi administrateurs furent aussi arrêtés pour être jugés. L’auteur date de ce voyage l’hostilité du Mali contre le Burkina et Sankara en particulier.

    Une longue et intéressante partie particulièrement fournie en références de câbles américains, démontre que la guerre Mali – Burkina, résulte d’actions conjointes de la France, de la Côte d’Ivoire et du Mali. A l’époque les relations avec la France commencent à s’envenimer du fait des multiples déclarations contre l’impérialisme français et Basile Guissou le ministre des affaires étrangères burkinabè avait refusé de recevoir le président de la caisse centrale de coopération. Le livre révèle que certains diplomates parient alors sur un coup d’État pour renverser Sankara.

    En parallèle, en Côte d’Ivoire Jean Claude Kamboulé et Michel Kafando, le même qui assura la présidence de la Transition en 2014, s’activent pour déstabiliser le Burkina. On apprend via un câble américain la participation de Michel Kafando à une réunion d’une international anti-communiste WACL (World anti-communist League).

    Et au mois de juin, un câble de l’ambassadeur américain rend compte d’une discussion avec l’ambassadeur algérien où il explique que quelque chose de sinistre se prépare entre les français et le Mali. Un scénario infernal se met en place qui ira jusqu’à la guerre, sans que les nombreux efforts de Sankara pour montrer sa bonne foi ne soient écoutés, alors que le Mali l’accuse d’avoir envoyé ses troupes pénétrer au Mali. Neher écrit : « il est difficile de penser que les autorités maliennes ne savent pas que les rumeurs qui circulent ne sont pas vraies ». Et un câble de la CIA explique que « la guerre est née de l’espoir de Bamako que le conflit déclencherait un coup d’État au Burkina ».

    Une succession d’évènements qui vont isoler le Burkina

    Entrecoupés de chapitres où l’auteur évoque la lutte pour la défense de l’environnement et pour la libération de la femme, le livre évoque les différentes tensions contre le Burkina et son Président. Une succession d’évènements qui vont petit à petit isoler le Burkina en dehors de ses alliés privilégiés, et, de façon indirecte, créée les conditions pour qu’un changement de direction du pays paraisse inéluctable sans entrainer trop de protestations.

    La droite française gagne les élections en mars 1986. Jacques Foccart revient aux affaires aux affaires au côté du premier ministre Jacques Chirac. L’auteur en profite pour citer les conseillers de Thomas Sankara considérés comme proches des réseaux Foccart, et les Burkinabè qu’il qualifie de « pro business figures ».

    Les États-Unis bombardent la Libye le 15 avril entrainant des protestations de Thomas Sankara, qui affirme sa réprobation et déclare envisager d’expulser les peace corps (corps de la paix américain).

    Une tentative de putsch au Togo, à partir du Ghana, dont Blaise Compaoré serait l’organisateur, échoue en septembre 1986. Un câble américain, en provenance de Paris, affirme que l’opinion répandue fait état de Burkinabè impliqués dans ce coup qui selon l’auteur font apparaitre le Burkina comme un agent déstabilisateur.

    Deux mois après, Mitterrand vient visiter le Burkina de retour du sommet françafricain de Lomé toujours boycotté par le Burkina, alors que Thomas Sankara a préféré se rendre à Cuba et au Nicaragua. Mitterrand est accueilli à Ouagadougou par des manifestations anti impérialistes et hostiles à Pick Botha, le dirigeant sud-africain accueilli peu de temps avant en France. C’est lors de ce séjour que se déroule la fameuse joute verbale entre les deux présidents durant laquelle Sankara accuse Mitterrand d’avoir tâché la France du sang des Africains. Une attaque verbale critiquée lors d’entretiens avec l’auteur par deux proches conseillers de Thomas Sankara.

    Décembre 1986, le Burkina s’engage pour l’indépendance de la Nouvelle Calédonie. On apprend que des Kanaks se seraient entrainés en Libye. La France pourrait accepter la rhétorique révolutionnaire mais pas que le Burkina vote pour l’indépendance de la Nouvelle Calédonie à l’ONU.

    S’ensuit une analyse de la situation au Liberia et les préparations de la guerre que souhaite engager Charles Taylor pour chasser Samuel Doe, qui avait assassiné le président précédent William Tolbert, un ami d’Houphouët Boigny qui poursuit le même objectif. Se basant sur les archives, il affirme la présence de Charles Taylor à Ouagadougou en janvier 1987. Un câble américain confirme l’alliance de Blaise Compaoré avec Charles Taylor et Kadhafi.

    Le discours de Thomas Sankara à l’OUA en juillet 1987 où il appelle ses pairs à refuser avec lui de payer la dette termine cette longue succession d’évènements qui ont concouru à isoler le Burkina sur la scène internationale alors que la rupture semble consommée en septembre entre Thomas Sankara et le colonel Kadhafi.

    L’exécution du complot

    L’auteur ne manque bien sûr d’énumérer les différents conflits politiques internes, le retour des revendications des syndicats, et les différents motifs de mécontentement du fait d’obligations diverses ou de mesures jugées impopulaires ou un rythme de travail jugé trop élevé qui ont alimenter une opposition interne.

    La situation est mure pour organiser un coup d’État. Les différents évènements qui vont se succéder ont déjà été racontés dans d’autres ouvrages, mais ce récit est ici complété par les archives américaines. On découvre ainsi que les diplomates américains ont pu faire un inventaire détaillé des pro et anti Sankara au sein de l’armée. Et que les américains peuvent compter sur leurs officiers ayant participé au programme International Military Education and Training (programme militaire de formation et d’entrainement).

    Pour l’auteur les américains et les Français ne sont pas directement impliqués dans le complot si ce n’est par le renseignement. Mais différents éléments ont largement contribué à donner de Sankara une image négative auprès des américains.

    Reste qu’Herman Cohen sous-secrétaire d’État aux affaires africaines visitera Houphouët-Boigny puis Blaise Compaoré en avril 1987 et en a fait un récit ambiguë sur ces rencontres. On apprend que des membres du CNR et des officiers sont venus avant l’assassinat prévenir l’ambassade US avec des renseignements selon lesquels Compaoré était plus pragmatique en économie et en général politiquement plus modéré. Et il ajoute que Sankara s’était rendu injoignable par le corps diplomatique, ce que les américains ont considéré comme une erreur fatale.

    Le livre se termine par le récit du coup d’État, les réactions à Ouagadougou et dans le monde. On regrettera que la conclusion du livre ne soit pas revenu sur ce qu’annonce le titre de l’ouvrage, à savoir la difficulté de mener une révolution dans un contexte de guerre froide.

    Saluons donc ici ce nouvel ouvrage, dense, solide, bien documenté, fruit d’un important travail de recherche sur Thomas Sankara et la Révolution. Il apporte des précisions sur ce qui a été écrit dans les précédents essais biographiques grâce à de nombreux nouveaux entretiens.. Mais l’impossibilité jusqu’ici d’avoir accès aux lettres et carnets personnels de Thomas Sankara rend l’exercice encore difficile.

    Cependant cet ouvrage, le premier écrit par un véritable historien de formation et de profession constitue un enrichissement important de ce que nous savions jusqu’ici sur Thomas Sankara et la Révolution, grâce à l’accès qu’il a pu avoir aux archives américaines.

    Brian J. Peterson affiche sa volonté de sortir du dilemme où se trouvaient la plupart des auteurs d’ouvrages sur le sujet jusqu’ici. Soit défendre la Révolution et son président après une période où l’on a tenté de détruire la mémoire et l’œuvre accompli, soit au contraire en faire le procès. Il nous offre cette fois un livre un peu plus équilibré grâce à la rigueur de l’historien.

    Bruno Jaffré


     Table des matières

     

    Remerciements

    Liste des abréviations

    introduction

    1.Le passage à l’âge adulte à l’ombre du colonialisme, 1949-1966

    2. L’éducation d’un révolutionnaire, 1966-1973

    3. Une étoile montante: les soldats et la gauche politique, 1973-1982

    4. De prisonnier politique à Premier ministre populiste, 1982-1983

    5. La “Révolution du 4 août” et le président du peuple

    6. «Cet homme qui déstabilise»: face à l’ordre néocolonial, 1983-1984

    7. La lutte pour l’unité, 1983-1984

    8. «Oser inventer l’avenir»: la construction d’une nation et la promesse d’un changement révolutionnaire, 1984-85

    9. La politique est la guerre et la guerre est la politique: Sankara dans l’arène internationale, 1984-1985

    10. Droits et périls révolutionnaires, 1986-1987

    11. Pas de retour en arrière: la route vers le 15 octobre 1987

    Conclusion

    Bibliographie sélectionnée

    Index

     

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    Révolution et sorcellerie, une ethnologue au Burkina Faso, un livre d’Armelle Faure. https://www.thomassankara.net/revolution-et-sorcellerie-une-ethnologue-au-burkina-faso-un-livre-de-armelle-faure/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=revolution-et-sorcellerie-une-ethnologue-au-burkina-faso-un-livre-de-armelle-faure https://www.thomassankara.net/revolution-et-sorcellerie-une-ethnologue-au-burkina-faso-un-livre-de-armelle-faure/#respond Thu, 19 Nov 2020 11:26:14 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=243776 ISBN : 978-2- 35639-300-5 Éditions Elytis, diffusion harmonia mundi Août 2020, 224 pages, format 17 x 1.6 x 24 cm Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture) Dans les années 1980, Armelle Faure, étudiante en anthropologie, découvre avec enthousiasme la Haute-Volta, pays à l’aube d’un grand changement sociétal, qui deviendra son « terrain » pour sa […]

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    ISBN : 978-2- 35639-300-5

    Éditions Elytis, diffusion harmonia mundi

    Août 2020, 224 pages, format 17 x 1.6 x 24 cm


    Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

    Dans les années 1980, Armelle Faure, étudiante en anthropologie, découvre avec enthousiasme la Haute-Volta, pays à l’aube d’un grand changement sociétal, qui deviendra son « terrain » pour sa thèse d’ethnologue.
    Au cœur d’un village bissa, plongée dans la révolution burkinabè menée par Thomas Sankara, l’auteur découvre un pays empli de mysticisme et de traditions séculaires. Les événements révolutionnaires se multiplient, le doute s’installe, mais le changement aura bien lieu, y compris dans le hameau bissa : c’est la naissance du « pays des hommes intègres », le Burkina Faso.
    Affinant son regard sur la société africaine et sur le rapport du continent noir à l’Occident, à ce moment charnière de l’histoire burkinabè, Armelle Faure évoque avec nombre d’anecdotes ces années à côtoyer l’Afrique au cœur, enthousiaste et pétrie d’espoir.


