Films - Thomas Sankara Website - Officiel https://www.thomassankara.net/category/creations-artistiques/films/ La patrie ou la mort, Nous vaincrons! Fri, 09 Jan 2026 10:26:05 +0000 fr-FR hourly 1 145130549 ESBEC37, un film sur les jeunes burkinabè envoyés se former à Cuba pendant la révolution, réalisé par Alex Verdejo https://www.thomassankara.net/esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo https://www.thomassankara.net/esbec37-un-film-sur-les-jeunes-burkinabe-envoyes-se-forme-a-cuba-pendant-la-revolution-realise-par-alex-verdejo/#respond Fri, 09 Jan 2026 01:00:32 +0000 https://www.thomassankara.net/?p=251094 Fiche technique Réalisation : Àlex Verdejo Production : Issa Amadou Dicko, Marta Hernàndez Huguet i Pepa Roselló Sánchez Scénario : Nebon Babou Bassono i Àlex Verdejo Images : Pepa Roselló Sánchez i Àlex Verdejo Enregistrement de son : Marina Ventura Varona i Júlia Galobart Domènech Musique originale : Drissa Diarra Contact : esbec37@gmail.com Bande annonce  […]

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Fiche technique

Réalisation : Àlex Verdejo

Production : Issa Amadou Dicko, Marta Hernàndez Huguet i Pepa Roselló Sánchez

Scénario : Nebon Babou Bassono i Àlex Verdejo

Images : Pepa Roselló Sánchez i Àlex Verdejo

Enregistrement de son : Marina Ventura Varona i Júlia Galobart Domènech

Musique originale : Drissa Diarra

Contact : esbec37@gmail.com


Bande annonce 


Présentation du film, nos commentaires

ESBEC 37 signifie, École Secondaire Basique dans la Campagne nº37. C’est l’école où ont été envoyés 600 jeunes Burkinabè en 1986. Elle est située sur l’île de la Jeunesse à Cuba. Ce projet faisait partie des accords de coopération signés entre Cuba et le Burkina en décembre 1983.

Nebon Babou Bassono, est l’un de ces 600 jeunes burkinabè. Tous très jeunes, moins de 14 ans, ils avaient été choisis parmi les plus déshérités, orphelins vivant dans des familles défavorisées. Avec un double objectif, leur donner une chance dans la vie et revenir avec des formations, la plupart du temps technique pour se mettre à leur retour au service du développement du Burkina.

Durant ce voyage, chargé d’émotion, le spectateur accompagne Babou et son ami Issa, qui lui réside au Burkina, lors de leur premier retour à Cuba. Tous les deux ont été formés dans cette même école ESBEC 37. Lors de leur pérégrination à Cuba, ils retournent dans différentes lieux pour eux chargés de souvenirs. Dans l’école bien sûr, dont la fameuse école qui les a accueillis dans l’île de la Jeunesse. Mais aussi à la rencontre d’anciens enseignants de cette école, et d’autres personnalités. Un voyage ponctué des commentaires que nous fait Babou nous partageant ses souvenirs et ses réflexions.

Le film commence par un exposé que nous fait Babou sur ce que fut la Révolution burkinabè et quel personnage était Thomas Sankara. Il peut paraitre un peu long, mais combien indispensable, car ce leader charismatique et la Révolution qu’il a dirigée restent encore assez peu connus, notamment par les plus jeunes générations. Babou, omniprésent, passe bien face la caméra, sa diction est fluide, ce qui n’est pas si facile que ça peut paraitre. On regrette un peu de ne pas voir plus d’archives de la Révolution. Sans doute trop chères vu le budget très é du film, collecté par un appel à financement participatif. Par contre, on visionnera avec plaisir certaines archives de Cuba de l’époque, dont des images l’ESBEC37 de l’époque. L’objectif de l’appel de fonds étaient d’atteindre de collecter entre 7600 et 12000 €. Ce sera finalement à ce jour 9355 € atteint. Avec un si budget, il a fallu chercher des logements les moins onéreux possible, chez des habitants de l’île qui les ont beaucoup aidés. Plusieurs scènes ayant aussi été tournés chez eux.

Après cet exposé, fait à Barcelone, quelques séquences suivent dans la même ville à la rencontre de plusieurs anciens élèves de l’ESBEC. Ils partagent ensemble quelques souvenirs de cette période, non sans émotion, mais avec aussi quelques éclats de rire.

Puis on se retrouve à Cuba où se poursuit l’essentiel du film. Une occasion de voir des images, rares il faut le dire de Cuba, en dehors des circuits touristiques. Sous embargo, le pays compte sur le tourisme, en particulier, les hôtels sur la côte pour faire rentrer des devises. L’île parait en général bien entretenue et propre, et d’un certain charme du fait de l’ancienneté des maisons ou bâtiments, peu renouvelés et entretenus un minimum faute de moyen. Ce n’est qu’à la fin du film dans un quartier de la Havane ou habite, un ancien de ESBEC 37, que quelques images furtives nous laissent entrevoir la pauvreté et les saletés d’une rue dans un quartier populaire de Cuba. Alex, le réalisateur nous a confirmé qu’en règle générale Cuba est bien entretenue et propre, particulièrement l’ile de la jeunesse a-t-il ajouté, mais qu’effectivement quelques quartiers de la Havane, Santiago et Santa Claradans ne le sont pas partout. Mais le plus grand problème c’est celui de la réhabilitation des immeubles, faute de moyens.

La force du film, outre les souvenirs des anciens élèves qui nous valent des récits d’anecdotes truculentes, c’est la vision par les Cubains de cette expérience. Et l’engagement de ces personnes dans la solidarité internationale, fortement empreint  d’humanisme. Cette génération reste nostalgique d’un idéal, longtemps maintenu qui a encore de beaux restes dans la tête des anciens. Cuba n’a cessé d’être combattu sans répit depuis la prise du pouvoir par Fidel Castro, Che Guevara et leurs compagnons, notamment par les États-Unis. Ce pays a tenté de multiples tentatives d’assassinats de Fidel Castro, un débarquement de mercenaires, et cet embargo permanent destructeur. Cuba a tenu, par la mobilisation sans faille de sa population, mais aussi grâce à l’aide de l’Union soviétique. Son démantèlement n’a pas été fatal mais a obligé le pays à réduire considérablement ses ambitions et ses possibilités de développement, avec en corollaire la diminution des actions de solidarité internationale, pourtant au cœur des révolutionnaires.

L’image des ruines des vestiges de l’ESBEC en constitue en quelque sorte le témoignage, dans le film. Ce lieu chargé d’histoire dépérit, abandonné et laissé à lui-même. Une enseignante ose à peine évoquer ces turbulents gamins qui cherchaient à faire le mur pour chiper des mangues dans le verger voisin d’un paysan.

Grand moment d’émotion lorsque Babou et Issa évoquent l’arrivée de Thomas Sankara à l’école, venu se rendre par lui-même de l’expérience, les encourager et leur rappeler leur devoir de bien étudier pour revenir se mettre au service du Burkina. Eux que l’on surnomme les « Orphelins de Thomas Sankara », depuis la sortie du film de Géraldine Berger qui en a fait le titre de son film. Une grande tristesse s’empare de nos protagonistes lorsqu’ils évoquent l’assassinat de Thomas Sankara. D’autant plus qu’ils avaient raconté leur ravissement de la journée qu’il avait passé avec eux.

Dans la salle où ils se sont retrouvés ce jour-là, ils se sont réunis en assemblée général et ont décidé la grève des cours ! La normalisation avec les nouveaux dirigeants a nécessité de nombreux fréquents voyages de nouveaux responsables politiques. Que pouvaient-ils faire ? Le régime de Blaise Compaoré, s’est toujours méfié de ces jeunes formés à Cuba, dont beaucoup n’ont pas trouvé d’emplois à leur retour.

D’autres enseignantes évoquent ceux qu’elles considèrent comme leurs enfants, certains étant quasiment adoptés par des familles. Car une fois l’enseignement général terminé à l’ESBEC 37, les élèves ont été répartis un peu partout pour suivre des formations professionnelles techniques, pour la plupart d’entre eux, avec les autres jeunes cubains, de rapprochant ainsi de la population. Une solidarité créatrice d’amitié qui perdure encore pour certains d’entre eux. Mais Cuba a fait bien plus. Une autre enseignante donne en quelque sorte la clé de cette solidarité internationale. Elle donne en quelque sorte la clé de l’engagement international des Cubains. « Lorsque a parlé de l’Angola, pays de la ligne du front, il a touché les cubains au cœur. Les jours suivants nombreux sont venus se porter volontaires dans les comités militaires pour aller combattre en Angola ».

La rencontre avec Marlen Villavicencio, ancienne enseignante dans l’une des ESBEC pour étudiants nicaraguayens, devenue aujourd’hui, directrice de l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples (ICAP) sur l’Île de la Jeunesse, nous révèle l’ampleur de l’engagement de Cuba dans la formation de la jeunesse : 18000 jeunes issus de 37 nationalités sont venus en bénéficier. Elle cite en exemple 4 ESBEC pour les seuls jeunes mozambicains au cœur du combat contre l’apartheid d’Afrique du Sud. Elle se désole que ce projet de formation d’étudiants étrangers ait dû être abandonné. On découvre l’ampleur du programme, resté peu connu. Rappelons ici que l’agression de l’Afrique du Sud contre le Mozambique et l’Angola a pu être stoppée victorieusement grâce à l’envoie par Cuba de dizaines de milliers de soldats !

Autre rencontre marquante du film, celle de la fille de Che Guevara, qui semble porter en elle le rêve de son père. « Semons la solidarité pour récolter la vie » déclare-t-elle. Médecin, elle a parcouru le monde pour soigner les gens. Sage-femme, elle explique son admiration pour les accoucheuses Kichouas, d‘un peuple autochtone d’Equateur dont dit-elle, elle a véritablement appris ce qu’est un accouchement. La santé était un autre projet phare de la solidarité internationale de Cuba. Des milliers de médecin dans différents pays, y compris des pays occidentaux, pour former d’autres médecins et soigner la population, dans des pays manquant cruellement de médecins. Aujourd’hui l’envoi de médecins se poursuit à travers le monde, permettant en contrepartie la rentrée de devises.

Outre de reprendre l’histoire de ces jeunes Burkinabè partis se former à Cuba, ce film nous offre une vision vue de Cuba des différentes formes de solidarité internationale que la révolution a mis en place. Nous démontrant combien les Cubains se sont engagés, avec leurs cœurs, parfois au risque de leurs vies. Cuba est actuellement en crise, sans doute la plus grave de son histoire depuis la Révolution. Le pays a besoin cette fois, à son tour, Elle existe certes dans différents milieux, mais trop insuffisantes. Que va devenir ce pays qui nous a tant fait rêver ?

On trouvera de nombreuses autres précisions dans le document très complet présentant le film à https://fr.goteo.org/project/esbec-37C

Bruno Jaffré


Présentation du réalisateur 

Àlex Verdejo a étudié l’anthropologie sociale à l’Université autonome de Barcelone (UAB) et a suivi une formation cinématographique à l’École de cinéma de Barcelone (ECIB). ESBEC 37. Pionniers formés entre deux révolutions est son premier film en tant que réalisateur. Le dernier documentaire auquel il a participé en tant que directeur de la photographie, Els residus del mercuri, a récemment été diffusé sur la télévision publique catalane. Il a commencé a étudier la Révolution d’Août à Burkina Faso en 2017 et a publié de nombreux articles, reportages et interviews sur cette question dans des médias catalans et espagnols comme la Directa, El Salto et Africaye.


Questions au réalisateur, Alex Verdejo

Engagement social

Comme vous est venue l’idée de faire ce film ?

Poble Íntegre (Peuple Intègre en catalan) est un petit groupe de travail qui est né a Barcelone pour étudier et diffuser les idées de Thomas Sankara. Après un premier voyage au Burkina Faso pour mieux connaitre son héritage et interviewer des personnes qui ont été liées a la Révolution d’Août, nous avons participé en l’organisation d’un premier évènement d’hommage pour les 15 octobre 2017 à Barcelone (qui après s’est tenu toutes les années jusqu’à aujourd’hui). Dans le cadre de cette activité nous avons connu celui qui alors était président de l’Association de Burkinabè de Barcelone et qui est le personnage principal du documentaire. Après trois années de collaboration, en 2019 on a décidé de tourner un film sur son histoire: celle des 600 enfants Burkinabè formés à Cuba.