    Présentation de Armelle Faure (4ème de couverture)

    Après un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales et un DEA de cinéma, Armelle Faure part au Burkina Faso, son premier terrain, où se déroule la révolution du président Thomas Sankara. Elle vit quatre ans sur place en dirigeant l’ONG Action internationale contre la faim. Puis elle travaille à l’amélioration de la vie des populations locales en Asie, en Afrique et à Madagascar dont vingt ans pour la Banque mondiale où elle est consultante, comme anthropologue, en agriculture et dans les grandes infrastructures, chargée de faire appliquer les règlements de la BM (“Social Policies ») en faveur des populations locales. Elle a écrit plusieurs ouvrages dont voici la liste.

    Livres publiés

    Bort-les-Orgues, les mots sous le lac : Récits et témoignages d’avant le barrage, Toulouse, Editions Privat, 2012.
    Le Pays Bissa avant le Barrage de Bagré. Paris, SEPIA, 1996, 300p.
    Voyage à Diên-Biên Phu. Retour aux racines, sur les lieux de la bataille. Bordeaux, Elytis, collection Grands Voyageurs, 2014
    100 témoignages oraux. La vallée de la Dordogne et ses cinq grands barrages. Toulouse, EDF et les Archives de la Corrèze et du Cantal, 2016, 176p.
    Révolution et Sorcellerie. Une ethnologue au Burkina Faso, Elytis, coll. Grands voyageurs, 2020, 224p.


    Nos commentaires

    Les productions littéraire, romans et essais, et cinématographique sont assez fournies, en France et surtout au Burkina qui exporte malheureusement peu ses livres. Faire figurer le nom de Thomas Sankara, très souvent sans le prénom d’ailleurs, dans un titre, qu’il soit au centre de l’œuvre ou à la marge, est-ce s’attirer une large diffusion ? Rien n’est moins sûr même si ce leader révolutionnaire, largement mythifié, commence enfin à trouver sa place au panthéon des principaux personnages historiques..

    Armelle Faure n’a pas semblé utile de le faire. Pour autant son ouvrage traite largement de la révolution. Elle évoque souvent le charisme de Thomas Sankara qu’elle admire, non sans un regard critique sur la Révolution qu’il dirigeait. Mais l’essentiel de son ouvrage est ailleurs.

    Elle s’attaque à un sujet peu traité. Comment d’ailleurs l’aborder alors que les pratiques traditionnelles, et la sorcellerie ne se laissent pas facilement connaître ? Lors de mes rencontres avec différentes personnalités, il est arrivé que cette question soit abordée, mais souvent l’interlocuteur évite de s’étendre, soit par mauvaise conscience d’y croire, soit par inquiétude.

    Armelle Faure était une jeune ethnologue, « à la recherche d’un terrain » lorsqu’éclate la Révolution en Haute Volta, devenu le Burkina Faso. Après avoir publié plusieurs ouvrages, elle nous propose cette fois un livre de témoignages. Livre personnel autobiographique, elle nous raconte son expérience, ses aventures, parfois même évoque sommairement ses amours, ses amitiés.

    Le titre fait référence à ce qui en fait le cœur, la pénétration, longue et pleine d’embûches, d’une société, où « l’invisible », « l’imaginaire » tiennent une place importante dans le quotidien des Bissas, une ethnie du Burkina, parmi lesquels elle va vivre llors de plusieurs séjours prolongés.

    Elle témoigne avec son regard de jeune européenne, tout imprégnée des idées de progrès, comme une bonne partie de sa génération à la suite des événements de 68 en France où la jeunesse s’est soulevée, tentant de vivre le rêve révolutionnaire. C’est avec ce regard qu’elle commente la Révolution en marche, n’hésitant pas souvent à prendre parti.

    Ces différents aspects abordés font de cet ouvrage, un livre riche, vivant et sensible. Bourré d’anecdotes en tout genre, bien écrit, on se laisse prendre par cet ouvrage inclassable tant il aborde des sujets différents.

    Armelle Faure, libérée des contraintes imposées aux livres universitaires, peut se laisser aller à ses souvenirs, tout en les commentant sans détour, ce qui en fait aussi un livre très personnel tout autant que riche de nombreuses informations.

    La recherche de l’invisible

    Il s’agit là de son travail de recherche comme ethnologue. Elle nous relate ses tentatives pour accéder à cette connaissance cachée et la grande difficulté d’y accéder. Ce ne sera possible que grâce au grand chasseur Bissa, Baiongo, qui vit au fond de la forêt au bord du lac sacré Wozi, un havre de paix. Ce n’est qu’au 2/3 du livre qu’elle finit par comprendre les concepts traditionnels après avoir passé plusieurs jours auprès de lui.

    Elle se bat pour participer aux rites traditionnels. Ainsi, elle participe à une grande fête animiste au bord du lac sacré Wozi, lieu de communion avec les génies, qui rassemble les Bissas tous les trois ans. Elle s’émerveille de la bonne entente spontanée entre les hommes et les animaux sauvages, une des caractéristiques de la culture animiste.

    Elle raconte des expériences étonnantes et donne de sa personne non sans risque. Ainsi partageant le gîte avec un homme, elle pense avoir été droguée dans un village de « féticheurs-sorciers », après avoir ingurgité une boisson, percevant sa perte de contrôle sur les événements.

    Et elle n’hésite pas à faire relire ses travaux au chef du village de Balaré qui l’accueille ou à un de ses guides. Le premier lui fera remarquer que les lecteurs penseront qu’il ne travaille pas alors qu’elle s’étend longuement sur le travail des femmes.

    Elle nous partage ses questionnements tout à fait pertinents qui devraient interpeller tous les jeunes chercheurs, mais aussi les expatriés, un tant soit peu curieux d’une connaissance approfondie de la culture du pays qui les accueille :

    «La rencontre de l’autre et de l’ailleurs produisent un attachement grandissant et irrationnel à un lieu, à un peuple, à une autre vie. Une possession et une dépossession de soi…. Affronter l’inconnu et ses savoirs, accéder à des connaissances issues d’autres imaginations est plus qu’une épreuve. Il faudra un effort constant pour conserver la raison et éviter la déflagration de soi-même ». p.25

    ou plus loin

    « Mon attitude est paradoxale. J’observe des phénomènes qui répugnent à mon esprit humaniste, individualiste, et libertaire d’Occidentale. Pourtant je suis fascinée par la découverte de la culture de l’autre, où chacun a la devoir d’être ensemble et de partager bonheur et malheur quoi que cette servitude familiale forcée lui en coûte ». p. 36

    A méditer…

    Amie du chef mais révoltée par la féodalité

    Après un léger quiproquo au début du livre, le chef se pensant en droit d’entrer dans sa chambre, vite dissipé, cette autorité incontournable pour enquêter dans la région, en même temps assez ouvert pour accepter de l’aider, deviendra son ami.

    Elle ne cache pas sa colère contre les injustices liées à la féodalité. « En leur (NDLR : les jeunes) refusant des terres pour construire leur maison et pour cultiver, les « vieux » les maintiennent sous leur toit et sous leur dépendance. Ils les gardent comme main d’œuvre sur leurs propres champs et pèsent sur leurs choix de vie» (p. 73 ). Et un peu plus loin, « l’ordre des aînés et la gérontocratie villageoise s’appuient sur des méthodes d’intimidation, de sorcellerie et d’empoisonnement qui me révoltent. Pour ces gens la vie ne vaut rien. Dès qu’un jeune réussit dans ses entreprises s’il refuse d’acheter l’accord des aînés peu entreprenants, il meurt tout simplement. » p.78

    Un autre personnage fascinant revient tout au long de l’ouvrage. Il lui révèle comment tirer parti de ses pratiques comme escroc. Paul Volta dit Maya Maya pour qui selon elle. « entourlouper les autres consiste à développer des savoirs en magie, en hypnose, en ventriloquie, télépathie, prestidigitation et toute une mise en scène qui met en confiance ou détourne l’attention de l’interlocuteur pour parvenir à ses fins. L’important est de convaincre. » (p. 19)

    Il est victime d’un empoisonnement à la suite d’une rivalité à propos d’une fille et depuis il est couché « le corps en feu » (p. 72). Serviable, il faut toute la persuasion de l’autrice pour qu’il accepte de se faire soigner avec des antibiotiques bien qu’il continue cependant à compléter ce traitement d’une consultation d’un devin qui lui prescrit des sacrifices.

    Maya fait parler de lui tout au long du livre avec des anecdotes pittoresques. Il se débrouille pour rentrer dans sa région avec des papiers officiels. Mais Jean Baptiste Lingani, originaire de la région et dirigeant de la Révolution la région, le démasque et envoie, Nahouri, un de ses commandos l’arrêter. Paul Volta passe au Togo. Et lorsque Nahouri le repère, Paul Volta entre en courant dans un commissariat, criant qu’il est suivi par quelqu’un qui prépare un coup d’État contre Eyadéma. Le président du Togo, Nahouri fera plusieurs mois dans les geôles togolaises.

    Admiration pour Thomas Sankara non sans une vision réaliste des difficultés et des contradictions de la Révolution

    Armelle Faure en mission

    Régulièrement à travers le livre, l’autrice exprime son admiration pour Thomas Sankara, « A Paris j’ai pris fait et cause pour le président Sankara au point que Jean Rouch m’appelle « la pasionaria » » (p.63). Mais plus que du personnage, c’est de son engagement, de ses projets, du modèle qu’il tente de mettre en œuvre, dont il est question tout au long de l’ouvrage. Par exemple, elle évoque la réforme scolaire, très ambitieuse et coûteuse. (voir le texte intégral à http://www.thomassankara.net/le-projet-de-reforme-de-leducation-elaboree-pendant-la-revolution/) Le projet est rejeté par les représentants des provinces et Sankara accepte de reculer, exemple de « démocratie directe » (p. 131), comme par ailleurs l’adoption du budget à la suite d’un débat public.