Vous affichez un budget d’un peu plus de 9000€. Comment arrive-t-on un film avec un si petit budget, d’autant plus qu’il y a dedans le prix des billets pour aller à Cuba ?

Nous avons lancé un processus de micromecénat avec lequel nous avons pu réunir un peu plus de 9000 €, oui. Le tour de projections que nous sommes en train de faire dans les Pays Catalans nous a permis aussi de réunir autour de 3000 € en plus. Mais ça continue à être très peu, en effet. La raison pour laquelle nous avons pu le tourner même sans trop de moyens, juste avec le soutien de gens comme nous-mêmes, c’est que ESBEC 37 est un documentaire engagé, qui est né avec la seule volonté de faire mieux connaitre cette histoire et expliquer un exemple de la solidarité cubaine. L’équipe de réalisation a assumé personnellement le coût des voyages à Cuba et au Burkina Faso, sinon ça n’aurait pas été possible. Le matériel était le nôtre, mais nous nous sommes payés juste en plus un système de micro sans film. Et nous avez cherché pour nous loger des endroits le moins cher possible, dont chez l’habitant.

Comment êtes-vous entrés en contact avec les autorités Cubaines ? Comment ont-elles accueilli le projet ?

En Catalogne il y a un fort mouvement de solidarité avec Cuba, avec qui nous avons déjà travaillé auparavant. Pour cette raison, ils nous connaissaient déjà quand nous nous sommes mis en contact. C’est ce mouvement qui nous a mis en contact avec le Consulat de Cuba à Barcelona, qui a soutenu le projet et nous a aidés à nous mettre en contact avec l’Ambassade à Madrid pour régler les visas et les permis de tournage. À Cuba, les questions administratives ont été un peu lentes à régler du fait d’une certains démocratie. Mais pour les reste, nous avons eu le soutien, sur place, du Centre de Presse Internationale et l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples. Tout le monde avec qui nous avons travaillé là-bas a vécu avec beaucoup d’enthousiasme le tournage de ce documentaire. Les autorités cubaines n’ont pas participé au le financement, mais nous ont donné les permissions nécessaires, par exemple, en nous ont accompagnant à l’ESBEC 37 ou à obtenir l’interview d’Aleida Guevara.

Le film a été bien accueilli au Burkina, mais comment a-t-il été reçu à Cuba, s’il a pu être projeté là-bas ?

La Première mondiale du film, en effet, s’est fait à Ouagadougou, au Ciné Burkina, le 2 août 2025, où nous avons invité tout les anciens élèves Burkinabè qui sont allés à Cuba. Notre idée est de faire un tour dans environ 8 villes cubaines l’été de 2026, mais nous sommes en train de voir comment évolue la situation épidémiologique qui est en train de vivre l’île en ce moment. Mais si ce n’est pas en 2026, nous ferons le tour en 2027, qui sera justement le 50ème anniversaire du début du projet d’éducation internationaliste qui a rendu possible toute cette histoire.

J’ai découvert l’ampleur du projet de formation des jeunes. 18000 jeunes issues de 37 nationalités. C’est tout à fait impressionnant. Avez-vous des échos sur le devenir des jeunes des autres pays ?

À partir du tournage du documentaire, nous avons connu plein d’autres personnes, d’autres nationalités, qui se sont bénéficiés de cette expérience. Quand on était à Cuba, par exemple, nous nous sommes croisés avec un groupe de quarante éthiopiens qui avaient aussi étudié à l’Île de la Jeunesse. Aussi, quand nous avons fait la projection à Palma dans l’île de Mallorca, une des personnes qui est venu, originaire du Sahara Occidental, a un frère qui a étudié à Cuba. Dans les réseaux sociaux nous avons été contactés aussi par des personnes de plusieurs pays (surtout Angola et Mozambique), pour nous expliquer leurs histoires. En général, l’impression que nous avons reçue est que la majorité des anciens élèves ont un niveau social assez élevé dans leurs pays, ce qui contraste beaucoup avec le cas de Burkina Faso, où anciens élèves sont revenus durant la contre révolution.

Ce projet ne tourne pour l’instant qu’en Catalogne et en Espagne ? Comment est-il accueilli ? Quel est le type de public qui vient le voir.  

En effet, en ce moment le film tourne en Catalogne où nous sommes installés. Le premier week-end (c’est à dire quand) nous avons fait des projections dans des cinémas autour du 15 octobre 2025, à Barcelone, Sabadell et Valence avec autour de 600 personnes au total. Dans les 12 projections que nous avons organisées, nous avons compté autour de 200 personnes. La majorité sont des jeunes engagés, intéressés par la figure de Thomas Sankara, et aussi de personnes moins jeunes, qui connaissent l’Afrique et sont engagés dans la coopération pour le développement. En février-mars nous allons passer par les Pays Basque et par Madrid. Nous sommes aussi en train de parler avec des camarades du Chile et l’Argentine pour faire des projetions là-bas (sans Babou et l’équipe de réalisation) et nous sommes ouverts à d’autres propositions.

Le film est disponible en quelle langue ?

Les dialogues du film sont principalement en espagnol, puisque il est tourné surtout à Cuba, mais le film à trois versions : espagnol, catalan et français. Babou parle les trois langues et nous avons enregistré toutes ses interventions dans les trois, en rajoutant des sous titres pour les dialogues.

Propos recueillis par Bruno Jaffré

 

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ENTRETIEN. Le journaliste et réalisateur Richard Tiéné présentera au Fespaco (2021) son documentaire « Thomas Sankara, l’humain », un travail minutieux et original sur la révolution burkinabè. (NDLR : on trouvera une présentation du film à « Thomas Sankara, l’humain » dont il est question ici à http://www.thomassankara.net/thomas-sankara-lhumain-film-de-richard-tiene/)

Propos recueillis par Agnès Faivre

À environ trois semaines du clap d’ouverture de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), Richard Tiéné, journaliste, réalisateur et producteur de 44 ans, donne les derniers coups de ciseaux à son biopic consacré au « Che » africain. Intitulé « Thomas Sankara, l’humain », ce documentaire a été sélectionné dans la nouvelle catégorie Section Burkina. Elle récompense des œuvres « représentatives du paysage cinématographique burkinabè ».

Résultant de sept ans de travail et autoproduit, ce film 100 % made in Burkina Faso nous transporte des routes cabossées menant au village natal du révolutionnaire burkinabè jusqu’aux recoins glauques et froids – filmés en noir et blanc – du bâtiment où il fut exécuté avec douze de ses compagnons à Ouagadougou le 15 octobre 1987. Une version « grand format » de 2 h 30 avait été présentée au public burkinabé en octobre 2020. Cette nouvelle mouture de 80 minutes en est à la fois un condensé, et pourrait constituer le « teaser » d’un projet de série d’une dizaine d’épisodes de 26 minutes.

La matière est là. Richard Tiéné exhume et accumule depuis des années des archives, publiques et privées, sur Thomas Sankara. Il a rencontré ses compagnons de route, sa famille, des acteurs politiques ou diplomatiques, et aussi des contempteurs de la révolution. Ni une hagiographie ni un dénigrement de cette icône qui « fascine » le réalisateur depuis l’enfance, le documentaire Thomas Sankara, l’humain entend poser un regard équilibré sur ce héros national. Le Point Afrique l’a rencontré dans les locaux de sa société de production audiovisuelle, Gcom.

Le Point Afrique : Vous aviez 10 ans lorsque Thomas Sankara est arrivé au pouvoir. Quels souvenirs avez-vous gardés de la période révolutionnaire ?

Richard Tiéné : Je suis arrivé au Burkina Faso deux ans après son assassinat survenu le 15 octobre 1987. Pendant la révolution, j’étais en Côte d’Ivoire, à l’école primaire. Mais déjà enfant, j’étais subjugué. Je voyais ce Monsieur en treillis, poing levé. Avec des camarades de classe burkinabè, on disait : « Notre président est plus jeune et plus beau que le président ivoirien Houphouët-Boigny » (rires). Et puis j’entendais parler des trois luttes, contre la coupe du bois, la divagation des animaux, les feux de brousse. C’était nouveau. J’ai eu envie de comprendre. Ma mère tenait une mercerie et m’envoyait acheter des journaux pour emballer les articles de couture. Je dévorais les articles qui parlaient de lui dans la presse ivoirienne, et chacune de ses interviews.

Arrivé au Burkina Faso, j’ai vécu un bout de la « rectification » engagée par Blaise Compaoré. Durant mon année de cm2, j’ai fait partie des derniers pionniers de la révolution. On portait encore l’écharpe, le foulard et le béret, juste avant que ces symboles ne disparaissent. J’étais délégué de classe et quand un invité se présentait, le délégué tapait du poing sur la table. Toute la classe se mettait debout et déclamait : « Pionnier ! Oser, lutter, savoir, vaincre, vivre en révolutionnaire, mourir en révolutionnaire, les armes à la main ! La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » L’invité répondait « Merci camarade », puis on s’asseyait.

Dans mon village, en tant que pionniers, on avait aussi animé la première édition du festival des masques traditionnels de Pouni. J’aimais cet esprit, mais il n’a pas soufflé très longtemps à travers le pays. Quand je suis entré au collège, en 1990, on ne parlait plus de révolution, c’était fini.

Certaines actions nées durant la révolution perduraient-elles néanmoins ?

Oui, comme la plantation d’arbres. Pendant la révolution, le programme « un village, un bosquet » avait été mis en œuvre, avec le slogan « 8 000 villages, 8 000 forêts ». Les gens continuent aujourd’hui de planter des arbres, c’est un héritage de la révolution. Je me souviens qu’à l’école, on avait aussi des jardins éducatifs. On devait semer, arroser et récolter des produits, comme du chou, des tomates, qu’on retrouvait dans nos repas.

Comment l’idée de ce film a-t-elle germé ?

Ce film sur Sankara, c’est toute ma vie. Au collège, j’ai commencé à lire tout ce qui était disponible sur Thomas Sankara. J’étais fasciné. Chaque 15 octobre, je me rendais au cimetière de Dagnoën, où il était censé être enterré. Les sankaristes et les proches des victimes de l’assassinat de 1987 s’y retrouvaient. Et puis, en 1998, le journaliste Norbert Zongo a été à son tour assassiné. On a dit que c’était le crime de trop. J’étais en terminale à l’époque, et ça m’a beaucoup marqué, car j’aimais ses enquêtes, ses éditos, son style cru. Peu après, je me suis orienté vers le journalisme. Et j’ai toujours gardé à l’esprit ce que Thomas Sankara disait sur ce métier, qu’il fallait dénoncer et dire, au service du peuple, ne pas rester muet, ne pas se laisser corrompre. Et puis je lui ai consacré de nombreux sujets pour la radio. Sankara a toujours été présent dans mon parcours.

Ce film, c’est toute ma vie, aussi car j’ai mis du temps pour le boucler – plus de sept ans ! –, et parce que la réalisation est rythmée d’ingrédients dont je suis fan. Le slam, le rap, la danse contemporaine…

La narration est en effet entrecoupée d’extraits d’un spectacle de danse qui met en scène cinq officiers en treillis et rangers…

Oui, je ne voulais pas me cantonner à dérouler des témoignages sur Sankara. Une création de danse contemporaine a donc été conçue pour ce film. La bande-son est un slam de l’artiste Nathanael Minougou. Il retrace la vie du révolutionnaire, du premier cri du nourrisson jusqu’au dernier souffle du capitaine, avec en toile de fond une certaine tension, et une métaphore sur le poisson capitaine en eaux troubles, confronté aux prédateurs.

Sur la base de ce slam, les danseurs du Centre de développement chorégraphique La Termitière (CDC) ont élaboré une chorégraphie. Les répétitions et la captation vidéo du spectacle ont été organisées dans nos locaux. On a créé une ambiance très obscure, avec des fumigènes, et c’est le réalisateur de vidéo-clips Raywox Mensa qui l’a restituée. Les chants et la musique qui composent la bande-son du film sont quant à eux signés Mai Lengani, Nael Melerd, Ro Bayala et Asley.

Un film 100 % burkinabè, fidèle à la doctrine révolutionnaire du « produire et consommer burkinabè » ?