    La réforme agraire et foncière est annoncée prématurément dès le début de la Révolution. Elle sonne comme un signal, pour les Mossis, ethnie majoritaire dans le pays,. Ils s’empressent de s’installer sur des terres couvertes par des forêts, jusqu’ici gérées par les villageois ( p.83, 86 et 87), et de les défricher. D’autant plus que le Sahel vit en 1984 une effroyable sécheresse.

    La réforme agraire est relancée officiellement en 1986 par la publication d’un « texte rédigé en 666 points qui sonnent comme les trompettes de l’apocalypse…. Il (Sankara) défie consciemment l’ordre et lance les forces du désordre, en essayant de les contraindre et de les codifier dans 666 articles codifiés » (p.191).

    L’ouvrage vaut aussi beaucoup pour ce qu’il nous apprend de la perception de la révolution dans les zones rurales, plus particulièrement en pays Bissa. Il y a bien quelques résultats d’enquêtes issuse de chercheurs qui restent confidentielles mais les nombreux livres grand public parus jusqu’ici n’en parlent guère.

    Elle ne renvoie pas une image positive des CDR, c’est le moins qu’on puisse dire. « Il n’y a plus de bonnet, plus de courbette et plus de chef. Nous commandons le village » affirme un militant CDR (p. 68). En réalité il est issu d’un clan qui cherchait depuis longtemps à prendre la place du chef, tandis que les deux autres sont des « cadres » de la famille du chef. Mais ces mêmes jeunes CDR, qualifiés ailleurs de « bornés ou zélés » (p. 115) seront pourtant jugés un peu plus tard au Tribunal départemental. Le pays était engagé dans les 3 luttes, contre les feux de brousse, la coupe abusive du bois et la divagation des animaux. Mais ces trois « vaillants CDR » vont pousser des vaches dans un champs pour pouvoir les retirer à leur propriétaire comme c’était préconisé par le pouvoir en vas de « divagation des animaux », et s’en faire un festin

    Lors de ses voyages à Ouagadougou, les CDR ne sont vus que comme de jeunes adolescents armés de kalachnikov dont l’activité se résume aux contrôles d’identité, qui se multiplient lorsque le pays bruisse de rumeur de dissension au niveau du pouvoir.

    Ce sont pourtant les CDR qui lui trouvent un logement à Ouagadougou. Et lorsque la guerre avec le Mali va éclater, ils seront tous mobilisés autour du responsable de la province en attente des instructions.

    Mais elle exprime une meilleure opinion sur un dirigeant local qu’elle qualifie de président du comité de salut public, probablement haut-commissaire de la région. Elle ne se tarie pas d’éloge non plus pour le préfet de Béguédo, surnommé « l’éthiopien » à cause de sa peau claire. Très engagé pour la révolution, plein d’idées pour lancer l’auto-développement, il propose par exemple aux femmes de s’engager dans la transformation de l’arachide sur place. Il va se heurter aux commerçants qui refusent déjà toute autorité administrative. Ils détiennent le monopole de cette transformation et font tout pour le défendre. « Il a déjà reçu la visite de plusieurs serpents venimeux téléguidés par ses ennemis » (p. 118). Ailleurs, des femmes se sont achetés un moulin collectif pour faire la farine et se heurtent à un puissant commerçant qui s’inquiète de la perspective de devoir baisser ses prix. Les « ennemis du peuple » ne sont pas une élucubration théorique de Thomas Sankara.

    Dans le même ordre d’idée, dans une bourgade de la région, un projet d’installation d’une station d’essence est à l’origine d’un conflit. Des notables refusent de céder une parcelle. Ils veulent construire des maisons à étage mais défendent les intérêts du gros commerçant local qui vend l’essence à la bouteilles pour en tirer de substantiels bénéfices.

    Ces illustrations de la façon dont la Révolution a exacerbé les contractions sont bienvenues. La Révolution est un combat. De même, la lutte contre les chefferies n’est pas un vain mot. Son amie Hortense, par exemple, est bannie de la cour du chef, et fâchée avec une partie de la famille à cause de ses positions révolutionnaires (p.64), tandis que le chef de son côté (p.70) se plaint qu’elle a traité les chefs de féodaux et d’arriérés.

    Des conflits politiques peuvent aussi avoir de graves répercussions dans les localités rurales. Ainsi une rivalité ancienne existe entre les villages voisins de Niaogho et Béguédoi. Le premier possède beaucoup de terres inexploitées et abrite une élite intellectuelle du fait de la présence ancienne d’une mission catholique qui a construit une école et un dispensaire. Il abrite aujourd’hui les bâtiments administratifs. Tandis que Béguédo, où se tient le plus grand marché de la région, a construit sa prospérité sur les commerçants qui y ont élu domicile. Chacun des villages revendique le « leadership » sur l’autre, et la situation s’est aggravée depuis la construction d’un pont qui relie les deux villages et le déclenchement de la Révolution. Des échanges de coups de feu ont déjà eu lieu.

    Par ailleurs, le chef de l’armée, Jean Baptiste Lingani, un des « quatre leaders de la Révolution », est originaire de Garango, le principale ville de la région. Tandis que Fidel Guiébré, assassiné au lendemain du 4 août 1983, est originaire de Niaogho. Cet assassinat va cristalliser les contre-révolutionnaires bissa contre Lingani tout au long de la révolution, avoir de fortes incidences dans la région. L’autrice écrit « les pratiques occultes dans la région sont en relation directe avec la politique nationale » (p.144)

    Responsable d’ONG (organisation non gouvernementale)

    Ayant choisi son projet de recherche, elle tente vainement d’obtenir des fonds auprès de sommités du Collège de France. Son interlocuteur s’emporte, elle en conclut : « dans cet olympe parisien, où l’on croise Claude Levi-Strauss, on ne parle pas d’argent. Mes chercheurs sont probablement de purs esprits, si peu préoccupés de leur reproduction scientifique qu’ils dédaignent d’offrir des moyens matériels à leurs élèves. » (p. 61).

    Elle se décide donc à travailler pour une importante ONG avec lucidité semble-t-il. Son prédécesseur, « dévoré par l’Afrique » pour avoir voulu « la connaître de l’intérieur, ». « Le mimétisme forcené engendre une restructuration de la personne, peut-être irréversible . D’un autre côté il est difficile de demeurer longtemps dans un village en continuant à manger avec une assiette et une fourchette » (p. 190).

    Elle va devoir piloter la mise en place de périmètres maraîchers pour les femmes, de forages et d’une dizaine d’écoles. Elle reconnaît son incompétence pour les questions techniques, mais développera d’autres de ses qualités, autorité et diplomatie non sans s’emporter de temps en temps. Ainsi, pour mener à bien un de ses projets, on exige d’elle un sacrifice, afin qu’elle se fasse pardonner de partir trop souvent dans les autres villages. Elle en fait des cauchemars, refuse de sacrifier un animal sur le fétiche de la chefferie. « Je n’ai qu’un seul lieu de sacrifice au Burkina Faso, c’est le lac » (NDLR :Wozi.§ Elle a peur qu’ils s’en servent pour avoir de l’influence sur elle. Et de conclure : « J’ai peur. Je ne leur céderai pas ma liberté » (p. 169).

    Elle met le doigt sur les dérives de certaines ONG qui viennent avec leurs présupposés loin des réalités. Ainsi, elle visite une maternité toute neuve que les femmes désertent, préférant accoucher chez elles, avec la matrone du village. Les femmes n’aiment pas les lits sur pieds habituées à s’asseoir sur des nattes (p.89 ). Par contre, dans une autre région, une autre maternité vétuste est très fréquentée grâce à la bonne réputation de la matrone.

    Sa franchise nous vaut quelques confidences. En accompagnant le responsable de l’ONG chargé de défendre les dossier à Bruxelles, elle le laisse s’éblouir de ses découvertes tandis que les problèmes s’accumulent autour des projets à mettre en route, dont il ne se rend pas compte. Elle prend le parti de ne rien lui afin qu’il convainc en rentrant ses interlocuteurs de donner les subventions dont ils ont besoin.

    Elle exprime la satisfaction devant l’engagement du responsable à la présidence des relations avec les ONG, M. Alfred Sawadogo. « Le bureau est mené révolutionnairement. Pas de gabegie, pas de ponction, pas de corruption  pas de temps perdu » (p. 168). C’est à cette époque que les ONG se sont massivement engagées au Burkina grâce aux sérieux des interlocuteurs qu’ils trouvaient dans le pays. Alfred Sawadogo lui suggère de prendre en charge la construction de deux écoles chez les Bissas. Elle va se heurter à un instituteur « fainéant », Kibour qui fera tout pour empêcher la réalisation de cette école.

    Ce dernier lui fera par ailleurs des révélations sur des « pratiques occultes dans la région en relation directe avec la politique nationale ». Par exemple, au cours de l’enterrement d’un des plus forts féticheurs de Garango, le cadavre, « questionné », aurait révélé avoir entraîné le décès de 16 personnes à Garango après l’assassinat de Fidel Guebrié (p.144).

    Le drame de Garango

    Un grave accident est survenu à Garango, dans la région, durant la Révolution. Plusieurs avions, transportant un certain nombre de personnalités sont venus pour l’enterrement d’un parent de Jean Baptiste Lingani.

    Au moment du retour, Thomas Sankara a changé d’avion pour partir dans le premier. Dès son décollage, la population rassemblée pour l’occasion envahit la piste pensant que tout le monde était parti. Mais le deuxième avion est venu décoller juste après, alors que les gens étaient sur la piste. Les hélices des avions ont fauché de nombreux enfants. Thomas Sankara aurait fait demi-tour pour voir ce qui se passait et son avion s’est d’ailleurs écrasé, sans que les passagers ne soient blessés. Armelle Faure cite prudemment mais très longuement ce que lui ont raconté les témoins alors qu’elle n’était pas présente ce jour-là. « Quand il est sorti et qu’il a vu les dégâts, Sankara s’est mis à pleurer et il a essayé de ramasser les blessés et d’aider les agonisants‘» (p. 151).

    Cet accident précède la grande cérémonie triennale de sacrifices pour honorer les génies au bord du lac Wozi. Elle va se transformer en manifestation hostile au CNR.

    La ville de Garango est occupée par les militaires. La radio, la télévision, les journaux ne rendront pas compte de l’accident qui auraient fait 32 morts selon les Bissas.

    Les autorités vont obliger les familles à signer des certificats de décès mentionnant « mort naturelle ». Elle précise dans une note qu’ « un protocole d’accord portant sur l’indemnisation des victimes de l’accident a été signé entre le gouvernement et les victimes en 2009 »  (p. 155).

    L’autrice profondément triste exprime sa colère et son dépit : « Il n’y a plus de révolutionnaires en lutte pour le bien du peuple. Il y a la brutalité et la violence d’un État fautif et répressif, qui veut retourner ses erreurs contre le peuple qu’il vient de sacrifier involontairement. .. La violence d’État prévaut ici comme ailleurs pour couvrir les erreurs des chefs ». Nous n’allons pas la contredire.

    Elle soupçonnera une tentative d’assassinat, et tentera d’en savoir plus sans succès.

    Nous avons choisi de n’aborder que quelques thèmes qui nous ont intéressé particulièrement.. Il me semble déjà avoir dépassé la taille requise pour ce genre d’exercice de recension que je trouve particulièrement difficile. Mais elle nous fait aussi partager l’ambiance de fête du FESPACO (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou). L’occasion pour elle et de nombreux invités de participer à la « bataille du rail », c’est-à-dire le prolongement de la ligne de chemin de fer pour désenclaver le nord du pays. Par ailleurs, elle nous rapporte aussi les réactions de la population, la mobilisation des CDR et des chasseurs traditionnels et anciens guerriers après le déclenchement de la guerre avec le Mali, où encore nous raconte les péripéties d’un voyage en Côte d’Ivoire.

    Armelle Faure nous livre un livre particulièrement riche, par la diversité des thèmes abordés. Le choix autobiographique rend la lecture aisée et agréable, tout en lui permettant de nous faire partager ses réactions, et sentiments. Vivant et plein d’anecdotes, à l’écriture limpide l’autrice ne cède pas à la facilité en abordant la travail ethnographique, en l’abordant en profondeur. Burkinabè ou non, cet ouvrage peut toucher un public varié et devrait ravir tous ceux qui aiment ou s’intéressent au Burkina Faso.

    Bruno Jaffré

    Bruno Jaffré


    Armelle Faure à propos de son travail et de son livre

    Armelle Faure, par souci de rigueur, a tenu nous apporter ses précisions nous connaissant comme totalement novice en matière d’ethnologie ou d’anthropologie. Nous vous en livrons de larges extraits :

    “Pourquoi est-ce qu’il est classé en Ethno?
    Pour deux raisons qui ne sont pas évidentes pour les non-anthropologues.

    D’abord la « réflexivité ». Aujourd’hui un livre d’ethno doit faire preuve de « réflexivité ».
    On a beaucoup reproché aux africanistes de ne jamais exposer leurs conditions de terrain. Ceux des années 1950 à 2000 n’ont jamais fait paraitre le contexte de leurs terrains, la façon dont ils vivaient au jour de jour. C’était interdit dans la profession. Un tabou.
    Depuis quelques années, de nombreux colloques considèrent enfin le terrain comme ce qu’il est : « une épreuve », une série de malentendu, une recherche obstinée malgré les difficultés. Le désir d’être intégré par l’autre et l’ailleurs.
    Le summum de notre profession peut se lire dans ce livre récent: “Croire aux fauves » de Nastassja Martin.
    C’est une quadra, en pleine réflexivité, et au cœur de l’Ethno.

    Bien sûr, les autres professions vont parler d’autobiographie, alors que ce n’est pas cela.
    De plus en plus, les ethnologues écrivent deux livres sur le même terrain: leur thèse remaniée de façon à ce qu’elle soit lisible (pour moi c’était « Le Pays Bissa avant le barrage de Bagré ». C’est leur contribution au monde scientifique et universitaire. Et puis ils, elles, écrivent « l’autre » livre. Le vécu, le « making-off » de la thèse. On le fait aussi parce que les gens se demandent « mais qu’est-ce qu’ils font, pendant des années sur le terrain ?». Ce deuxième livre est beaucoup plus littéraire. Lire par exemple  Descola, « Les lances au crépuscule », ou Lévi-Strauss « Tristes tropiques”

    Ensuite l’invisible
    C’est le cœur de l’Ethno depuis ses débuts (Lévy-Bruhl, Frazer, Malinovski etc) . Bien sûr et toujours la magie et la sorcellerie, la divination, le chamanisme, les rituels…
    Cela fait partie des cours et de l’enseignement de l’ethnologie, de l’anthropologie, du début à la fin.

    Mon livre partait d’une interrogation de mon directeur de thèse sur la notion d’autochtone . IL faut partir des représentations, de la façon dont ce peuple en particulier considère l’invisible.
    Chez les Bissa c’était clairement difficile à pénétrer. Je ne l’ai compris qu’au bout de plusieurs années, à partir d’un concept que me donne Baiongo au bout de 5 ans: Tor, pluriel tonno. Les génies (de la montagne Boulgou, du lac sacré Wozi…) … 

    … La réflexivité et l’invisible font que mon livre est un livre d’Ethnologie, et pas un livre de sciences politiques, malgré Sankara, malgré la révolution foncière, malgré les innovations et les nombreux changements sociétaux dont je décris les mécanismes au long de ces cinq ou six années (1982-1987).

    Cette révolution qui nous a tant marqués, qui a tant marqué tant de pays du Sud, et que nous adorons toujours, marquée par l’extraordinaire personnalité de Thomas Sankara.”

    Armelle Faure


    Tables de matières

    Carte                                                                                                      p.4

    Rencontre nocturne et mes premiers pas au village                                          p.7

    Amorces de révolution                                                                               p.29

    Le révolution au quotidien                                                                          p.59

    FESPACO (NDLR : Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou)                   p.91

    La guerre vue du village                                                                           p.109

    Incursion dans le monde des génies                                                            p.133

    Les avions de la mort                                                                               p.149

    La visite du président Mitterrand                                                                p.161

    La réforme agraire et la panthère contre-révolutionnaire                                 p.183

    La mort d’un juste                                                                                   p.201

    Épilogue                                                                                                p.215

    Postface de Lazare Ki-Zerbo                                                                     p.219

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    “Ma part de vérité”, un livre de Jean Baptiste Ouedraogo https://www.thomassankara.net/ma-part-de-verite-un-livre-de-jean-baptiste-ouedraogo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ma-part-de-verite-un-livre-de-jean-baptiste-ouedraogo https://www.thomassankara.net/ma-part-de-verite-un-livre-de-jean-baptiste-ouedraogo/#respond Wed, 16 Sep 2020 08:15:23 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=243364 Edition : DIST/CNRST, Ouagadougou 2019, 268 pages ISBN/ISSN/EAN : 979-10-91851-13-8 Nos commentaires La parution de cet ouvrage a déchainé les passions. Il faut dire que la séance de dédicace, animée par Jean Marc Palm, et Edouard Ouedraogo, directeur de l’Obervateur, a donné lieu a des interventions tentant à dénigrer l’image de leader adulé aujourd’hui. Au-delà de […]

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    EditionDIST/CNRST, Ouagadougou 2019, 268 pages

    ISBN/ISSN/EAN : 979-10-91851-13-8


    Nos commentaires

    La parution de cet ouvrage a déchainé les passions. Il faut dire que la séance de dédicace, animée par Jean Marc Palm, et Edouard Ouedraogo, directeur de l’Obervateur, a donné lieu a des interventions tentant à dénigrer l’image de leader adulé aujourd’hui.

    Au-delà de la polémique que suscitent les attaques contre Sankara, nous préférons retenir  que ce livre est un document intéressant. Il contient plusieurs récits détaillés  d’évènements importants de l’histoire du Burkina, avant l’avènement de la Révolution, peu racontés par d’autres témoins. On y trouvera des réflexions politiques approfondies, qu’aucun commentateur n’a cru bon de relever. C’est bien dommage, car la crise que traverse le Burkina, sans doute la plus grave depuis l’indépendance, mérite bien que l’on se penche sur le passé particulièrement riche de l’histoire moderne de ce pays.

    Commençons donc par le récit des évènements. JBO (Jean Baptiste Ouedraogo) raconte en détail le coup du 7 novembre 1982, après avoir analysé les dérives du CMRPN (Comité militaire de redressement pour le progrès national, au pouvoir depuis le coup d’État du 25 novembre 1980), dénoncé  la corruption comme des restrictions aux libertés. Il apporte des précisions sur la position de Thomas Sankara qui avait affirmé ne pas être partie prenante de ce coup. En effet Thomas Sankara était en contact étroit avec le groupe qui le préparait, dont il donne la composition. Parmi eux, Jean Claude Kamboulé (JBO préfère Kambouélé) , qui voue une forte admiration à Thomas Sankara. Mais il ne tarde pas à s’y opposer. Il tentera même d’organiser, une fois la révolution acquise, une opposition armée à partir d’Abidjan.

    JBO écrit plus loin « TS continuait depuis sa retraite forcée à Dédougou, de nous inspirer par voie épistolaire grâce à un circuit clandestin » (p. 41). Après avoir expliqué qu’aucun accord politique n’avait été mis au point , il poursuit :  « L’unanimité s’était seulement jusque là dégagée pour que Thomas Sankara assumât les responsabilités du pouvoir. » (p. 42).

    Thomas Sankara apparait comme le leader incontesté de ce mouvement de militaires. Mais il considère que le moment n’est pas opportun « pour insuffisance de préparation politique » (p. 44). Pourtant il ne les dissuade pas vraiment de mener leur coup.  C’est d’ailleurs lui qui selon JBO aurait écrit la proclamation du 8 novembre. Il ajoute que, le jour du coup d’État, Thomas Sankara qui avait pour mission de couper les communications avait disparu quelques heures sans s’acquitter de sa mission. Pourtant il écrit aussi que Sankara avait confié l’organisation à J. C. Kambouélé.

    Il relate ensuite les discussions et les manœuvres pour élire le président du CSP. Thomas Sankara, surprend tout le monde, il refuse d’être président mais propose le colonel Somé Yorian Gabriel, du fait sa position hiérarchique. Mais à la suite d’interventions d’officiers qui rappellent  sa proximité avec la droite, on s’oriente alors vers le soutien de JBO pour qui Thomas Sankara va finalement faire campagne. Et ce dernier est alors élu à une très large majorité. JBO apparait bien donc le candidat de compromis, entre les progressistes et les officiers de droite encore partie prenante du mouvement.