Oui, et c’est un documentaire entièrement autoproduit, sur fonds propres. D’où le temps passé ! Chemin faisant, je me suis demandé combien de Burkinabè avaient réalisé des films sur Thomas Sankara. J’ai constaté que la filmographie existante se composait essentiellement de documentaires produits à l’extérieur. Peut-être parce que les réalisateurs burkinabè avaient peur d’aborder ce sujet sous le régime de Blaise Compaoré. Personnellement, j’ai eu la chance de terminer ce film alors qu’il n’était plus au pouvoir. N’oublions pas que les établissements publics baptisés « Thomas Sankara » sont récents au Burkina Faso.

Quelle est l’intention de ce film ?

Il s’intitule Thomas Sankara, l’humain. « Humain », cela signifie à mes yeux « affable », « disponible », « accessible », mais aussi « faillible ». Il a commis des erreurs, et je ne voulais pas occulter cet aspect-là. Les documentaires existants, de très bonne facture, n’abordent guère les limites de la révolution, voire ses dérives. Sankara y est plutôt mythifié. Alors que certains accordent beaucoup d’importance à des personnages tels que Chantal Compaoré (épouse franco-ivoirienne de Blaise Compaoré, NDLR), ils font par ailleurs l’économie d’acteurs phares de la période révolutionnaire. Comme le leader politique Soumane Touré (fervent opposant à Thomas Sankara, emprisonné sous la révolution, NDLR) ou Béatrice Damiba, qui fut haut-commissaire et ministre de l’Environnement sous la révolution, puis ministre de l’Information et présidente du Conseil supérieur de la communication sous la présidence de Blaise Compaoré. Ce sont des voix plus critiques de la révolution. J’ai dû les tanner durant des années pour les convaincre de témoigner. Selon eux, à chaque fois qu’ils avaient accepté, leurs propos n’avaient pas été gardés au montage. Des fanatiques de Sankara m’ont reproché d’avoir donné la parole à Soumane Touré, en me disant que c’était « un vieux fou ». Mais j’ai recoupé les chiffres, les dates, et ce qu’il a dit m’a paru pertinent. Selon moi, il est comptable de l’histoire politique de notre pays.

Il s’agit donc d’un film de plus sur Sankara, mais pas d’un film de trop.

Soumane Touré dénonce notamment dans ce film les Comités de défense de la révolution (CDR), qu’il accuse d’avoir « cassé la mobilisation du début », et reproche au Conseil national de la révolution de ne « jamais » avoir souhaité discuter avec les travailleurs…

Soumane Touré, qui est décédé cette année au mois de mars, critique les abus de membres zélés des CDR, qui profitaient du couvre-feu pour outrepasser leurs droits, se croyant tout permis. Thomas Sankara lui-même a reconnu certaines dérives des CDR. De nombreux civils se sont mobilisés pour que la révolution voie le jour, et imaginaient que Sankara leur remettrait ensuite le pouvoir. Soumane Touré, longtemps engagé dans la lutte syndicale, puis politique, fait partie de ceux-là. Mais Sankara est resté arc-bouté sur les chantiers à accomplir, fustigeant les privilèges des fonctionnaires, cette minorité qui buvait du champagne quand une majorité avait besoin d’eau, selon lui. Il entendait donc poursuivre les sacrifices jusqu’à ce que les masses bénéficient des changements.

Avez-vous approché Blaise Compaoré pour les besoins de ce film ?

Nous avons vu des intermédiaires qui nous ont promis une interview, mais ça n’a rien donné. Personnellement, j’ai lancé une bouteille à la mer lors d’un passage sur la chaîne burkinabè 3TV au mois d’août, mais je n’ai pas eu de retour.

Blaise Compaoré n’a jamais été très loquace sur cette période.

Il est même très peu loquace dans les archives que vous avez recueillies – sur la période révolutionnaire. On le voit souvent à l’image, mais on ne l’entend quasiment pas.

Oui, il s’exprime rarement. Des quatre mousquetaires de la révolution, il était le moins disert. Tout juste l’entend-on remercier dans une archive des Comités de défense de la révolution pour leur « promptitude à combattre les valets locaux de l’impérialisme ». Mais il ne semble pas à l’aise dans cet exercice.

Votre film contient de nombreuses images d’archives. D’où viennent-elles, et les avez-vous obtenues facilement ?

La majorité des images d’archives appartiennent à la télévision publique burkinabè, et nous pouvons les utiliser librement. Nous avons aussi pu récupérer des discours de Thomas Sankara conservés à Alger à l’issue de ses visites dans ce pays, en nous adressant au ministère algérien des Affaires étrangères. Nous avons également obtenu des archives libres de droits sur la plateforme de l’INA (Institut national de l’audiovisuel). Enfin, nous avons payé des archives, sonores ou audiovisuelles, à des particuliers au Burkina Faso.

On aurait pu faire un film extraordinaire si nos archives nationales avaient été bien conservées. Malheureusement, certaines ont disparu. Nous n’avons rien, par exemple, sur les interventions de Blaise Compaoré au cours de la période qui a suivi la mort de Thomas Sankara. Il manque aussi de nombreuses images sur la politique extérieure de Thomas Sankara, qu’il s’agisse de ses déplacements à l’étranger ou des visites à Ouagadougou de chefs d’État étrangers. Pourtant, ces séquences étaient diffusées dans les journaux télévisés de l’époque.

Pour quelles raisons, selon vous ?

On nous a dit que c’était dû dans certains cas à des difficultés de conservation des cassettes VHS, exposées aux intempéries. Y a-t-il eu par ailleurs des intentions de faire disparaître certaines traces ? On ne sait pas. Il n’empêche que Thomas Sankara est le chef d’État burkinabè sur lequel nous avons le plus d’archives.

Et quelles archives ! On est évidemment happé par l’orateur Sankara, sa faconde, son charisme et son sens de la formule. On est à la fin des années 1980 et c’est déjà un professionnel de la communication…

Sankara était un très bon communicant qui accaparait la scène médiatique. C’était une qualité innée chez lui. Tout comme son esprit rebelle, ancré dès l’enfance. Il n’est encore qu’un petit garçon quand il remplace avec ses camarades le drapeau français de son école par le drapeau burkinabè.

Dans une archive du Sommet franco-africain de Vittel d’octobre 1983, il parle de l’importance de produire et de consommer local. Il prend comme exemple les tenues en danfani – un coton produit au Burkina Faso – portées par la délégation burkinabè, et raille ses pairs africains en arguant qu’aucun officiel burkinabè n’arbore « de cravates venues de Londres » ou de « costumes venus de Paris ». On voit les regards noirs, gênés ou circonspects de certains d’entre eux…La communication était, certes, un de ses talents, mais quel était le revers de la médaille ?

Il avait en effet un franc-parler qui tranchait avec la langue de bois habituelle, et il faisait passer des messages en maniant l’ironie. Avec un sourire taquin, une sérénité déconcertante, qui ne plaisaient pas forcément à tout le monde. Mais cette aisance à communiquer exprimait aussi la naïveté d’une antilope défiant les lions dans la savane. Certains l’ont taxé d’« impertinent », d’« insolent ». Le diplomate burkinabè Mélégué Traoré estime, lui, que Sankara allait parfois trop loin, par exemple quand il déclarait : « Le peuple malien a besoin d’une révolution. » C’était en quelque sorte un appel à la désobéissance civile au Mali !

Ses discours, comme ses actes, remettaient aussi en cause des pratiques existantes. Son frère Valentin raconte par exemple que lorsque sa Renault 5 (véhicule de fonction du gouvernement sous la révolution, NDLR) a commencé à être usée, ça a été tout un dilemme. Fallait-il la revendre ? Acheter un véhicule neuf en puisant dans les caisses de l’État, alors que cet argent aurait pu être mieux investi ailleurs ? Il a opté pour l’achat d’un véhicule d’occasion en France. Mais certains de ses collaborateurs tombaient des nues, et se disaient qu’en tant que président du Burkina Faso, il aurait tout de même pu s’offrir un véhicule neuf. Ce n’était pas toujours bien compris, au Burkina Faso comme en Afrique. Un officier haut gradé est censé vivre dans un certain luxe.

En revanche, sa façon de communiquer répondait aussi à ce que la jeunesse africaine avait besoin d’entendre, de voir. Un président hors du commun, parlant à tout le monde de manière égale, sans détour. Il était proche des jeunes, du monde paysan, foncièrement engagé aux côtés des femmes. Et il mettait en pratique tout ce qu’il disait. Il vivait ses discours, il donnait l’exemple, sans démagogie. Thomas Sankara était le premier à accepter les sacrifices qu’il imposait, qu’il s’agisse de la réduction des salaires des fonctionnaires, de l’utilisation raisonnable des biens de l’État, ou de tendre à un exercice du pouvoir peu budgétivore. Cette application à la lettre des principes de la révolution faisait sa force auprès de la jeunesse.

L’universitaire Serge Théophile Balima rappelle dans votre film qu’il écrivait ses discours lui-même, car « aucun conseiller n’avait pu le satisfaire ». On apprend aussi que lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou en novembre 1987, sept projets de discours lui ont été soumis. Mais il a finalement préféré improviser face au président français. Là encore, cela ne devait pas être toujours bien perçu ?

Serge Théophile Balima dit aussi que c’était un iconoclaste, au discours peu ordinaire, parfois mal compris. Mais il est vrai qu’en plus de ses entorses à la bienséance diplomatique, cette façon de froisser et de jeter les pages de discours qu’on lui préparait a pu se retourner contre lui. Ce genre d’épisode au cours duquel il décide sans concertation de donner du grain à moudre à Blaise Compaoré et à ceux qui l’ont accusé d’avoir pris des décisions cavalières et, surtout, d’avoir trahi la révolution.

Au moment d’évoquer sa mort, et la discorde avec son frère d’armes Blaise Compaoré, un de vos intervenants minimise l’importance de Chantal Compaoré. On a beaucoup glosé à propos de son influence, de son goût pour le faste, à l’opposé du mode de vie ascétique de la famille Sankara, et sur l’agenda caché de Houphouët-Boigny soupçonné d’avoir arrangé le mariage entre Chantal Terrasson de Fougères et Blaise Compaoré…

Il s’agit de l’historien Jean-Marc Palm, qui fut le premier ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré. Il analyse un peu plus froidement la situation aujourd’hui, il a pris de la distance. Et il dément en effet la version selon laquelle Houphouët-Boigny aurait « mis Chantal dans les pattes de Blaise » Compaoré. Selon lui, ils se sont rencontrés par l’intermédiaire d’un ami officier. Il n’exclut pas que Houphouët-Boigny, qui connaissait le père de Chantal Terrasson de Fougères, ait par la suite cherché à tirer profit de la situation. Mais il estime qu’on exagère l’influence de son épouse, et que si les relations entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara se sont détériorées, c’est uniquement dû à des divergences de vues, qui étaient à leur paroxysme.

Vous vous apprêtez à présenter ce film au Fespaco. Qu’en attendez-vous ?

On serait heureux d’être invités à des festivals, de voir le film être projeté hors de nos frontières, car nous l’avons fait avec notre œil, nos limites techniques, et notre cœur. Ce qui répond à un idéal sankariste.

Nous travaillons aussi sur un projet de série. Initialement, on avait prévu six épisodes. Avec le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara qui doit s’ouvrir le 11 octobre, on va peut-être revoir le nombre d’épisodes à la hausse.

Cette fois, on aimerait être accompagné par un producteur. Pour le film documentaire, on nous avait suggéré au départ de solliciter des financements auprès de l’Union européenne et de l’Unesco. Mais on craignait que ce soit mal perçu au Burkina Faso, que le public dise que telle ou telle entité avait infléchi notre démarche ou que les critiques écrivent que c’était un film financé par l’impérialisme. C’est pourquoi nous avons mis tant de temps pour le financer, petit bout par petit bout. Il n’aime pas que je le dise mais un de mes grands frères nous a donné de l’argent pour payer les danseurs, les musiciens, et acheter du matériel. Il a même financé des archives. Sans lui, ça aurait traîné trois ans de plus !

Propos recueillis par Agnès Faivre le 2 octobre 2021.
Source : https://www.lepoint.fr/afrique/richard-tiene-ce-film-sur-sankara-c-est-toute-ma-vie-02-10-2021

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“Sankara et moi”, un film de Laurent-Gousou Deboise https://www.thomassankara.net/sankara-moi-film-de-laurent-gousou-deboise/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sankara-moi-film-de-laurent-gousou-deboise https://www.thomassankara.net/sankara-moi-film-de-laurent-gousou-deboise/#respond Fri, 10 Dec 2021 10:02:20 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=246147 1h44, Burkina Faso, 2020 Réalisateur : Laurent-Gousou Deboise Producteur exécutif : Hilaire Thiombiano, Afrique Films Co-production : Orange studio, canal plus Afrique Bande annonce, teaser, interviews, photos et autres informations sur http://facebook.com/AfriqFilms Contact presse: tél/whatsapp  : + 33 662312126 SYNOPSIS Un cadre supérieur ouest-africain d’une compagnie minière multinationale Tom – qui a américanisé son prénom Thomas – se […]

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1h44, Burkina Faso, 2020

Réalisateur : Laurent-Gousou Deboise

Producteur exécutif : Hilaire Thiombiano, Afrique Films

Co-production : Orange studio, canal plus Afrique

Bande annonce, teaser, interviews, photos et autres informations sur

http://facebook.com/AfriqFilms

Contact presse: tél/whatsapp  : + 33 662312126

SYNOPSIS

Un cadre supérieur ouest-africain d’une compagnie minière multinationale Tom – qui a américanisé son prénom Thomas – se retrouve confronté à l’idéal de sa jeunesse sous la forme d’un reflet compromettant coiffé d’un béret rouge. Comment se regarder dans le miroir à cinquante ans, quand on repense à ses dix-sept ans ? Sankara n’est-il plus qu’une impression sur un tee-shirt ?

Comédie-action, long-métrage de fiction

Sorti en avant-première en décembre 2020 à Ouagadougou au moment de la préparation du procès autour de la mort de Thomas Sankara assassiné le 15 octobre 1987, le film sera projeté à Bobigny le 10 décembre prochain.

Pour notre plus grand plaisir, le film emprunte aux codes burlesques du « théâtre ivoirien » qui a fortement influencé les productions de fictions ouest-africaines pour la télévision et le cinéma depuis les années 80-90. La dramaturgie s’appuie ici sur les ressorts de la comédie et de l’humour pour se focaliser sur l’idéologie de Sankara. Les amateurs de documentaires ou d’archives seront évidemment déçus, mais ils passeront un fort bon moment devant ce long-métrage de fiction à la facture soignée.

Par le biais de la comédie, le film aborde différents problèmes sociétaux tout en nous renvoyant à l’humour du chef de l’État trop tôt disparu, Thomas Sankara.

Pour qui connaît le Burkina Faso et la propension des burkinabè à taquiner leurs prochains, une tradition puisée aux sources de la parenté à plaisanterie, Sankara et moi, sous couvert d’humour, surligne les différents problèmes que peut rencontrer un pays pauvre en Afrique : la mainmise des multinationales sur l’extraction des richesses minières – ici l’or, l’une des principales ressources du Burkina Faso, pays d’origine du réalisateur – l’enrichissement illicite, la corruption passive et le trafic d’influence. S’il ne s’agit pas ici d’une critique politique frontale, le film déno­­nce néanmoins avec humour les comportements qui rongent peu à peu une société marquée par les travers de l’individualisme au détriment du bien collectif et de la solidarité.

Mais une crise sécuritaire d’une profondeur et d’une ampleur inégalée frappe l’Afrique de l’Ouest, en particulier le Mali et le Burkina Faso qui compte aujourd’hui un million et demi de déplacés internes, 350.000 enfants déscolarisés et des milliers de morts. Ces États-nations hérités de la période coloniale, au bord de la rupture et gangrénés par une corruption jusqu’au plus haut sommet de l’État, notamment de la hiérarchie militaire (voir le récent drame d’Inata), peuvent-ils encore rire de leurs propres travers ?

Frédérique Lagny

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“Sankara n’est pas mort”, un film de Lucie Viver https://www.thomassankara.net/sankara-nest-pas-mort-un-film-de-lucie-viver/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sankara-nest-pas-mort-un-film-de-lucie-viver https://www.thomassankara.net/sankara-nest-pas-mort-un-film-de-lucie-viver/#comments Tue, 17 Mar 2020 16:36:59 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=242595 Synopsis  Au Burkina Faso, après l’insurrection populaire d’octobre 2014, Bikontine, un jeune poète, décide de partir à la rencontre de ses concitoyens le long de l’unique voie ferrée du pays. Du Sud au Nord, de villes en villages, d’espoirs en désillusions, il met à l’épreuve son rôle de poète face aux réalités d’une société en […]

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Synopsis

 Au Burkina Faso, après l’insurrection populaire d’octobre 2014, Bikontine, un jeune poète, décide de partir à la rencontre de ses concitoyens le long de l’unique voie ferrée du pays.

Du Sud au Nord, de villes en villages, d’espoirs en désillusions, il met à l’épreuve son rôle de poète face aux réalités d’une société en pleine transformation et révèle en chemin l’héritage politique toujours vivace de Thomas Sankara.


Commentaires

Sankara n’est pas mort relève davantage de l’essai documentaire que du film d’histoire. Il faut faire preuve d’une certaine liberté d’esprit, comme celle du voyageur ou du poète à l’écoute du monde, pour se laisser porter par les touches successives de la narration. Le rythme du montage, empreint d’une certaine lenteur, évoque l’expérience de la chaleur écrasante du Sahel qu’adoucit la fraîcheur réconfortante des nuits. La temporalité du film se calque alors sur celle du voyage, de l’alternance du temps diurne et du temps nocturne, du temps pour soi et du temps de la rencontre. Cette traversée du pays, étrangement lyrique et prosaïque tout à la fois, nous dresse le portrait intime d’un pays marqué par la pauvreté, mais toujours porté par l’espoir ténu du changement.

Les regards en présence, celui de la réalisatrice dont la caméra sait se faire oublier, du poète Bikontine, frappé d’insomnie et à la voix triste, grave et belle, qui scande ses poèmes sur la musique vibratoire de Rodolphe Burger, nous entraînent sur la trajectoire de l’unique voie de chemin de fer du pays. La ligne, construite sous le régime colonial par le travail forcé des populations locales entre 1890 et 1935, sera achevée vers 1950. Il faut néanmoins encore aujourd’hui, une douzaine d’heure pour parcourir les 350 km qui séparent les deux plus grandes villes du pays, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Enfin, un tronçon inachevé qui s’étend vers Kaya plus au nord dont la construction fut lancée sous la Révolution (1984-1987) par Sankara – projet aussitôt abandonné par Blaise Compaoré -, clôture cet arc ferroviaire qui s’achève sur quelques mètres littéralement dans le vide. Aujourd’hui, le rail burkinabè est aux mains de l’homme d’affaire Vincent Bolloré, épilogue cynique s’il en est  de la « Bataille du rail » au Burkina Faso.

Les méditations contemplatives de Bikontine, l’homme-escargot qui trimballe son bagage sur son dos, suivent une ligne de crête comme le doigt suivrait le tracé de la ligne du chemin de fer sur la carte, ou comme le suggère Lucie Viver, sur la cicatrice du cours des choses et de l’Histoire. Les poèmes de Bikontine, dont le nom signifie « l’enfant adulte » en langage lobiri et dont la destinée n’est pas sans rappeler celle du « cycliste Sankara », se sentant mal-aimé et seul sur la pente raide des exigences du futur, trouvent leur écho dans les archives que nous délivre le film. Comme Sankara, Bikontine part à la rencontre de ses concitoyens.

Différentes scénettes issues de rencontres ou de rendez-vous pris par la réalisatrice dans les villes et villages illustrent cette traversée. Mais la volonté d’élargir la démarche poétique à une perspective documentaire est parfois brouillée par les nombreuses ellipses narratives. Il n’est pas toujours aisé pour le spectateur « non-averti » de se faire une idée tangible de ce qui se joue aujourd’hui concrètement dans le pays. Mais là n’est probablement pas l’ambition de la réalisatrice.

Pour terminer cette question, pourquoi un film au Burkina Faso sur le Burkina Faso par Lucie Viver ? Cette question que d’aucun n’hésiteront pas à poser à une jeune réalisatrice française, trouve à n’en pas douter de nombreuses réponses à l’intérieur même du film : il suffit pour s’en convaincre de se laisser porter par la poésie de Bikontine, par les plans de paysage qui rappellent l’un des plus beaux travellings de l’histoire du cinéma, celui de Roberto Rossellini dans « Un voyage en Italie », et par les ponctuations qu’apporte au récit la voix de Sankara.

Frédérique Lagny


La bande annonce de Sankara n’est pas mort


Mini bio – Lucie Viver

Après des études d’histoire et de philosophie, Lucie Viver travaille comme assistante à la réalisation. Elle a notamment collaboré aux films d’Otar Iosseliani, de Mati Diop et de Rabah Ameur-Zaïmèche. En 2013, elle se forme à l’Atelier Scénario de La FEMIS. Depuis, elle développe plusieurs projets de documentaires et de fictions. SANKARA N’EST PAS MORT est son premier long-métrage documentaire.

On trouvera à https://blogs.mediapart.fr/cedric-lepine/blog/280420/entretien-avec-lucie-viver-pour-son-film-sankara-n-est-pas-mort une interview de Lucie Viver sur le film dans laquelle est répond avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité sur la génèse du film.

 


Fiche technique

Sankara n'est pas mort
Photo extraite du film Sankara n’est pas mort

109 minutes, France-Burkina Faso, 2020

Sortie en e-cinema le 29 avril 2020 voir https://www.25eheure.com/e-cinema-1/

 

UN FILM ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR Lucie Viver

AVEC Bikontine

IMAGE ET SON Lucie Viver

MONTAGE Nicolas Milteau

MONTAGE SON ET MIXAGE Dominique Vieillard

MUSIQUE Rodolphe Burger

ÉTALONNAGE Kévin Stragliati

PRODUCTION Les films du bilboquet – Eugénie Michel-Villette

DISTRIBUTION – Météore films 11, rue Taylor – 75010 Paris Tél. 01 42 54 96 20 films@meteore-films.fr

AVEC LE SOUTIEN DE : La Scam « Brouillon d’un rêve », la Sacem, le Centre de résidence « De l’écriture à l’image » de Saint-Quirin, le CNC (Fonds d’Aide à l’Innovation – Écriture et développement, FSA), Région Ile-de-France, Région Hauts-de-France (Pictanovo), Procirep- Angoa, TV5MONDE, Lyon Capitale Tv, Le Fresnoy – Studio National des Arts contemporains, Périphérie – Centre de création cinématographique, Archipel Productions, Prix « Films en cours » – Festival Entrevues Belfort 2018 (CinévidéoCim, Cosmodigital, Poly Son Post Production, La Puce à l’Oreille).


Programmation et récompenses

 2020

  • Oruro Film Festival (BOLIVIA)
  • Göteborg Film Festival (SWEDEN)
  • Global Film Festival (Santo Domingo, DOMINICAN REPUBLIC)
  • Budapest Independant Film Festival (HUNGARY) –  Best Documentary Feature
  • Big Sky Documentary Film Festival (Missoula, USA)
  • FECISLA (Cartagena, COLOMBIA)
  • De la littérature au cinéma (Fontenay-le-Comte, FRANCE)

 2019

  • Cinéma du Réel (Paris, FRANCE)
  • Etonnants Voyageurs (Saint-Malo, FRANCE)
  • FIDADOC (Agadir, MOROCCO)
  • Camden IFF (USA) – John Marshall Award for Contemporary Ethnographic Media
  • Corsica.Doc (Ajaccio, FRANCE)
  • DOK Leipzig (GERMANY)
  • MIDBO (Bogota, COLOMBIA)
  • Augen Blicke Afrika (Hamburg, GERMANY)
  • Benin City Film Festival (NIGERIA)
  • AFRIFF Africa International Film Festival (Lagos, NIGERIA) – Special Jury Prize
  • Les Ecrans Documentaires (Arcueil, FRANCE)
  • Lumières d’Afrique (Besançon, FRANCE)
  • Les rencontres de Cinessonne (Dourdan, FRANCE)
  • Festival International du Cinéma Francophone en Acadie (Moncton, CANADA)
  • Out of Africa International Film Festival (Nairobi, KENYA)
  • Festival Film Dokumenter (Yogyakarta, INDONESIA)
  • Ciné Droit Libre (Ouagadougou, BURKINA FASO)
  • Avant-première à Bobo-Dioulasso (BURKINA FASO)

PRESSE :

MAKNA PRESSE Chloé Lorenzi Tel. 01 42 77 00 16 info@makna-presse.com

Page réalisée par Frédérique Lagny

Marseille 17 mars 2020 (premier jour de confinement en France )

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Les Orphelins de Thomas Sankara, un film de Géraldine Berger https://www.thomassankara.net/les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger https://www.thomassankara.net/les-orphelins-de-thomas-sankara-un-film-de-geraldine-berger/#comments Sat, 24 Aug 2019 10:43:06 +0000 http://www.thomassankara.net/?p=241262 Fiche technique Réalisation : Géraldine Berger Montage : Alexandra Mélot Image : Julien Bossé Son : Jérémie Halbert Montage son et mixage : Hervé Guyader Musique originale : Abdoulaye Cissé Producteurs : Sébastien Tézé et Laurent Bocahut Productrice exécutive Burkina Faso : Fanta Régina Nacro Avec le soutien de la SCAM (Société civile des auteurs […]

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Fiche technique

Réalisation : Géraldine Berger
Montage : Alexandra Mélot
Image : Julien Bossé
Son : Jérémie Halbert
Montage son et mixage : Hervé Guyader
Musique originale : Abdoulaye Cissé
Producteurs : Sébastien Tézé et Laurent Bocahut
Productrice exécutive Burkina Faso : Fanta Régina Nacro

Affiche du film “les orphelins de Sankara”

Avec le soutien de la SCAM (Société civile des auteurs multimedia), brouillon d’un rêve et du CNC (Centre national du cinéma), coproducteur Vosges TV.