    JBO revient sur l’assassinat du ministre de l’intérieur du CMRPN le colonel Nézien, responsable de la féroce répression du CMRPN contre les mouvement sociaux. Il le qualifie de « bavure » affirmant que la décision de l’assassiner n’avait jamais été prise par le CSP (Conseil du Salut du peuple au pouvoir à partir du 8 novembre 1982). Il ajoute ne pas connaitre l’auteur alors que le journaliste de Mutations qui rend compte du livre affirme que l’assassin est connu tout en  ne donnant pas son nom.

    Autre récit important, celui la nomination au poste de premier ministre de Thomas Sankara. Pour JBO l’initiative en revient à la LIPAD (Ligue patriotique pour le développement). Au sein du mouvement des forces armées, il s’agit de porter main forte au président. JBO écrit : « Thomas Sankara qui semblait insensible aux charmes du pouvoir qu’il redoutait en fait au lendemain du 7 novembre, jeta brusquement le masque, et fort de l’appui de Jean Claude Kambouélé  son ardent défenseur du jour, nous imposant la création du poste de premier ministre et exigeant d’en assumer la charge » ! (p.71 – 72) Selon lui, cette proposition reçoit une forte opposition au sein de l’assemblée des forces armées. Mais il finit par se ranger au choix de Thomas Sankara comme premier ministre, s’attribuant ainsi le mérite de cette nomination, tout en le regrettant dans les paragraphes suivants.

    Sankara premier ministre, les récits qui suivent illustrent la stratégie de Thomas Sankara pour affaiblir ses adversaires. Il affirme de plus ne plus ses positions révolutionnaires et par ailleurs s’engouffre  dans le soutien que lui avait donné la Libye. Ainsi Thomas Sankara est accusé d’avoir organisé sans en rendre compte une visite de Kadhafi.  Cette manœuvre aurait été désavouée lors d’une réunion des organes de direction du CSP. Mais pourtant lorsque JBO « préconise à l’arbitrage de l’assemblée générale pour statuer, solennellement et définitivement  sur notre orientation idéologique » (p. 125), celle-ci ne le suit pas.

    Thomas Sankara et Jean Baptiste Ouedraogo
    Thomas Sankara et Jean Baptiste Ouedraogo

    En fin stratège Thomas Sankara propose d’organiser un meeting d’explication le 14 mai à Bobo-Dioulasso. Il en profite pour réaffirmer ses orientations révolutionnaires et obtenir le soutien politique notamment de la jeunesse. Le clan de droite de l’armée, autour de Yorian Gabriel Somé et Jean Claude Kamboulé, sentant la situation lui échapper, organise alors le putsch du 17 mai qui consacre l’arrestation de Thomas Sankara tout en neutralisant JBO.

    Selon lui, « si la volonté d’indépendance justifiait pleinement la dénonciation de l’impérialisme, la rhétorique outrancière développée par le Premier ministre  apparaissait prématurée  et nous compliquait inutilement la tâche d’autant plus qu’elle était contraire à nos principes de départ » (p. 123) écrit JBO. Il raconte en détail ce qu’il sait de ce putsch du 17 mai 1983. Il tente de dénigrer  les manifestations des jeunes organisées par la LIPAD qui contrôle l’association des élèves et l’ULCR, en minimisant leurs succès .

    JBO affirme ne pas avoir été partisan de ce putsch mais accepte cependant de faire une déclaration pour « délivrer une explication politiquement acceptable ». La situation qui en résulte apparait particulièrement confuse. « L’assemblée général ne savait plus ce qu’elle voulait » (p.  137). Le résultat en est en effet que Gabriel Somé Yorian, pourtant à l’initiative du putsch, est écarté de la fonction de chef d’État- major général de l’armée, au profit  du colonel Marcel Tamini.

    Enfin JBO reprend une nouvelle fois le récit du 4 août 1983. C’est vers 17h, que le colonel Marcel Tamini, devenu le chef du CSP après la mise en l’écart de Somé Yorian, informe JBO, chef de l’État de la volonté de Thomas Sankara d’une ultime négociation.

    Rendez-vous est pris pour 19h. Sont présents, outre JBO, Marcel Tamini, Thomas Sankara, Kwamé Lougué, Henri Zongo et le capitaine Kassoum Ouédraogo. Selon JBO, c’est lui-même, qui offre sa démission pour faciliter la mise en place d’un gouvernement de transition. Il est 20 h. Sankara propose alors de transmettre cet avis à Blaise Compaoré « qui demeure, maitre de la situation ». Rendez-vous est pris pour plus tard dans la soirée. Mais  vers 21h, les commandos de Pô sont déjà à Ouagadougou.

    Il affirme par ailleurs que contrairement à ce qui a été écrit jusqu’ici les télécommunications avaient certes été sabotées, mais seulement momentanément, car vite rétablies, lui-même ayant eu plusieurs conversations téléphoniques. Vincent Sigué  lui aurait sauvé la vie alors qu’un caporal le menaçait, « comme quoi les mercenaires aussi peuvent avoir du cœur !» (p. 235). Blaise Compaoré  est  venu constater la reddition. Thomas Sankara, « haletant mais radieux », suivra à 21h, avec Abdoul Salam Kaboré et Pierre Ouedraogo, pour l’informer qu’il avait proclamé la Révolution, et lui affirmer qu’il veillait à sa sécurité quitte s’il  le voulait à faciliter son évacuation avec sa famille.

    JBO a donné plusieurs versions de ces évènements à la presse (voir à http://www.thomassankara.net/?s=Jean+Baptiste+Ouedraogo ), et chacun pourra comparer ses différentes versions.

    Tous ces récits sont ceux d’un témoin essentiel, même s’il semble ne pas les maitriser.

    JBO règle ses comptes.

    Pas seulement avec Sankara. Le PAI (parti africain de l’indépendance) et la LIPAD ( (Ligue patriotique pour le développement) seraient la source de tous ses maux.On rappelle que le PAI, clandestin, est à l’origine de la création de la LIPAD. Cette dernière organisation avait obtenu un récépissé et développait toute une série d’activités publiques de sensibilisation, développant les thèses du PAI. Selon JBO, elle ne comptait que peu de militants alors qu’il se plaint de sa forte capacité de nuisance à son égard.  Il hésite entre fascination, hostilité et admiration. Ainsi, Adama Touré, « qui aura la charge de suivre l’évolution du mouvement », bénéficie d’un portrait élogieux (p.39), alors que les attaques et accusations contre ces organisation fusent tout au long du livre. Mais finalement c’est un véritable hommage qu’il rend au PAI et à la LIPAD, sans s’en rendre compte. Il reconnait la compétence des dirigeants, leur capacité d’analyse, de mobilisation. Ils mettent en œuvre une stratégie qui va se révéler payante puisqu’elle mènera à la Révolution. Il rappelle le rôle majeur qu’a joué Arba Diallo (p. 89) pour donner une stature internationale à Thomas Sankara  et au CSP parmi les pays progressistes. Il en vient, à cet endroit,  contrairement à la teneur générale du ton hostile envers la LIPAD à la remercier pour cette action (p. 90).

    Thomas Sankara serait-il donc manipulé par les militants de la LIPAD? La première année de la Révolution montrera le contraire, puisque les divergences vont éclater  jusqu’à la rupture. Mais, nous l’avons déjà écrit (voir la biographie de Thomas Sankara ), le PAI a influencé Thomas Sankara, a contribué à sa formation politique, et joué de son côté un rôle de premier plan dans la préparation de la Révolution, rôle confirmé tout au long du livre.

    On peut s’étonner de l’absence totale de Valère Somé et de l’ULCR de l’ouvrage. C’est que, s’il était déjà très proche de Thomas Sankara, qu’il influençait sans doute aussi d’une façon ou d’une autre, il faut rappeler qu’il avait dissous son organisation. Et c’est d’ailleurs durant cette période que Thomas Sankara, lui avait demandé de la remettre sur pied. Ce sera l’ULCR, (Union des luttes communistes reconstruite). Il redoutait probablement de se retrouver en tête à tête avec le PAI, une fois au pouvoir, ce dernier parti restant alors le plus fort au sein des organisations clandestines se réclamant du marxisme.

    Mais JBO ne s’en prend pas seulement à Thomas Sankara. Marcel Tamini, devenu leader du CSP après le 17 mai, « n’assumera pas correctement sa mission. Pire il trahira notre confiance allant jusqu’à  sacrifier l’armée à ses propres intérêts et à ceux du clan de Thomas Sankara ». Traduisons, Tamini avait pris fait et cause pour le camp de Thomas Sankara, et participait donc de la stratégie de prise du pouvoir. On lit en effet p. 218 qu’à l’approche du 4 août, Marcel Tamini se trouvait, selon JBO, détenteur d’armes libyennes entrés illégalement au pays. Et « non seulement il livrera nos plans à l’adversaire, plus exactement à Sankara, mais encore il démantèlera nos dispositifs avant d’ordonner aux hommes chargés de défendre l’accès de la route de Pô  de livrer le passage aux hommes de Blaise Compaoré ». Les attaques reprennent  lors du récit du 4 aout. JBO accuse Tamini de s’être porté malade pour réapparaitre en fin d’après midi. Et en fin de livre, « lui et le colonel Kouaka Salambere, n’auront pas  résisté longtemps aux séductions, tentations, et promesses dévolues aux traitres. Ces deux officiers félons  sont les vrais prototypes d’officiers félons !..» (p. 228)

     Haro sur la Libye.