Avec la participation des anciens élèves de Cuba, leurs familles et professeurs, de la mission cubaine au Burkina-Faso et d’Abdoulaye Cissé. Avec les archives de la RTB (Radio télévision du Burkina) et de l’ICAIC (Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematograficos).

Le film a été sélectionné au FESPACO (Ouagadougou), au FIFH (Amiens), au Festilag à. Abidjan,  au FFIH à Pessac en novembre 2019, au festival de Rasnov en aout 2020, au festival Les Révoltés du Monde à Schoelcher (Martinique) en octobre 2020, au FICN Festival International du Cinéma de Cotonou (Bénin) du 4 au 11 décembre 2020


Ci-dessous une séquence de TV5 Monde consacré au film, avec des extraits et une interview de Géraldine Berger.


Commentaires

C’est au volant de sa voiture sur le périphérique parisien, en écoutant « L’Afrique enchantée » de Vladimir Cagnolari et Souleymane Coulibaly dit Solo Soro qui consacrent ce jour-là leur émission radiophonique à « l’Afrique rouge »[1], que Géraldine Berger se passionne pour le destin de 600 enfants burkinabè envoyés à Cuba en 1986.

Nous sommes au Burkina Faso, la révolution bat son plein et Thomas Sankara qui s’est durablement rapproché du régime de Fidel Castro décide de promouvoir 600 orphelins en leur permettant de poursuivre une scolarité à Cuba. Un an plus tard, Sankara éliminé[2], Blaise Compaoré qui pilote désormais le pays sous couvert du Front Populaire et sous l’égide d’un libéralisme « pragmatique » imposé par le FMI, tente de mettre fin à ce programme. Mais Fidel Castro considère que les enfants de son « frère » Thomas Sankara doivent poursuivre leurs études. Soixante d’entre eux suivront un cursus universitaire de haut niveau, notamment dans le domaine de la médecine. À leur retour au Burkina Faso, le régime de Blaise Compaoré qui n’a plus rien de révolutionnaire, leur réserve un très mauvais accueil.

Géraldine Berger, profondément touchée par l’histoire de ces orphelins qu’on appelle au Burkina Faso « les enfants de Sankara », décide de partir à leur rencontre. Il lui faudra beaucoup de persévérance pour retrouver la trace des anciens de Cuba éparpillés au quatre coins d’un pays qu’elle ne connaît pas et accéder aux archives encore non-exploitées de la Radio Télévision Burkinabè dont l’accès lui sera refusé en 2009 sous Blaise Compaoré et en 2015 sous la Transition.

À travers le destin d’une demi-douzaine d’entre eux, le film trace un portrait émouvant de ces jeunes envoyés par l’État burkinabè à Cuba et rentrés avec difficultés au pays. Considérés comme des « rouges », taxés de « pièces de rechange de la Révolution », ils sont craints par un régime qui les écarte de toute carrière professionnelle en ne reconnaissant pas leurs diplômes.

Le cas d’une gynécologue-obstétricienne reste une exception. Elle aura eu la chance de soigner la mère d’un ministre, ce qui lui permettra d’exercer à l’Hôpital central de Yalgado de Ouagadougou.

La plupart d’entre eux n’auront d’autre choix que de s’adonner au commerce informel ou à une agriculture de survie. Profondément traumatisés (certains se suicideront), ils se considèrent aujourd’hui comme doublement orphelins pour n’avoir pu accomplir « la mission confiée » par Sankara, puisqu’ils ont été formés pour se mettre au service de leurs compatriotes dans des domaines aussi divers que l’agronomie, la médecine ou la géologie. Lorsque que l’on connaît les conditions de vie au Burkina Faso avec ses graves problèmes de malnutrition, de mortalité infantile, d’accès à la santé ou à l’éducation, on reste sans voix.

Assurément, cet « oubli » restera sur la liste des nombreux crimes commis contre le peuple burkinabè par le régime autocrate de Blaise Compaoré. Ce n’est que très récemment qu’une diplomate cubaine a convaincu l’actuel Président Rock Marc Christian Kaboré de mettre fin à cette injustice. Mais n’est-il pas trop tard ? Depuis 2014, le Burkina Faso, après l’insurrection populaire qui a entraîné la chute du régime, vit au quotidien des problèmes sécuritaires de toutes natures[3] et voit de semaine en semaine, après deux attentats d’envergure dans sa capitale en 2015 et 2017, la progression d’actes terroristes[4] sur presque toutes ses frontières.

Le film de Géraldine Berger s’ouvre par un long travelling avant sur le parvis de la Maison du Peuple, où se tenaient les procès des Comités de Défense de la Révolution, avant de nous entraîner sur les sentiers d’un romantisme révolutionnaire dont Sankara témoignait volontiers, lui qui citait Novalis dans ses discours à la tribune de l’ONU.

Le premier tiers du film est consacré au voyage des enfants, retracé à base d’archives burkinabè ou cubaines et de photos personnelles des jeunes étudiants burkinabè. Vient alors le cœur de ce film, dont la narration est conduite à l’aide d’un entrelacs de témoignages parfois terriblement poignants, qui impulse au film un rythme soutenu. Les séquences réalisées en immersion, que ce soit à l’hôpital ou dans un non-loti, rendent tangibles la dure réalité des conditions de vie au Burkina Faso et palpable l’énormité du gâchis. Car l’on soupçonne bien qu’entre les murs du pavillon d’accouchement, où officie Émilienne la gynécologue-obstétricienne, rien ne se passe comme il se devrait. Et que ce moment passé dans les non-lotis à la rencontre de cette ancienne de Cuba dont la maison n’a pas de toit, donne un aperçu de la vie de millions de burkinabè venus des campagnes pour espérer survivre à la périphérie des villes. Ou encore, le destin de cet homme, destiné à devenir agronome, auquel il ne reste plus que sa daba pour cultiver son champ. Enfin, les moments filmés lors des réunions annuelles des « Enfants de Sankara » sont également très représentatifs de l’organisation de la société civile burkinabè[5] et complètent ce portrait d’un groupe soudé par un fort sentiment de  solidarité.

« Les orphelins de Sankara » est un film qui a le très grand mérite de remémorer une expérience dont les protagonistes eux-mêmes pensaient qu’elle tomberait dans les tréfonds de l’Histoire. Enfin, de nombreuses archives ont été exhumées grâce au travail de longue haleine fourni par la réalisatrice et son équipe.

Frédérique Lagny

Marseille, le 25 janvier 2019

[1]  http://wallydiallo.free.fr/afrique/pages/afrique0823.htm

[2]  Coup d’état du 15 octobre 1987, assassinat de Thomas Sankara et de douze de ses compagnons au Conseil de l’Entente, dissolution du gouvernement et des CDR, avènement du Front Populaire

[3]  Sous la pression démographique et le phénomène d’accaparement des terres, les chemins de transhumance tendent à disparaître au Burkina Faso. La communauté peule, stigmatisée, s’oppose dans le sang aux milices paysannes des Kolgweogos dans la région de Fada N’Gourma. Ces mêmes Kolgweogos, ont également fait plusieurs tentatives d’installation au sud-ouest du pays où les Dozos, une confrérie de chasseurs, se sont opposés à eux, également dans le sang.

[4]  Ansarul Islam, Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans et l’État islamique dans le grand Sahara, qui se manifeste par des menaces sur les élèves et étudiants, ainsi que par des assassinats ciblés d’élus de la République, d’enseignants et de gendarmes.

[5] Au Burkina Faso, de nombreuses associations défendent, en dehors des structures syndicales, le droit des gens et des travailleurs, comme ceux des cheminots de la Sitarail déboutés de leurs droits par le groupe Vivendi-Bolloré ou comme ceux des militaires renvoyés de la fonction publique après les émeutes de la faim en 2011.

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Qui es-tu octobre, un film de Julie Jaroszewski https://www.thomassankara.net/es-octobre-film-de-julie-jaroszewski/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=es-octobre-film-de-julie-jaroszewski https://www.thomassankara.net/es-octobre-film-de-julie-jaroszewski/#respond Wed, 28 Jun 2017 14:16:18 +0000 http://thomassankara.net/?p=16390 Fable documentaire – Couleur – 16:9 – 56 min. – VO français, moré – ST français, english Sur le mode de la parabole et de la causerie, entre sommeil et réveil, entre ombre et lumière, Qui es-tu octobre ? revient sur l’insurrection populaire survenue au Burkina Faso en octobre 2014 et restitue le portrait d’une société […]

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Fable documentaire – Couleur – 16:9 – 56 min. – VO français, moré – ST français, english

Sur le mode de la parabole et de la causerie, entre sommeil et réveil, entre ombre et lumière, Qui es-tu octobre ? revient sur l’insurrection populaire survenue au Burkina Faso en octobre 2014 et restitue le portrait d’une société burkinabè profondément marquée par la pensée de Thomas Sankara assassiné, 28 ans plus tôt, en octobre 1987.

Un film « performé »

Rejouer, jouer de l’écho, les flashs d’information résonnent sur les murs en banco du microcosme d’un quartier populaire de Ouagadougou où les femmes cuisinent à ciel ouvert dans les cours. Rejouer l’insurrection populaire, tel est l’enjeu du pacte scellé par la réalisatrice avec les habitants, essentiellement des femmes et des adolescents, du quartier de Norsin retranché de la fureur qui s’abattra sur le centre ville au sein des institutions et des ambassades pendant l’insurrection.

Avec ce film Julie Jaroszewski prolonge l’expérience d’un atelier théâtral avec un groupe de jeunes acteurs non-professionnels et scénarise son film autour de Mika, 18 ans, qui assiste à la montée de l’insurrection et à ses conséquences. Qui es-tu octobre ? est un film « performé » en ce sens qu’il entre dans le champ de la performance tant dans sa conception et sa genèse que dans sa mise en œuvre. En mêlant théâtre et cinéma au cœur de son dispositif filmique Julie Jaroszewski propose aux témoins que sont les habitants de Norsin d’être acteurs de leur histoire, de la rejouer comme pour mieux la saisir et nous la transmettre.

En arrière-plan le contexte historique et politique du pays. On se laisse volontiers entraîner dans le sillage de la réalisatrice  mais les ruptures fréquentes du scénario demandent alors un réel effort de lecture au spectateur. Ce « film-école » comme le  décrit joliment sa réalisatrice, aura ses moments de grâce mais aussi ses difficultés. Au montage,  il agence des images d’archives – comme ce sidérant plan-séquence de la prise de l’Assemblée Nationale commentée en direct et en « in » par un journaliste dans sa course essoufflée avec la foule et face aux militaires qui reculent – à des séquences plus intimistes mises en scène et filmées avec justesse, comme le repas familial qui nous renvoie à la réalité quotidienne des Burkinabè.

En combinaison, des séquences oniriques ou discursives insèrent les femmes au cœur du dispositif poétique de la réalisatrice. Et c’est peut-être dans ce foisonnement d’émotions et d’angles de vue que le film perd un peu de son élan. Les plans très serrés sur les objets du quotidien saisis par la caméra de Pauline Fonsny, la séquence en surimpression sur le poème de Novalis ou celle de l’accouchement, le traitement du son avec des archives sonores reconstituées ou réelles multiplient les points d’entrée. On ne voit alors plus très bien ce que représente le frêle Mika, dont le personnage central est rapidement recouvert au plan scénaristique par des pistes de travail prometteuses mais inabouties dans le film.

Qui es-tu octobre ? ne prétend pas à un discours savant sur l’Histoire du Burkina Faso, il narre avant tout l’impossibilité pour tout un peuple de faire le deuil de Sankara. Il tente aussi de dépeindre l’incroyable retournement de l’Histoire, d’un octobre à l’autre, dont auront été acteurs et témoins les burkinabè comme le proclamera Izaac Zida, personnage majeur de la Transition, au lendemain de la fuite de Blaise Compaoré. Qui es-tu octobre ? est un film-poème attachant et l’on ne peut que se réjouir de la multiplicité des œuvres de théâtre, cinéma ou arts visuels faisant référence à Thomas Sankara et à sa pensée.

Frédérique Lagny, 02 septembre 2017.

Bande annonce


Fiche technique
Un film réalisé par Julie Jaroszewski
Assistée de Pauline Fonsny et Abdoul Mouhaïminou Compaoré
Produit par La Baleine Noire asbl   (contact CONTACT – La Baleine Noire asbl / labaleinenoireasbl@gmail.com / +32 (0)497 85 54 60)
Coproduit par Afreecam Productions, Atelier Graphoui, AJC!
Avec le soutien de la Coopération belge au développement
Et l’appui de la SCAM-SACD, d’Africalia et du BIJ
Interprétation: Mikaïla Konaté, Xaviere Ouedraogo, Nabaloum Kibsa, Levy Sama, Evaris Nabolé, Gladys Dondassé, Faris Ouedraogo, Assia Siata Derra
Montage Image: Pauline Fonsny

Montage son: Cyril Mossé

Photo extraite du film Qui es-tu octobre
Production: Alice Lemaire
Etalonnage: Lou Vernin
Mix: Iannis Heaulme
Musique originale:  Moaga
Langue :français, Moré
Sous-titre : français, Anglais
Pays de production : Belgique, Burkina Faso
Support de projection : DCD, DVD HD

Présentation de la réalisatrice
Julie Karoszewski (photo ©Festival de Nyon)

Julie Jaroszewski est une artiste belge, formée à l’INSAS en interprétation dramatique.  Auteure pluridisciplinaire, elle exerce aussi bien dans la musique, le théâtre que le cinéma.

Profondément liée au Burkina Faso, elle y a voyagé une dizaine de fois depuis 13 ans.
En 2012, elle participe en tant qu’autrice au Festival Panafricain Les Récréatrales, c’est à cette occasion qu’elle rencontre Mikaïla Konaté, qui deviendra le personnage principal du film Qui es-tu Octobre?
En 2013, elle réalise au Burkina le court métrage Avis de réception
En 2014, marquée par l’insurrection en cours dans le pays, elle décide de réaliser
Qui es-tu Octobre?
Depuis plusieurs années, elle donne et collabore à des ateliers cinématographiques ou théâtraux avec des groupes d’enfants dans des quartiers populaires.
En 2010, elle a co-réalise avec Maxime Pistorio le film Standards , qui est sélectionné de nombreux festivals internationaux: FID Marseille, Rotterdam…
Parallèlement à ses recherches cinématographiques, elle continue à se produire en tant que comédienne et chanteuse (Lorent Wanson/Théâtre Epique, Une Aube Boraine, Furia…).
Elle met actuellement en scène Le Choeur d’Ali Aarrass , une pièce théâtrale et musicale de type documentaire, qui accompagne la lutte pour la libération du célèbre prisonnier belgo-marocain soutenu par l’ONU et Amnesty International. Ce travail a entre autre été présenté au Théâtre National de la Communauté Française de Belgique dans le cadre du Festival des Libertés.

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Prix Thomas Sankara au Fespaco 2017. A place for myself. https://www.thomassankara.net/prix-thomas-sankara-fespaco-2017-a-place-for-myself/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prix-thomas-sankara-fespaco-2017-a-place-for-myself Mon, 06 Mar 2017 22:46:41 +0000 http://thomassankara.net/?p=16202 Par Frédérique Lagny Le FESPACO dont la 25e édition se tenait du 28 février au 04 mars 2017, décernait cette année, outre les distinctions suprêmes – Étalons d’or, d’argent, de bronze -, quatorze prix spéciaux financés par des partenariats privés ou institutionnels[1] et soutenus par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Pour la seconde fois depuis l’insurrection d’octobre […]

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Par Frédérique Lagny

Le FESPACO dont la 25e édition se tenait du 28 février au 04 mars 2017, décernait cette année, outre les distinctions suprêmes – Étalons d’or, d’argent, de bronze -, quatorze prix spéciaux financés par des partenariats privés ou institutionnels[1] et soutenus par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Pour la seconde fois depuis l’insurrection d’octobre 2014, la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs s’associait au FESPACO pour décerner le prix Thomas Sankara, doté de trois millions de CFA. A place for myself de la jeune réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo a raflé haut la main ce prix, ainsi que le Prix de la chance de la Loterie Nationale Burkinabè doté quant à lui de deux millions de CFA.

A PLACE FOR MYSELF

Le Prix Thomas Sankara est considéré comme le prix de l’excellence. Les qualités de scénarisation, de réalisation, le jeu des acteurs et la valeur artistique du message sont pris en compte par le jury pour élire l’heureux lauréat. Parmi les 26 films en compétition dans la section court-métrage du FESPACO, A place for myself présente assurément toutes ces promesses.

Le film s’ouvre en plongée sur des mains qui découpent et assemblent dans un cahier d’écolier des images de magazines. Puis la caméra s’installe à hauteur d’enfant pour circuler dans l’intimité d’un foyer. Elikia, une fillette albinos d’à peine huit ans, se prépare pour aller à l’école. Nous la découvrons de dos, face au miroir, occupée à coiffer sa tignasse blonde. Tout en chantonnant, elle pose moult questions à sa mère, une force de la nature au teint d’ébène, dans les bras de laquelle l’enfant s’enroulera et se cramponnera au moment de quitter la maison pour rejoindre l’école.

Le rythme audacieux du montage nous emporte rapidement dans un double point-de-vue : celui du spectateur – observateur du microcosme d’une classe de primaire au Rwanda – et celui, subjectif, d’Elikia, enfantine, intelligente et bravache. Elle est désignée par l’institutrice pour surveiller la classe et noter au tableau le nom de ceux qui chahutent pendant sa courte absence. Nouvelle dans l’école, Elikia est confrontée à des élèves qui l’apostrophent sur sa différence.  Avec la force et la fragilité désarmantes d’une enfant habituée à la solitude et au rejet, elle leur répond du tac au tac et décide de les dénoncer en notant leurs noms au tableau. En représailles, ils l’excluent de leurs jeux. S’ensuivent une série de vexations que l’on peut relier aux pratiques sacrificielles dont les albinos sont victimes encore aujourd’hui sur le continent africain, plus particulièrement en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Marie-Clémentine Dusabejambo s’offre le luxe d’une narration parfaitement scénarisée amplifiée par l’aspect quasi documentaire des saynètes entre les enfants qui ne sont pas sans rappeler le magnifique documentaire de Claire Simon “Récréations” (1991)[2].

Le film, servi par les deux interprètes remarquables de la mère et de l’enfant, développe une écriture cinématographique maîtrisée servie par la fluidité des mouvements caméra. Le montage réussit avec audace à tirer une force supplémentaire des quelques imperfections techniques, non simulées, du tournage, comme la désynchronisation ou l’écart de température de couleur entre les deux caméras utilisées. L’histoire dont la conclusion heureuse réconcilie la petite communauté autour d’une lettre distribuée à tous les parents et aux enfants de l’école, en passe presque au second plan. Un “happy end” peut-être un peu conventionnel mais porteur d’espérance, qui ne dessert en rien le non-conformiste de la structure quasi expérimentale de ce court-métrage d’une trentaine de minutes.

AU NOM DE QUI ?

Bien loin du centre-ville et des masses populaires, c’est dans la salle flambante neuve de Canal Olympia, sortie de terre à Ouaga 2000 en trois mois à peine, propriété du groupe Vivendi et de Canal+ Afrique, qu’était décerné le « Prix Thomas Sankara ».

La cérémonie de remise du Prix, animée par l’humoriste ivoirien Maréchal Zongo et à laquelle on pouvait assister sur invitation, était suivie de la projection du film primé puis d’une “nuit du court-métrage”. Une salle comble et visiblement comblée, que l’on fit lever pour applaudir une minute durant la mémoire de Thomas Sankara.

Marie-Clémentine Dusabejambo reçoit son prix (photo Frédérique Lagny)

Parmi les personnalités on comptait les membres de la délégation officielle du FESPACO, un Ministre d’Etat, le représentant du groupe Vivendi – Canal+ Afrique, les membres du Jury parmi lesquels le réalisateur franco-marocain Hicham Hayouch attelé à un long-métrage sur la vie de Sankara, ainsi que le comédien pressenti pour le rôle principal. Chacun fut présenté et remercié. On peut tout de même regretter qu’aucun micro ne circula dans le public pour dialoguer avec la réalisatrice.

Puis, la soirée s’est poursuivie devant un buffet ouvert pour plus de 150 personnes, avec un spectacle de danseurs et de musiciens traditionnels montés sur la scène à ciel ouvert de ce complexe “dédié au cinéma africain”. On en ressortait avec un arrière-goût de tristesse. Mr Bolloré bien connu en Afrique pour y conduire ses affaires d’une main de fer depuis plus de trente ans[3], est-il le mieux placé pour financer le Prix Thomas Sankara ? Faut-il en rire ou en pleurer ? Chacun se fera son opinion.

Frédérique Lagny, Ouagadougou, 04 mars 2017.

[1] SIGNIS (association catholique mondiale pour la communication) 2 millions de CFA ; Interafricaine de la prévention des risques professionnels 2 millions de CFA ; Ecobank Foundation 5 millions de CFA ; Loterie nationale du Burkina (LONAB) 2 millions de CFA ;  Commune de Ouagadougou 3 millions de CFA ; Assemblée Nationale burkinabè 7millions de CFA, ;CEDEAO, avec deux prix (intégration et meilleure réalisatrice) de 15 et 10 millions de CFA ; Conseil de l’Entente, avec le prix Félix Houphouêt Boigny doté de 10 millions de CFA ; UNICEF 7 millions de CFA ; Water Aid 5 millions de CFA ; Guilde africaine des réalisateurs et producteurs 3 millions de CFA ; et FACC, prix de la critique cinématographique, quant à lui non doté…

[2] http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/recreations-2/

[3] Sur Bolloré voir http://survie.org/mot/bollore

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DJAMA MOUROUTI LA – La colère du peuple , un film de Frédérique Lagny https://www.thomassankara.net/djama-mourouti-colere-peuple-film-de-frederique-lagny/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=djama-mourouti-colere-peuple-film-de-frederique-lagny Thu, 24 Nov 2016 17:59:26 +0000 http://thomassankara.net/?p=15066 SYNOPSIS Ancienne colonie française, la Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, Pays des hommes intègres par le Président Thomas Sankara sous la Révolution (1983-1987), traverse un épisode exceptionnel de son Histoire. Les 30 et 31 octobre 2014 une insurrection populaire balaie en quelques heures le régime de Blaise Compaoré au pouvoir depuis vingt-sept ans. La volonté populaire […]

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SYNOPSIS

Ancienne colonie française, la Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, Pays des hommes intègres par le Président Thomas Sankara sous la Révolution (1983-1987), traverse un épisode exceptionnel de son Histoire. Les 30 et 31 octobre 2014 une insurrection populaire balaie en quelques heures le régime de Blaise Compaoré au pouvoir depuis vingt-sept ans. La volonté populaire de changement, éparpillée et informelle mais d’une ampleur jamais atteinte, n’a pas été perçue par le régime essoufflé et corrompu de Blaise Compaoré.

Le Balai citoyen en action à Bobo Dioulasso

Autour de ces évènements, délaissée par le pouvoir et l’ensemble de la classe politique, la jeunesse burkinabè tente de s’organiser en réfléchissant à haute voix sur les projets d’avenir du pays et sur les contributions envisageables. Au centre de cette mobilisation, le Balai Citoyen. Héritier du legs politique de Thomas Sankara, le mouvement a pour objectif immédiat la promotion de l’alternance politique en 2015 en s’opposant à la modification de la Constitution et à la mise en place d’un Sénat. Le film montre aussi le contexte de dénuement des populations dans lequel ce formidable mouvement d’indignation et de colère a puisé ses raisons d’être. A Bobo-Dioulasso, lassé d’être spolié par les pratiques peu recommandables des maires de secteur et la dégradation des services publics (hôpitaux, écoles, logement), le peuple affirme sa volonté de justice sociale et du respect des institutions démocratiques.