    On savait déjà que la Libye avait aidé Thomas Sankara lors de la préparation du 4 aout. JBO explique qu’à peine 15 jours après l’avènement du CSP, une importante délégation se rend en Haute Volta, inaugurant de très nombreuses missions dans les mois qui viennent. Il affirme que c’est le capitaine Ouattara Abdoubakary, par ailleurs dentiste, désigné par le CSP pour représenter la Haute Volta, qui, à côté du chargé d’affaire libyen, servira d’intermédiaire entre Sankara et Kadhafi, si tant est qu’il y ait eu effectivement besoin d’intermédiaire. « La politique libyenne… usera tour à tour de charme, de pressions et de chantages pour nous contraindre de nous aligner sur ses positions et analyses… ». C’est lorsque JBO commença à résister à ses assauts qu’il avoue avoir été choqué par la brutalité des propos  « d’un émissaire libyen pour le convaincre de rompre avec l’impérialisme français et américain » (p. 93)  que « Kadhafi change de tactique et jeta son dévolu sur Thomas Sankara ». Désormais les évènements vont s’accélérer notamment après la nomination de Thomas Sankara comme premier ministre. Ce dernier va œuvrer, sans toujours en rendre compte à JBO, à organiser une visite de Kadhafi au Burkina. Les promesses d’aide vont alors se multiplier, comme savent le faire les Libyens. Les rapports avec la Libye ont suscité alors de nombreuses critiques à l’extérieur et ont été aussi un des prétextes de la tendance de droite du CSP, pour faire le coup de force du 17 mai 1983, et écarter Thomas Sankara et ses amis.

    Après leurs arrestations, l’aide de la Libye envers les révolutionnaires va continuer de plus belle, notamment par la livraison d’armes via le Ghana de Jerry Rawlings. JBO écrit cependant «  mieux que quiconque, Thomas Sankara était conscient des dangers d’une trop forte inféodation au régime de Tripoli : il en tiendra compte après le 4 août et rectifiera le tir juste le temps pour endormir l’opinion internationale. » Cette aide contribuera à renforcer la confiance des commandos de Pô auxquels s’étaient joints de nombreux civils, et plus généralement de toutes les forces qui vont participer à la prise du pouvoir le 4 août 1983. Mais plus qu’une victoire militaire, il y eut peu de morts et peu de combats, ne s’agit-il pas plutôt d’une victoire politique y compris au sein des militaires que signait le succès du 4 août ?

    Profession de foi

    Jean Baptiste Ouedraogo lorsqu'il était président de la Haute Volta ©archives nationales du Burkina
    Jean Baptiste Ouedraogo lorsqu’il était président de la Haute Volta ©archives nationales du Burkina

    On sent, tout au long de la lecture, le souci permanent de JBO de s’expliquer, de justifier ses choix. Aussi fait-il un bilan du CSP particulièrement positif, cachant mal sa volonté de s’en attribuer les lauriers, oubliant d’ailleurs de rappeler que le gouvernement comptait plusieurs ministres de la LIPAD, aux côtés d’autres ministres progressistes qui certes préparaient de leurs côtés aussi la victoire de la Révolution mais qui continuaient à apporter au gouvernement leur compétence, leur rigueur et leur honnêteté.

    Il affirme être véritablement démocrate, prône le dialogue qui aurait selon lui permis de dénouer bien des conflits, oubliant parfois que le pouvoir était alors détenu par les seuls militaires. Toutes ses réflexions politiques sont très actuelles et auraient mérité que le débat se poursuive. Il rappelle sa volonté de revenir à une « vie constitutionnelle normale », dont le pays était sorti un peu plus de 2 ans auparavant. Pourtant, les dirigeants d’alors s’étaient affirmés incapables de satisfaire aux besoins élémentaire des populations, alors que la corruption ponctionnait le maigre budget de l’État.  Un débat revenu au premier plan au lendemain de l’insurrection, et qui risque de revenir encore au premier plan au Burkina tant la crise qui sévit actuellement n’a rien à envier à celle qui a précédé le premier coup d’État militaire du CMRPN en 1980. Et personne ne peut prévoir de quoi sera fait le lendemain au Burkina.

    Il faut bien se dire la vérité en face. La onstitution n’a été rétablie au Burkina, après l’insurrection, que par un artifice qui s’est traduit par un avenant qu’était la Charte de la Transition. Mais en réalité, ce qui a été fondamental, c’était bien le rapport de force qui a permis au Burkina de résister aux pressions de la communauté internationale de lancer de nombreuses réformes par une assemblée qui a été élue par des règles très loin de celles de la constitution initiale.

    Ce débat était bien celui qui animait le CSP. Les révolutionnaires souhaitaient aller de l’avant pour changer le pays de fond en comble et en renverser les objectifs au profit du peuple, durant une période suffisamment longue pour révolutionner le pays. Tandis que les partisans du retour à la « vie constitutionnelle normale », soutenus par les partis de droite ne souhaitaient que revenir après quelques changements de façade à la gabegie qui prévalait jusqu’en 1980. Le débat a été rouvert après le 15 octobre, les pseudos révolutionnaires, ne cessaient d’affirmer refuser le retour à une vie constitutionnelle normale, pour finalement mettre en place une constitution démocratique sur le papier. Ce qui a permis au CDP de régner sans partage, sans que l’on puisse parler de démocratie jusqu’à l’insurrection, de même qu’aujourd’hui, le MPP règne pratiquement sans partage, mais reste incapable de redresser le pays.

    Le vrai problème de JBO

    Tout compte fait, le livre reflète la grande faiblesse politique de JBO qui se retrouve au milieu de deux camps, la droite autour de Somé Yorian et Jean Claude Kamboulé  d’une part et les révolutionnaires autour de Thomas Sankara et ses amis d’autre part.

    Il a bien été choisi pour présider le pays par les hommes de ces deux camps car il n’appartient à aucun des deux, mais il se retrouve finalement très esseulé, avec très peu de partisans, on se demande même s’il en a. Il doit gérer la crise politique au sein de l’armée, sans aucune ligne politique claire définie. Les deux camps constitués se comptent et fourbissent leurs armes préparant l’affrontement.

    Le charisme de Thomas Sankara, la ligne politique qu’il défend, déclencher la révolution, parfaitement claire et publiquement exprimée, correspondent en réalité à l’attente du pays, exténué par la gabegie passée et plein d’espoir pour l’avenir. D’autres part les partis de droite n’apparaissent plus actifs tandis que les militaires révolutionnaires autour de Sankara peuvent compter sur le soutien actif des militants civils, en premier lieu ceux de la LIPAD et du PAI, et dans une moindre mesure du groupe de Valère Somé en voie de reconstitution.

    JBO fustige les partis de droite, mais aussi le PAI qui collabore étroitement avec les militaires révolutionnaires. Au sein de l’armée, la plupart des militaires n’ont pas forcément de positions tranchées, et se partagent entre les deux camps qui préparent l’affrontement, et le camp des attentistes, parfois plus par affinité amicale que par choix politique.

    JBO qui pense avoir raison, n’a pas d’avenir. Il refuse les partis politiques, dit-il, au moins durant la période que couvre le livre, et les militaires le savent sans soutien. Il n’a pas de prise sur la situation.. Il pense sa position intermédiaire la plus pertinente, mais il est profondément seul.  D’ailleurs que peut-il proposer ? S’il fustige les partis politiques, pense-t-il l’armée capable de gouverner seule ? Il ne le pense pas non plus. Il est dans une impasse et, bien sûr, les deux camps tentent de le manipuler à qui mieux mieux. D’où sa colère de ne compter pour rien et de ne pouvoir agir vraiment, si ce n’est temporiser en attentant l’affrontement inéluctable. On ne peut d’ailleurs que s’étonner qu’il accepte de rester président après le putsch 17 mai 1983 après le putsch, alors qu’il a été lui-même mis sur le fait accompli.

    C’est là que résident sa colère et sa rancœur qui s’expriment maladroitement. Voilà son problème. Thomas Sankara prépare la révolution, bien sur qu’il manœuvre, il s’organise, il fait des coups d’éclat, il recherche des soutiens extérieurs, celui de la population qu’il tente de préparer à la Révolution dans des meetings dont il prend l’initiative. JBO lui en veut pour tout ça, de ne pas le mettre au courant de ses actions. Thomas Sankara est dans cette vision, dès novembre 1982, mais ce n’est pas encore le moment. Mais il se dévoile vraiment en devenant premier ministre. JBO lui en veut pour ça, enfermé qu’il est dans des schémas de politique classique institutionnelle.

    De la polémique.L’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo à la dédicace de son livre, Ouagadougou, le 10 février 2020. (VOA/Lamine Traoré)

    Nous avons vécu la sortie du livre hors du pays. Nous avons été frappés par les extraits de l’ouvrage dans la presse qui ne reprenaient que les attaques contre Thomas Sankara.

    La présentation du livre, était dirigée par Jean Marc Palm qui se présente aujourd’hui comme chercheur. Mais il a été acteur durant la Révolution, rangé derrière Blaise Compaoré dès le 15 octobre, qu’il a sans doute préparé avec lui comme membre du GCB (groupe communiste burkinabè) qui participait à la fronde contre Thomas Sankara.

    Et les commentaires des journalistes ne s’intéressent visiblement qu’à la rancœur et à l’agressivité que JBO exprime contre Sankara. Que n’a-t-il pas démissionné ? Puisqu’il n’avait aucune force pour agir. Bien sur il nous raconte des AG, des positions consensuelles adoptées mais vides de contenu politique, chaque camp temporisant pour rassembler ses forces et tenter d’être le plus fort.

    Quelques exemples des ces attaques qui ne pouvaient manquer de susciter de vives réactions.

    «Thomas n’est pas homme à monter au créneau dans les situations difficiles. Il préfère se tapir dans sa tanière et pour ne surgir que pour récolter la gaudriole ». p. 159. Quant on pense qu’il est mort assassiné, une mort qu’il attendait la sachant proche…

    « …son gout subit et de moins en moins caché de paraitre en public et d’occuper les manchettes des journaux sans oublier son inclinaison de plus en plus ouverte pur les honneurs dépeignent éloquemment le caractère grotesque sinon inique mais habile du personnage sans rien dévoiler de ses intentions et de ses ambitions » p.77. Cette page est d’ailleurs entièrement consacrée aux attaques contre Thomas Sankara.

    Pourtant ailleurs dans le livre, il reconnait la pertinence de sa stratégie. « Thomas Sankara, toujours pour semer la confusion, ne rompra pas officiellement le dialogue avec moi. Avec le recul, je reconnaitrai que Thomas, en habile stratège politique, a su nous endormir pour mieux nous porter l’estocade finale ». (p.159). Pour quoi ne pas tout simplement en rester à cet hommage, et reconnaitre sa défaite ?