Extrait video N° 1


FICHE TECHNIQUE

Vidéo HD, couleur, 49’ Burkina Faso – France, 2016

Affiche du film

Co-production, 529 Dragons – Association A

AVEC / Évariste Bassolé, Joseph Bado, Hamadou Boundaone, Serge Dao, Alexandre Diakité, Michaël Hien, Maurice Kabré, Lazare Kalmogo, Pelé Koné, Yssoufou Niamba, Janvier Palé, Eloi Sawadogo, Robert Sawadogo, Aboubakar Ouattara, Moussa Traoré, Kadi Sanou, Piîga Souleymane Yaméogo

Réalisation et image, Frédérique Lagny; Assistanat à la réalisation, Maurice Kabré et Ibrahim Traoré; Images additionnelles de l’insurrection, Ibrahim Traoré et Siaka Zerbo; Montage, Frédérique Lagny et Laurence Rebouillon; Mixage, Cyrille Carillon; Étalonnage, Alexis Lambotte; Traductions, Diloma Soulama et Ibrahim Traoré; Version internationale, Jeremy Mercer; Studio de mixage, Agence Sonore Domino Studio; Copie DCP, Alexis Lambotte pour Label 42 Studio; Production, Frédérique Lagny et Laurence Rebouillon


Frédérique Lagny, invité par droit libre TV parle de son film Djama Mourouti La sélectionné au festival Ciné Droit Libre


Musiques

Hymne Cibal, Smockey en concert à Bobo-Dioulasso Ce président là, Samsk Lejah

L’art du balafon, Boureima Diabaté et Oumar Diabaté, Arion-édition

Presse burkinabè 

L’Express du Faso, L’Observateur Paalga, Le Pays, Le Quotidien, Sidwaya

Avec le soutien aux maisons de production – Image/mouvement – du Centre national des arts plastiques. Ce projet a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation Nationale  des Arts Graphiques et Plastiques qui lui a apporté son soutien. Il a aussi reçu une aide au projet du service culturel de la Ville de Marseille

Bobo réunion de quartier avec le Balai citoyen avant l’insurrection

PRÉSENTATION DE FRÉDÉRIQUE LAGNY

Frédérique LagnyBiographie

Frédérique Lagny a été formée en peinture à l’ENSBA et à l’UFR de cinéma de Paris III Sorbonne Nouvelle ; lauréate du prix de Peinture de la Ville de Vitry-sur-Seine et de la Fondation des Beaux-Arts, différentes collections privées ou publiques – notamment la Ville de Paris et le Centre national des arts plastiques – ont fait l’acquisition de ses œuvres. Elle engage son travail il y a dix ans au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest où elle développe un projet composé de différents essais photographiques, vidéos et sonores ; son projet, identifiable par certains aspects à une forme d’anthropologie critique définie comme outil –  au sens où Mongo Beti l’entendait – tente de développer, dans sa pratique comme dans sa diffusion, une intention politique.

Filmographie

DJAMA MOUROUTI LA – La colère du peuple – Film, vidéo HD, couleur 49′, 2016, Burkina Faso-France, projet réalisé avec le soutien aux maisons de Production CNAP image / mouvement, la FNAGP et la Ville de Marseille.

FID Marseille 2016, sélection écrans parallèles, « mouvements », juillet 2016 ; Semaine Asymétrique, Polygone étoilé, Marseille, novembre 2016 ; Ciné droit libre, Ouagadougou, Burkina Faso, décembre 2016 ;MK2 Quai de Loire, Paris, séance thématique de Documentaire sur grand écran, mars 2017

À qui appartiennent les pigeons ? – Film vidéo HD couleur 39′, 2012, Burkina Faso-France, projet réalisé avec le concours et le soutien du CNAP, de la FNAGP, de la Région Paca et de l’Institut Français en Région PACA. Mention spéciale, prix Scribe pour le cinéma, 2014. CNAP, Collections vidéo, 2014 – CNC, Catalogue «Images de la culture», 2015

Vanishing point – Installation vidéo, vidéo HD couleur 19′, 2009, diffusion en boucle, trois écrans synchronisés, Burkina Faso-France. Co-production Charleroi-danses, Belgique, CECN2 Le Studio, Maubeuge, France. Co-production en résidence Institut Français de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. Avec l’aide de l’ambassade de France en Belgique.


CONTACT :

 fredlagny3@gmail.com / contact@frederiquelagny.com

laurence@529dragons.com


Extrait video numéro 2


COMPLÉMENTS

Radio grenouille – DJAMA MOUROUTI LA ; interview de Frédérique Lagny à propos du film / http://www.radiogrenouille.com/fidplus/2016/07/djama-mourouti-la-ou-la-colere-du-peuple-burkinabe

529 Dragons – DJAMA Maison de production / http://www.529dragons.com/index.php/catalogue/21-djama-mourouti-la

Centre National des arts plastiques – DJAMA – soutien Image Mouvement / http://www.cnap.fr/%C2%AB-djama-mourouti-la-la-colere-du-peuple-%C2%BB-de-frederique-lagny

Le balai citoyen de Bobo Dioulasso en action

Mécènes du sud – Soutien MANIFESTE / http://www.mecenesdusud.fr/Frederique-Lagny.html

Documents d’artistes – Frédérique Lagny / http://www.documentsdartistes.org/lagny

Facebook – DJAMA – projection du 30 novembre à Marseille

https://www.facebook.com/events/868699606599773

Facebook – MANIFESTE https://www.facebook.com/MANIFESTE-630412303723635/?ref=bookmarks

Frédérique Lagny a filmé et monté le film rendant compte de la conférence de presse organisée par le réseau international Justice pour Thomas Sankara, justice pour l’Afrique, organisée à Ouagadougou organisée pendant le FESPACO le 7 mars 2015 (voir à https://www.youtube.com/watch?v=Z7pM6BR6TEo)


CONTACTS

fredlagny3@gmail.com / contact@frederiquelagny.com

laurence@529dragons.com

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“La Sirène de Faso Fani” un film de Michel K. Zongo https://www.thomassankara.net/sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo https://www.thomassankara.net/sirene-de-faso-fani-film-de-michel-k-zongo/#respond Wed, 29 Jun 2016 11:22:04 +0000 http://thomassankara.net/?p=10757 Un article de Frédérique Lagny, credit photos ©Diam Production. Présentation du film Pendant longtemps, Koudougou a été considérée comme la ville textile du Burkina Faso, et pour cause la présence d’une usine : Faso Fani, qui signifie « Le pagne du pays ». Toute la ville se réveillait le matin au son de la sirène de Faso Fani. […]

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Un article de Frédérique Lagny, credit photos ©Diam Production.

Présentation du film

Pendant longtemps, Koudougou a été considérée comme la ville textile du Burkina Faso, et pour cause la présence d’une usine : Faso Fani, qui signifie « Le pagne du pays ».

Toute la ville se réveillait le matin au son de la sirène de Faso Fani.

Je suis né et j’ai grandi dans cette ville. L’usine a compté beaucoup dans mon enfance.

Faso Fani était leZONGO_Michel_2013_Faso_fani_00 projet d’une nation et un signal fort d’indépendance.

Un magnifique pari qui fit vite ses preuves : les pagnes étaient de grande qualité et leur réputation dépassa largement les frontières du Burkina. Une fierté pour notre ville.

Mais l’usine a fermé en 2001 suite à plusieurs plans de restructuration imposés par le FMI et la banque mondiale. Des centaines d’employés se sont alors retrouvés brutalement au chômage.

Plus de 10 ans après, je pars à la rencontre des ex-employés de Faso Fani pour révéler les conséquences désastreuses d’une politique économique mondiale aveugle des réalités locales, celle de Koudougou. Sur mon chemin, je rencontre également ces tisseuses qui perpétuent obstinément la fabrication artisanale des pagnes. Tous ensembles, nous rêvons de voir renaître la filière du coton dans notre ville, dans notre pays.

Nos commentaires

Avec La Sirène de Faso Fani Michel K Zongo prouve que la vitalité d’un cinéma documentaire engagé n’est pas sans lien avec l’expérience politique d’un pays. Sa voix et celles des ouvriers «déflatés» de l’usine textile de Koudougou, se superposent à celle de Thomas Sankara. Une voix unique et inoubliable portée par une pensée visionnaire, que l’Histoire officielle n’a eu de cesse d’effacer.

Située dans le centre-ouest du Burkina Faso, troisième ville du pays, Koudougou a abrité jusqu’en 2001 la plus grande unité de textile burkinabè dédiée à la fabrication d’un tissu traditionnel de coton, le Faso dan Fani qui veut dire « le pagne du pays ». Michel K Zongo,  né et grandi à Koudougou, se saisit de son histoire personnelle pour partir à la rencontre des ouvriers de l’usine Faso Fani de Koudougou, fleuron de l’industrie textile burkinabè sacrifié sur l’autel de l’ajustement structurel imposé par le FMI dans les années 90 en Afrique.

Le film s’ouvre sur le célèbre discours d’Addis-Abeba prononcé par le Président Thomas Sankara en juillet 1987 devant l’Organisation de l’Union Africaine. Trois mois avant le coup d’état du 15 octobre qui signera son arrêt de mort et la fin de la Révolution au Burkina Faso, Sankara dénonce vigoureusement les mécanismes de la dette et clôture son discours en exposant avec humour la cotonnade « produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso…» qui habille sa délégation et lui-même. Produire et transformer en Afrique, inventer et promouvoir des circuits courts sur le continent africain, telles étaient les orientations politiques et économiques souhaitées par Sankara pour son pays. Trois ans après sa disparition, le gouvernement dit de «rectification» dirigé par Blaise Compaoré, signe à New-York les accords du P.A.S. – Programme d’Ajustement Structurel – piloté par le FMI et la Banque Mondiale. Ces accords imposent l’ouverture aux marchés internationaux et la liquidation des entreprises d’État au profit d’entrepreneurs privés afin de rembourser la dette du pays.

Un film juge et partie

Très habilement et avec justesse, le film tisse sa mise en récit en mêlant des archives sonores reconstituées – Radio Cavalier Rouge – qui vantent les accords du P.A.S. à d’authentiques images d’archives comme des reportages sur l’usine ou des clips musicaux à la gloire du Faso dan Fani. Les spots radio, émaillés de proverbes qui ne sont pas sans rappeler l’ironie dont Thomas Sankara usait, rythment le montage en parodiant la parole gouvernementale qui promet le pays à un avenir radieux alors que les archives en image témoignent de la qualité et de la prospérité de la filière.

L'entrée principale de l'usine Faso Fani ©Diam Production.
L’entrée principale de l’usine Faso Fani ©Diam Production.

En contrepoint, la caméra de Michel K Zongo part à la rencontre des anciens ouvriers de l’usine aujourd’hui retournés à la terre ou au tissage artisanal et dépeint la dure réalité de leur quotidien. Les travellings discrets à hauteur d’enfants et les mouvements caméra d’une grande douceur rejoignent la retenue et l’humilité avec laquelle les protagonistes du film questionnent et analysent le long processus qui a abouti à la fermeture de l’usine alors que ses carnets de commande sont pleins.

La Sirène de Faso Fani réussit le pari de s’inscrire à la fois dans un cinéma documentaire à fonction sociale et didactique – qui décrit ce que beaucoup de gens, notamment au nord, ignorent à propos de l’Afrique – et d’équilibrer la parole double des ouvriers et du réalisateur dans une adresse au spectateur qui ne se complaît jamais dans la plainte, mais revendique le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Entre ruralité et modernité, Koudougou ne s’est toujours pas remise de la disparition de l’usine Faso Fani. Et nous, spectateurs, sommes profondément touchés, non seulement par la détresse des ouvriers dont les droits ne sont toujours pas reconnus, mais aussi par l’immense gâchis que produit la pression d’une économie mondiale prédatrice dont on peut constater chaque jour les méfaits, les crimes et les ravages.

Frédérique Lagny, 15 avril 2016.

 Présentation de Michel K Zongo

 Né en 1974 à Koudougou au Burkina Faso, Michel K. Zongo est réalisateur, cadreur, scénariste. Il a suivi une formation en prise de vue au Centre Nationale de la Cinématographie du Burkina Faso (CNC), de cameraman  de reportage et de plateau à la Télévision Nationale du Burkina Faso (TNB) et un stage de premier assistant opérateur à la société de production Cinedoc Films en France. De 2003 à 2008, il a été responsable du Cinéma-Débat Interactif à Cinomade, une association basée au Burkina Faso dont l’objectif est la création et la diffusion d’outils de sensibilisation, notamment par le cinéma.

Après avoir été cadreur, et assistant réalisateur pour de nombreux films pour différents producteurs, il écrit et réalise son premier film documentaire Sibi, l’âme du violon produit par« Les Films du Djabadjah». Dans  sa démarche de défendre un cinéma indépendant, il crée  2010 avec un partenaire Diam Production de droit burkinabé,  une structure de production de film documentaire

Filmographie de Michel Zongo

 Auteur réalisateur

2009 : « Sibi, l’âme du violon» Documentaire. Production Les Films du Djabadjah (Burkina Faso), Mention spéciale du jury au FESPACO 2011

 2009 : «Ti Tiimou », Documentaire,  Burkina Faso. Production CINOMADE et RIBios, Prix du meilleur film au Forum Média Nord Sud au Burkina Faso, Prix du meilleur film au festival Terra Film en Guadeloupe, Prix du meilleur film au festival Cinéma et Nature en France

 2011 : « Espoir voyage » documentaire

Michel K. Zongo sur le tournage de "Une sirène à Faso Fani"
Michel K. Zongo sur le tournage de “La sirène de Faso Fani”

Festivals : Berlinale 2012, Cinéma du Réel Paris, Hot Docs Toronto, Festival Cinéma d’Afrique Lausanne, Doclisboa  Portugal, Festival de Cordoba Espagne, Forumdoc Brésil, Festival Anûû âboro Nelle Calédonie, Etat généraux de Lussas, Forum cinéastes Carthage Tunisie, les Inattendus Lyon, Festival Tübingen Allemagne, Colours of the Nile Addis Abeba Ethiopie, Stuttgart, Festival international du film francophone, Black Movie Genève Suisse, Festival Ciné Droit Libre et Fespaco au Burkina Faso, Tokyo Japon, Festival Grand Bivouac France, festival film documentaire africain de Lille France, Festival Afrikamer Allemagne  Festival de film africain de Vérone Italie…

Prix Nouveau Talent – Doclisboa 2012(Portugal), Prix du meilleur documentaire africain – Colours of the Nile 2012(Ethiopie), Prix du meilleur documentaire au Festival les curieux voyageurs 2014(France), Prix du meilleur documentaire au Festival del Cinema Africano di Verona 2013 (Italie)

 2014:”La sirène de Faso Fani”, Documentaire. Production Cinédoc Films, Diam Production, Perfect Shot Film

Festival et prix : Prix Arte pour le scenario au Festival de  Locarno(2012), Prix de la Direction du développement  et de la Coopération Suisse au Festival de  Locarno (2012), Participation à la fabrique du cinéma du monde au festival de Cannes (2013), Festival de Berlin 2015, Fespaco compétition 2015, Festival de film africain de Cordoue, FICIP Buenos Aires (Argentine), DokFestMunchen (Allemagne), Durban International Film Festival (Afrique du Sud), IDFA (Pays Bas), Nuremberg International Human Rights Film Festival (Allemagne), Festival Cinéma d’Afrique Lausanne (Suisse), Festival Jean Rouch (France), Festival Encouters (Afrique du Sud),Aegean Docs (Greece), Traces de vie (France), Festival Ciné Droit Libre (Burkina Faso), Festival International du Film Francophone Tubingen (Allemagne), KOUDOUGOUDoc Les rencontres documentaire de Koudougou (Burkina Faso), Afrecamera (Allemagne), Escales Documentaires de Libreville(Gabon)…

-Prix spécial UEMOA pour l’intégration fespaco 2015, Prix spécial de la LONAB fespaco 2015, Prix du film documentaire Festival International of documentary of Innsbruck (Autriche), Prix du meilleur documentaire Burkinabé au Festival Ciné Droit Libre (Burkina Faso), Prix de l’anthropologie et le développement durable au Festival Jean Rouch(France), Prix du meilleur documentaire hors frontière au Festival trace de vie (France), Mention spéciale du jury au Festival de film africain de Cordoue(Espagne), Mention spéciale du jury au Festival Aegean Docs (Greece)

 2015 : « Sôodo », Documentaire  coproduit par Diam Production et ECOUTER- JOUER

 2015 : « Oulimine Imdanate », Documentaire  coproduit par Diam Production et ECOUTER- JOUER

Fiche technique

Sénario: Michel K. ZONGO & Christophe Cognet

Image: Michel K. ZONGO

Montage: François Sculier

Son: Moumouni Jupiter Sodré

Genre: Documentaire

Langue originale: Français – Mooré

Support de réalisation: HD

Support de diffusion: DCP – HDCAM – Blu Ray – DVD – PRO RES

Production: Cinédoc films – Diam Production – Perfect Shot Films

Co-production: Lyon Capitale TV – Télé Paese

Partenaires: Doha Film Institut (QA), Cinéma du Monde (CNC – Institut Français) Région Rhône Alpes – PROCIREP – ANGOA Bertha Fund (IDFA – Nl) – EZEF (D) – CIRTEF (B) Organisation Internationale de la Francophonie Arte International – Fond Sud-Est et  DDC

Musique originale: Smokey

Version sous-titrée: Français – Anglais – Espagnol- Allemand

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Présentation officielle

FESPACO 2015 PRIX THOMAS SANKARA

« Trouver des nouvelles voies pour oser inventer l’avenir.» Thomas Sankara.

Objectifs – Buts :

Le PRIX THOMAS SANKARA honore et célèbre la mémoire de Thomas Sankara, qui fut un véritable mentor du cinéma africain et rassembleur des cinéastes panafricains.

Le PRIX THOMAS SANKARA célèbre la créativité et l’espérance panafricaines incarnées par Thomas Sankara.

Le PRIX THOMAS SANKARA entre de fait dans l’histoire : depuis la création du Fespaco, c’est la première fois qu’un prix, créé par une association africaine de cinéastes, est décerné.

PRIX THOMAS SANKARA soutient et encourage le cinéma, et la production du film court-métrage en particulier, en ce qu’il porte le meilleur investissement pour les talents à venir des cinématographies panafricaines.

Critères d’attribution du Prix :

Le PRIX THOMAS SANKARA est décerné à un film court-métrage de la section compétition officielle : le film primé est celui qui sera jugé par le Jury du Prix Thomas Sankara comme celui qui réunit les plus de qualités en ce qui concerne la créativité dramatique, le talent narratif, l’excellence technique et une représentation positive de l’imaginaire panafricain.

Le 6 mars 2015, la Nuit du Court Métrage sera le lieu de la remise, pour la première fois, du PRIX THOMAS SANKARA.

Créé en novembre 2014 par le cinéaste Balufu Bakupa-Kanyinda, le PRIX THOMAS SANKARA, prix spécial et exceptionnel, récompense l’un des films courts de la sélection officielle du Fespaco 2015.

La Guilde Africaine des Réalisateurs et Producteurs, association sans but lucratif créée en 1998 et ayant son siège à Paris, France, organise le PRIX THOMAS SANKARA.

Doté d’une somme de 3.000.000 CFA, il est destiné à encourager ensemble le réalisateur et le producteur du film choisi par son jury spécial qui sera composé de 5 professionnels du cinéma et de la télévision.

Le PRIX THOMAS SANKARA, prix spécial et exceptionnel, en partenariat par CANAL+, sera remis au réalisateur et au producteur du film primé par Balufu Bakupa-Kanyinda, Président de la Guilde Africaine des Réalisateurs et Producteurs, et d’un représentant de CANAL+.

Guilde Africaine de Réalisateurs et Producteurs

PRIX THOMAS SANKARA.
PESPACO 2015.

Les membres du jurys étaient pour cette première édition:

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La lauréate

22 courts métrages étaient en compétition. Le Prix Thomas Sankara, doté de M millions de FCFA, a été décerné à ‘‘Zakaria’’ de Leyla Bouzid (Tunisie).

Ce film raconte l’histoire de Zakaria, un Algérien résidant dans le village du Gard (France) et menant une vie calme avec son épouse et ses 2 enfants. Après avoir appris la mort de son père, Zakaria décide de rentrer définitivement avec sa famille à son pays d’origine. Le refus de sa fille lui pose problème et toute sa vie bascule et devient un véritable enfer.

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Leyla Bouzid vit entre Paris et Tunis, où elle a grandi. Après le bac, elle part à Paris pour étudier la littérature à la Sorbonne. Après de nombreux stages ainsi que la réalisation d’un premier court métrage Sbeh el Khir, elle intègre La Fémis (Paris) en section Réalisation. Mkhobbi fi kobba, son film de fin d’études gagne le Grand Prix du Jury des films d’écoles à Premiers Plans en 2012. Zakaria tourné dans le Sud de la France, est son premier court métrage produit. Elle prépare actuellement son premier long métrage Dieu protège ma fille. (source : Africultures)

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Une vidéo de http://www.droitlibre.net/ qui présente l’initiative avec un reportage sur la cérémonie de cloture


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La cérémonie de remise du trophée

La cérémonie a été organisée dans un hôtel de luxe, le Palace Hôtel.
Une salle avait été louée à cet effet qui était bondée. Dirigée par le maitre de cérémonie, Balufu Bakupa-Kanyinda, président de la Guilde des réalisateurs, on a vu tour à tour un slameur gabonais, un groupe de danse traditionnelle, un hommage à canal + qui a financé le prix avant la remise du prix elle-même.

Malheureusement, la plupart des membres du jury étaient absents et la réalisatrice aussi

Il n’a pas été possible de visionner le film. Cet hôtel et son personnel se sont avérés incapables de régler un problème technique.

Les personnes présentes se sont alors dirigées vers le buffet pour calmer leur faim

Quelques commentaires

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Créé cet prix tenait particulièrement à coeur, à Balufu Bakupa-Kanyinda, un des plus grands cinéastes du continent, auteur d’un très beau film sur Thomas Sankara (voir la présentation à http://thomassankara.net/?p=161) . Dans une longue interview à http://thomassankara.net/?p=203), il raconte toutes les difficultés qu’il a eues à affronter qui l’ont finalement amené à ne pas pouvoir son projet à bien. Ils nous a racontés avoir parfois été choqués par des réactions entendues lors du premier festival organisé après la mort de Thomas Sankara, par certains de ses collègues.

Cette stature fait de lui la personne idéale pour initier et prendre en charge une telle initiative.

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Cette première édition nous laisse une impression quelque peu mitigée. Que les cinéastes en prennent l’initiative, est une bonne chose, puisqu’il s’agit d’un prix du cinéma. Mais ne fallait-il pas rechercher des partenaires locaux, permettant de lui donner un caractère populaire, voir le lier avec quelques figures de certaines personnalités locales représentatives proches des idéaux de Thomas Sankara?

Le choix de réalisateurs de courts métrages, afin de récompenser des jeunes réalisateurs partait pertinent en signe d’encouragement de la jeunesse, les futurs réalisateurs africains.

Faut-il ne choisir comme critères du prix uniquement la qualité cinématographique, sans aucune référence aux actions de Thomas Sankara, ni aux valeurs qu’ils défendaient? On entend déjà les cinéastes nous répondre, qu’ils ne veulent pas d’interventionnisme politique. Ils ont raison. Mais pourquoi l’appeler prix Thomas Sankara?

Il y a par exemple une association, l’association Semfilms, très active au Burkina, qui organise le festival Ciné Droit libre, un festival de cinéma sur les droits humains, qui en est en 2015 à la 11ème édition. Cette association a notamment démontré sa capacité à organiser de grandes projections populaires, dans des places des grandes villes? Elle aurait été capable de donner à cette cérémonie un caractère tout à fait différent et de façon tout aussi professionnel qu’un société de communication.

Nous livrons ces réflexions à débattre pour les prochaines éditions. Quelle est la question, que nous devons-nous poser par rapport à un prix Thomas Sankara du cinéma? On sait que Thomas Sankara n’aimait pas le culte de la personnalité, ni les hommages. Quel critère aurait-il aimé choisir pour un prix du cinéma, et quelle cérémonie de clôture aurait-il aimé?

Bruno Jaffré

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