    JBO n’a fait que récolter ce qu’il semé avec la complicité de Jean Marc Palm, au détriment de l’intérêt du livre qui ne peut se résumer aux attaques contre Thomas Sankara. Plus personne n’ose attaquer Thomas Sankara compte tenu de la renommée actuelle des acquis de la Révolution, du bond en avant fait par le pays les 4 années qui ont suivi la prise de pouvoir. Il n’exprime que de la rancœur. Tant pis pour lui. Il s’aliène de nombreux lecteurs. Quant au festival de sankarisme qui a suivi, chacun voulant apparaitre plus sankariste que l’autre, il s’agissait pour beaucoup de faire oublier leurs multiples renoncements.

    Nous soupçonnons la polémique d’avoir été fomentéè en sous main par les ennemis de la Révolution, ou plutôt tous ceux qui en réalité en veulent à Sankara, pour tenter de réveiller tous ceux qui l’osent plus critiquer Sankara. Ils en sont pour leurs frais. Sans doute aussi pour faire le buzz, et assurer une bonne vente de l’ouvrage, un objectif qui lui a été réussi!

    Par delà la polémique, il reste que ce livre contient des témoignages intéressants et inédits, voire même des positions politiques sous forme de profession de foi dont on regrette qu’elle ne soit pas éviquée et discutée. Le Burkina traverse une grave crise politique et sécuritaire et il est plus qu’urgent que le débat s’ouvre plus serein sur les moments forts de l’histoire du Burkina, afin d’ouvrir de véritables perspectives d’avenir.

    Bruno Jaffré


    Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

    “Ma part de vérité” est une contribution à l’écriture d’une page de l’histoire de la Haute-Volta, actuel Burkina Faso. Certes notre pays a connu des bouleversements tant au point de vue de sa géographie que de son histoire. Artificiellement créé par le coup de griffe de Berlin de 1885, notre pays connaîtra divers traitements dans son appellation, dans sa géographie et bien sûr dans son histoire. Il sera, plusieurs fois, tronçonné, baptisé et rebaptisé avant de se stabiliser sur le plan géographique. Politiquement, la Haute-Volta, rebaptisée Burkina Faso après le 4 août 1984, a expérimenté tous les types de régimes en passant des différents types de régimes (démocratiques et d’exception) à celui de régime révolutionnaire qui a osé opter pour la lutte des classes sur fond de vision manichéenne de notre société et d’apologie de la violence. “Ma part de vérité” apporte un autre son de cloche que celui servi par la révolution qui a tout fait pour falsifier voire travestir l’histoire de la Haute-Volta, le Burkina Faso actuel. “Ma part de vérité” espère servir de référence aux chercheurs, aux étudiants et aussi aux jeunes qui s’intéressent aux réalités historiques de notre pays. A l’occasion des “cent ans d’histoire du Burkina Faso” d’éminents historiens n’ont pas hésité à solliciter ma contribution à travers une communication sur les évènements que renferment les trois dates historiques controversées à savoir le 7 novembre 1982, le 17 mai 1983 et le 4 août 1983. “Ma part de vérité” contient beaucoup d’autres révélations. (Résumé de couverture)


    Présentation de l’auteur (4 ème de couverture)

    L’auteur a vu le jour le 30 juin 1942 à Kaya dans une famille chrétienne catholique d’un père catéchiste. Dans son enfance, il a connu une vie de précarité car ce père qu’il à peine connu est prématurément mort de méningite obligeant la famille à émigrer pour survivre et se construire comme elle le pouvait. Par chance, l’auteur fréquentera l’école privée catholique de Bam, se retrouvera au petit séminaire de Pabré en 1957 puis au lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou en 1963. Tenaillé par la mémoire de son père, il optera pour des études de Médecine. D’Abidjan à Strasbourg en passant par Bordeaux,  il est titulaire du diplôme d’étude pédiatre. Il mettra ses talents, ses qualités et ses compétences au service des populations, notamment les enfants. Persuadé d’avoir été utilisé par les révolutionnaires d’août 1983 lors de sa brève irruption sur la scène politique en novembre 1982 a son corps défendant, il observera le temps de réserve nécessaire avant de se décider à “rectifier” par cet essai, l’Histoire travestie par la révolution burkinabè. Son amour pour son pays, son patriotisme et son intégrité lui commanderont de s’investir pour le développement de ce pays, auquel il contribue grâce à la promotion d’un établissement de santé qu’il dirige actuellement.

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    Thomas Sankara, Gloire au peuple, recueil de citations sélectionnées par Viané https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-gloire-au-peuple-recueil-de-citations-selectionnees-par-viane/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=thomas-sankara-gloire-au-peuple-recueil-de-citations-selectionnees-par-viane https://www.thomassankara.net/thomas-sankara-gloire-au-peuple-recueil-de-citations-selectionnees-par-viane/#respond Sun, 17 May 2020 10:27:56 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=242612 Bande dessinée, 64 pages Editeur : VRP Edition (21 décembre 2019) ISBN-10 : 295557273X ISBN-13 : 978-2-9555727-3-3 Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture) Le 04 août 1983, Thomas Sankara prenait le pouvoir en Haute-Volta. Pendant 04 ans, il dirigera une révolution politique, économique, sociale et culturelle, allant jusqu’à renommer le pays “Burkina Faso” (le pays […]

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  • Bande dessinée, 64 pages
  • Editeur : VRP Edition (21 décembre 2019)
  • ISBN-10 : 295557273X
  • ISBN-13 : 978-2-9555727-3-3
  • Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

    Le 04 août 1983, Thomas Sankara prenait le pouvoir en Haute-Volta. Pendant 04 ans, il dirigera une révolution politique, économique, sociale et culturelle, allant jusqu’à renommer le pays “Burkina Faso” (le pays des hommes intègres).
    Personnage hors du commun, visionnaire, sensible et téméraire, ce leader, loin des habitudes des hommes politiques traditionnels, joignait le geste à la parole. Les citations de ce livre ne sont donc pas des rêves d’idéalistes mais des mots d’ordre et des slogans pour lesquels Thomas Sankara a lutté avec toute son énergie et son charisme.
    Malheureusement, sa soif d’indépendance se heurta à des intérêts étrangers et locaux. En effet, son combat pour la dignité de son peuple nécessitait des sacrifices que certains de ses compatriotes rechignèrent à consentir.
    Thomas Sankara fut assassiné le 15 octobre 1987. Le 21 décembre 2019, jour de sortie de cet ouvrage, il aurait eu 70 ans.

    Biographie de l’auteur

    Viané est un artiste français né en 1977. De son vrai nom Vianney RAYNAL, ce musicien, graphiste, dessinateur et peintre est très influencé par l’Afrique, notamment le Burkina Faso ou il a résidé entre 1996 et 2003.

    A Ouagadougou, il gérera un studio d’enregistrement, produira des albums (MASK’A JAZZ, DJAFOUL STAFF, NB BAB’S…) et organisera des concerts. Il évolue ensuite vers le graphisme, la création de logo et la photographie.

    Viané (mars 2020(
    Viané (mars 2020)

    Installé à Montpellier depuis 2003, il travaille dans la grande distribution et continue ses activités artistiques en parallèle. Ainsi en 2007, il enregistre une chanson en hommage à Thomas Sankara intitulé « 20 ans après ».

    En 2014 il réalise une bande dessinée intitulée “SANKARA ET BLAISE” (voir à http://www.thomassankara.net/sankara-et-blaise-une-bande-dessinee-de-viane/). Elle le sera éditée en 2015 en Espagne par Ediciones Wanafrika, en 2016 au Canada par Malaîka Edition, puis rééditée en France en 2019 par le Comité Thomas Sankara de Montpellier.

    En 2016, il réalise une seconde BD intitulée « ADO ET GBAGBO » En 2017, il boucle la trilogie autour de « combats politiques en Afrique » en réalisant la BD « SEKOU ET DE GAULLE ».

    Viané est l’auteur, le dessinateur et l’éditeur des BD. Il lui faut un an de travail pour réaliser une œuvre, les soirs et les week-end. Plusieurs mois sont nécessaires aux recherches historiques (livres, internet…), puis il faut passer au dessin.

    Viané n’ayant pas les bases nécessaire pour dessiner correctement, il trouve un moyen moderne pour contourner le problème: Avec un logiciel de retouche d’images, il reconstitue des scènes en collant des photos d’archives, puis il dessine par dessus avec une tablette graphique. Une fois le dessin réalisé, il termine par le coloriage avec le même logiciel de retouches d’images.

    En 2018, il commence à travailler sur un projet de BD sur Norbert Zongo. A l’occasion de la commémoration des 20 ans de son assassinat, le 13 décembre 2018, il édite un recueil de citations intitulé « Paroles d’honneur ». Un an plus tard, cette fois a l’occasion du 70eme anniversaire de la naissance de Thomas Sankara, il édite un autre recueil de citations intitulé « Gloire au peuple ». Depuis quelques mois, Viané consacre son temps libre à la peinture et à la réalisation de sa quatrième BD qui s’intitulera « Zongo et l’affaire David O ».

    contact : vianneyraynal@gmail.com

    https://www.facebook.com/Vianney-Vian%C3%A9-111413567164638/

    Nos commentaires

    Publier un recueil de citations est une excellente idée car il n’y en a guère, à part au Burkina bien sûr et plusieurs recueils peuvent être trouvés chez les petits vendeurs, mais à l’extérieur aucun n’a encore été édité à notre connaissance.

    Le recueil est préfacé par Mariam Sankara qui écrit notamment : “Les citations relevées par Vianney montrent que les idées et les objectifs de Sankara visaient la souveraineté et le développement de son pays, ainsi que la dignité de l’individu. Elles nous inspirent pour que nous puissions approfondir les alternatives que nous volons pour l’Afrique“.

    Viané, bien que militant du Comité Sankara de Montpellier, où il réside est un artiste. Outre d’être donc le premier recueil de citations publié hors du Burkina apparait comme un ouvrage artistique, ce qui rend son abord facile et agréable. Chatoyant de couleurs, chaudes pour la plupart rappelant la chaleur du Burkina, cet ouvrage nous explose à la tête à chaque nouvel page. Un important travail de mise en page nous offre des polices de caractères différentes à chaque page, parfois agrémentée de quelques dessins. La sobriété n’est sans doute pas la meilleure façon d’amener les lecteurs à s’approprier le langage politique.

    Le choix des citations extraites le plus souvent des discours, parfois d’interview, embrasse les thèmes préférés de Thomas Sankara. L’ambition ou la folie (au sens où  “on ne fait pas de transformation fondamentale sans un minimum de folie”), la définition et la dénonciations de l’impérialisme, la libération de la femme, l’intégrité, la petite bourgeoisie et son incapacité à accepter les sacrifices, la lutte pour la défense de l’environnement, l’universalité de la révolution, le refus de payer la dette, la politisation de l’armée, la valorisation de la production nationale… Et l’humour comme la radicalité traversent ce recueil.

    Un petit bémol, quelques citations ne sont pas référencées, les autres pas toujours de façon précise. Ce n’est pas l’objet de ce recueil, ça aurait un plus. Mais rien n’empêche les lecteurs d’aller un peu plus en profondeur en se procurant d’autres ouvrages sur la Révolution et Thomas Sankara. Et ils sont de plus en plus nombreux.

    Reste que la lecture de toutes ces citations fait l’effet d’un souffle de fraicheur. Ne pas s’en priver. Le livre n’est pas vendu en librairie donc si vous voulez vous le procurer contactez l’auteur. La jeunesse en particulier devrait apprécier ce travail mélant contenu et art.

    Bruno Jaffré

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    Norbert Zongo, Paroles d’honneur citations sélectionnées par Viané https://www.thomassankara.net/norbert-zongo-paroles-dhonneur-citations-selectionnees-par-viane/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=norbert-zongo-paroles-dhonneur-citations-selectionnees-par-viane https://www.thomassankara.net/norbert-zongo-paroles-dhonneur-citations-selectionnees-par-viane/#respond Sun, 29 Mar 2020 16:43:53 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=242632 Bande dessinée Editeur : VRP Edition (décembre 2018), 30 pages. ISBN-10 : 295557273X ISBN-13 : 978-2-9555727-2-6 Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture) Burkina Faso, 13 décembre 1998. Sur une route de brousse, une voiture achève de se consumer. A l’intérieur, des villageois découvrent trois corps calcinés. Un quatrième cadavre gît à terre sur le coté. […]

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  • Bande dessinée
  • Editeur : VRP Edition (décembre 2018), 30 pages.
  • ISBN-10 : 295557273X
  • ISBN-13 : 978-2-9555727-2-6
  • Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

    Burkina Faso, 13 décembre 1998.

    Sur une route de brousse, une voiture achève de se consumer. A l’intérieur, des villageois découvrent trois corps calcinés. Un quatrième cadavre gît à terre sur le coté. Le véhicule appartient au journaliste Norbert Zongo, directeur de l’hebdomadaire “l’indépendant”. Depuis des mois, ce dernier alertait l’opinion des menaces de mort qu’il recevait.

    Les médias officiels parlent d’un accident de la route. Mais le peuple Burkinabé ne croit pas à cette version. Les étudiants sortent dans la rue puis toute la population se révolte contre ce crime odieux. Face à cette crise, le gouvernement accepte la mise en place d’une Commission d’Enquête Indépendante. Celle-ci va aboutir à la conclusion que Norbert Zongo a été assassiné par des éléments de la garde présidentielle. Les trois autres passagers ont été liquidés pour ne pas laisser de témoins. Le mobile de ce crime apparaît clairement d’après les investigations: Norbert Zongo allait trop loin dans sa dénonciation des abus et des crimes du pouvoir en place. Malgré les pressions, il refusait notamment de cesser ses investigations sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur du frère du président Blaise Compaoré.

    20 ans plus tard, les Burkinabé réclament toujours justice pour Norbert Zongo. Biaise Compaoré a été chassé du pouvoir et s’est exilé en Côte d’ivoire. Son frère François, lui, vit en exil en France. Le Burkina Faso demande son extradition pour pouvoir le juger dans cette tragique affaire.

    A travers quelques formules engagées, tranchantes mais souvent drôles, ce petit livre rend hommage à ce grand journaliste.

    Biographie de l’auteur

    Viané est un artiste français né en 1977. De son vrai nom Vianney RAYNAL, ce musicien, graphiste, dessinateur et peintre est très influencé par l’Afrique, notamment le Burkina Faso ou il a résidé entre 1996 et 2003.

    A Ouagadougou, il gérera un studio d’enregistrement, produira des albums (MASK’A JAZZ, DJAFOUL STAFF, NB BAB’S…) et organisera des concerts. Il évolue ensuite vers le graphisme, la création de logo et la photographie.

    Viané (mars 2020(
    Viané (mars 2020)

    Installé à Montpellier depuis 2003, il travaille dans la grande distribution et continue ses activités artistiques en parallèle. Ainsi en 2007, il enregistre une chanson en hommage à Thomas Sankara intitulé « 20 ans après ».

    En 2014 il réalise une bande dessinée intitulée “SANKARA ET BLAISE” (voir à http://www.thomassankara.net/sankara-et-blaise-une-bande-dessinee-de-viane/). Elle le sera éditée en 2015 en Espagne par Ediciones Wanafrika, en 2016 au Canada par Malaîka Edition, puis rééditée en France en 2019 par le Comité Thomas Sankara de Montpellier.

    En 2016, il réalise une seconde BD intitulée « ADO ET GBAGBO » En 2017, il boucle la trilogie autour de « combats politiques en Afrique » en réalisant la BD « SEKOU ET DE GAULLE ».

    Viané est l’auteur, le dessinateur et l’éditeur des BD. Il lui faut un an de travail pour réaliser une œuvre, les soirs et les week-end. Plusieurs mois sont nécessaires aux recherches historiques (livres, internet…), puis il faut passer au dessin.

    Viané n’ayant pas les bases nécessaire pour dessiner correctement, il trouve un moyen moderne pour contourner le problème: Avec un logiciel de retouche d’images, il reconstitue des scènes en collant des photos d’archives, puis il dessine par dessus avec une tablette graphique. Une fois le dessin réalisé, il termine par le coloriage avec le même logiciel de retouches d’images.

    En 2018, il commence à travailler sur un projet de BD sur Norbert Zongo. A l’occasion de la commémoration des 20 ans de son assassinat, le 13 décembre 2018, il édite un recueil de citations intitulé « Paroles d’honneur ». Un an plus tard, cette fois a l’occasion du 70eme anniversaire de la naissance de Thomas Sankara, il édite un autre recueil de citations intitulé « Gloire au peuple ». Depuis quelques mois, Viané consacre son temps libre à la peinture et à la réalisation de sa quatrième BD qui s’intitulera « Zongo et l’affaire David O ».

    contact : vianneyraynal@gmail.com

    https://www.facebook.com/Vianney-Vian%C3%A9-111413567164638/

    Nos commentaires

    Viané poursuit son travail de popularisation de l’histoire africaine et de certains de ses dirigeants à partir des bandes dessinées ou comme c’est le cas, d’un recueil de citations en utilisant l’art.

    Après le recueil de discours de citations de Thomas Sankara, cette fois c’est pour Norbert qu’il mobilise ses talents d’artiste et de graphiste. Et si beaucoup de citations sont reprises un peu partout, il n’en est rien pour Norbert Zongo. Ce journaliste, pionnier du journalisme d’investigation au Burkina, paiera de sa vie son courage sous le régime de Blaise Compaoré, alors qu’il enquêtait sur les scandales de corruption et les assassinats, dont notamment celle de David Ouedrago livré aux tortionnaires du régiment de sécurité présidentielle qui le torturèrent à mort.

    On découvre que Norbert Zongo pétille d’intelligence, de rigueur. Il déploie d’efficaces talents de pédagogue pour sensibiliser la jeunesse hors de toutes paroles convenues. On comprend qu’il soit, au côté de Thomas Sankara, une des deux figures qui ont nourri la formation et l’exemple à suivre de la jeunesse de son pays.

    Ces quelques citations retrouvées par Viané nous remplissent d’émotion. Elles illustrent sa profonde solitude, dans ce combat de David contre Goliath, à part quelques amis journalistes. Son courage faisait probablement le vide autour de lui. Que de justesse dans ses analyses. Il ne cesse d’appeler à la responsabilité de chacun, tirant la sonnette d’alarme, dénonçant les travers du régime, mais s’adressant surtout aux burkinabé pour qu’ils ne tournent pas la tête, qu’ils ne consacrent plus à l’éducation de leurs enfants, tout en mettant en avant les valeurs africaines. “La seule leçon c’est la lutte“, dit-il tandis que Sankara déclare “Seule la lutte paie“.

    Norbert Zongo a refusé a proposition de Thomas Sankara de venir collaborer avec lui, alors qu’il était arrivé au pouvoir, pour des raisons politiques. Pourtant on trouve d’importants points communs entre les deux hommes, mis d’ailleurs au même niveau de héros et de visionnaire par la population burkinabè. Une morale implacable et un appel à lutte pour améliorer le sort de chacun.

    Ce recueil, essentiellement graphique, surprend au départ. Mais c’est celle d’un artiste qui aime et utilise les couleurs, le travail sur les polices de caractère. Le résultat en plus d’être émouvant par le contenu des textes, est une véritable fête pour nos yeux. Finalement une belle mise en valeur. Après un court moment pour s’adapter, les textes se laissent aisément apprivoiser. c’est évidemment à l’ensemble des Burkinabè et à leurs amis à l’extérieur que d’adresse cet ouvrage, non pas au chercheur. Cette méthode rend finalement les textes plus accessibles, plus lisibles.

    Sans doute aurions-nous aimé un peu d’explication de contextualisation. Mais Viané est un artiste et non un chercheur, même s’il est militant. Encore qu’il a fallu partir à la recherche de tous ces textes. Mais ce livre doit sonner comme un appel à un travail à faire sur Norbert  Zongo, un recueil de textes plus complet accompagné d’une biographie. Mais n’est-ce pas aux nombreux journalistes nombreux au Burkina à se réclamer de Norbert Zongo de le faire? Ce travail existe-il? Si il faut mieux le faire connaitre.

    Quant à ceux qui ne connaissent pas ou que de nom, Norbert Zongo qu’ils se procurent cet ouvrage (contact : vianneyraynal@gmail.com). D’abord ils se délecteront de ses paroles si justes tout autant qu’explosives, et si émouvantes quand on sait qu’il a été assassiné horriblement mais ils comprendront aussi la place qu’a pris ce journaliste parmi les héros post indépendance burkinabè.

    Bruno Jaffré

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